samedi 26 mai 2018


LU SUR LE SITE / SAINT MATERNE



"Aucune règle canonique n’a été affirmée par la Tradition de l’Église avec plus de fermeté que la règle qui interdit l’existence de structures ecclésiastiques séparées dans un même lieu. Le caractère strictement territorial de l’organisation de l’Église semble aller de soi aux Pères de tous les conciles et elle est impliquée dans tous les canons traitant de l’ordre ecclésiastique. »

« Qu’arrive-t-il quand les Orthodoxes, vivant côte à côte dans la même ville, considèrent comme normal de constituer plusieurs “églises”, - la russe, la grecque, la serbe ou la syrienne, - qui, naturellement, maintiennent l’unité formelle dans la foi et dans l’esprit mais non dans la pratique ? Il n’y a pas de doute qu’une telle situation discrédite notre témoignage dans le monde contemporain et va contre la vraie nature de l’Église du Christ. Aucune référence à une unité spirituelle ou à une inter-communion sacramentelle ne peut servir d’alibi parce que le Christ a établi sur terre une Église visiblement une et parce que la communion spirituelle consiste précisément à nous donner la force et le sentiment de notre responsabilité pour réaliser une unité visible et pratique. »

« ll est inadmissible d’avoir deux communautés et deux évêques dans un même lieu, simplement parce que le Christ est un" et parce que "l’ecclésiologie orthodoxe, en affirmant la plénitude catholique de chaque Église locale, suppose que l’unité catholique se manifeste sur le plan local. »

(Archiprêtre Jean Meyendorff, "One Bishop in One City (Canon 8, First Ecumenical Council)", St. Vladimir’s Theological Quarterly, 5 (1961), pp. 54-62 ; "Sommes-nous vraiment l’Église Une ?", Contacts, n 37, 1962/1, pp. 25-33, repris dans Orthodoxie et catholicité, Paris, Le Seuil, 1964, pp. 99-108)


"Si nous insistons sur le caractère eucharistique de l’Église, si nous croyons aussi que l’organisation visible de l’Église sur terre doit être articulée sur une base territoriale et non sur une base ethnique, cela signifie - comme conséquence - que dans un endroit donné il ne peut y avoir qu’un seul évêque. Notre situation présente en Occident, avec une Église orthodoxe écartelée entre diverses juridictions, avec une multiplicité d’évêques dans chaque grande ville, ce n’est pas seulement une incommodité, une gêne pour notre action pastorale et missionnaire ; ce n’est pas seulement théoriquement anticanonique, mais beaucoup plus profondément, c’est une contradiction fondamentale concernant l’être même de l’Église en tant qu’organisme eucharistique ; c’est un péché ecclésiologique, une transgression absolue, une violation de l’Église comme Corps du Christ."

Métropolite Kallistos (Timothy Ware), patriarcat de Constantinople

A lire, relire et partager. Il ne résonne pas assez, cet appel clair à la suppression de ces prétendues "juridictions canoniques" qui se font la concurrence, la transformation de ces paroisses ethniques de "clubs culturels" en paroisses chrétiennes, et à l'unité réelle, organique, dans l'unique Église du Christ, l'Orthodoxie. L'ethno-phylétisme a été condamné comme hérésie au 10ème Concile Oecuménique en 1872 à Constantinople, et il est encore le vice le plus répandu à tous les étages. Comment évangéliser quand on montre tout le contraire?


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