dimanche 25 octobre 2020

 

ÉPIDÉMIE ET CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE

Source : Sagesse orthodoxe


Le sacrifice non-sanglant –

À toute époque d’oppression, de guerre, d’occupation, innombrables sont les possibilités sont offertes aux baptisés pour manifester l’amour de Dieu et sa bienveillance parmi les hommes. Les épreuves, d’une façon ou d’une autre, présentent l’opportunité d’aimer, de servir, de partager ses biens et son temps, d’acquérir la compassion divine pour tous les hommes. Cette expérience culmine dans l’acquisition de l’amour pour les ennemis et les oppresseurs de tous genres. Même quand il ne triomphe pas sur le champ de façon spectaculaire, l’amour divin répandu dans les membres du Verbe incarné, irradie, non seulement l’Église, mais la société tout entière. Dans l’Eucharistie l’amour atteint le maximum de lui-même, et en lui l’Église se constitue et se soude miraculeusement.

La liberté de prier

En amont des manifestations actives et concrètes de l’amour divin, se trouvent les diverses formes que prend la prière. Celle-ci est par excellence la connexion à la Personne aimante du Verbe, par la foi. La force de la prière est la foi. Par la prière de foi, par le canal des cœurs qui prient, s’écoulent dans la communauté des baptisés et dans le monde entier l’eau pure et le feu sans mélange de la douceur, de la patience, du non-jugement, de l’humanité véritable. Prière de supplication pour soi-même et pour le monde ; prière de louange pour Dieu lui-même, pour nos proches, nos ennemis, pour nous-mêmes et pour le monde entier : la personne humaine unie au Sauveur par la foi et par la prière assure son service d’amour pour toutes les créatures, par une indicible liberté intérieure. De l’intérieur, le monde est libéré ; de l’intérieur, il est humanisé ; par le canal intérieur du cœur priant, il est humanisé et sauvé.

La célébration

Le centre de tout est l’offrande eucharistique. En celle-ci le Corps du Christ trouve son unité totale. Le Fils unique et Verbe de Dieu en est le célébrant unique. Il offre, Il s’offre, Il est offert, Il est distribué, et les fidèles s’unissent par la foi à sa célébration pour le Salut du monde. C’est dans le sacrifice eucharistique que toute la puissance de la Résurrection est libérée ; c’est ici que le Seigneur aime son monde jusqu’au bout ; son Corps et son Sang divinisés transfigurent la chair et le sang de toute l’humanité ; et l’Esprit descend sur l’offrande du Fils pour que celle-ci irradie dans toutes les directions du monde visible et invisible. L’Eucharistie sauve le monde. Elle est la réponse, première et ultime, à toutes nos détresses, à toute méchanceté, à toute guerre ; elle est la transfiguration en Dieu de tout ce qui est bon et vrai parmi les hommes. Si nous célébrons plus souvent en temps d’épreuve qu’en temps de paix, c’est parce que c’est ce que nous pouvons faire de mieux, pour gagner avec le Christ vainqueur le combat contre la peur de la mort, et contre la mort elle-même.

 

samedi 24 octobre 2020

 Abba Antoine dit : - Un temps vient où les hommes deviendront fous, et lorsqu'ils rencontreront quelqu'un qui n'est pas fou, ils se tournerons vers lui en disant : "tu déraisonnes". Et cela parce qu'il ne leur ressemble pas.-


Apophtegmes des Pères du désert (Antoine, 25. PG 65,84)

 La Foi Chrétienne n'est pas un système doctrinal, mais un chemin de restauration de l'homme déchu.


Saint Théophane le Reclus
 
Lu sur le site : Saint Materne.

dimanche 18 octobre 2020

 

POURQUOI DIEU N’ABRÈGE-T-IL PAS L’ÉPREUVE ?

Source : Sagesse orthodoxe

La supplication

C’est un fait que, plus d’une fois, les prières que nous adressons à Dieu ne sont pas ou ne semblent pas être exaucées. Au sein de l’épreuve, nous supplions le Seigneur et, par une épreuve supplémentaire, nous restons dans l’attente d’être écoutés ! Pour beaucoup d’hommes, c’est l’épreuve de la foi, de la fidélité, de la confiance : comment continuer à croire en quelqu’un qui semble faire la sourde oreille ? Il y a ici beaucoup de tentations : l’impatience, le doute, la révolte, l’incroyance. Notre relation à Dieu dépend souvent de ce que nous obtenons de lui…

La louange

Une très belle attitude consiste à louer le Seigneur en toute circonstance. L’Esprit saint, par le message de l’apôtre Paul nous le dit ; et Il le suggère à notre cœur : glorifie ton Dieu en tout, pour tous et pour tout ! Cela peut paraître insensé, bien sûr… Il s’agit de glorifier le Seigneur, non tellement pour l’épreuve, que dans l’épreuve. Nous affirmons ainsi notre amour et notre confiance indéfectibles en lui, parce que nous l’aimons pour lui-même, plus que pour ce qu’Il nous accorde. Si l’Esprit nous en donne la force intérieure, nous glorifierons le Seigneur pour l’épreuve elle-même, convaincus que ce que Dieu permet est pour notre instruction, comme le montre plus d’un épisode de la sainte Écriture.

Combien de temps encore ?

Mais, nous continuons à nous interroger : depuis des mois, des croyants, sur toute la surface de la terre, supplient le Créateur de mettre fin au fléau qui frappe les hommes. Nous ne nous permettons pas de dire que ce soit injuste, car nous sommes bien conscients des erreurs qui ont été commises depuis un temps indéterminé. Mais nous nous permettons d’appeler le Seigneur pour lui dire ce qu’Il sait parfaitement : que cette pandémie dure beaucoup ; que nous sommes fatigués ; que nos enfants sont ébranlés ; que certains de nos proches sont au désespoir. Seigneur, écoute-nous ! Écoute le cri de ton peuple ! Vois la souffrance des hommes ! Ne nous laisse pas plus longtemps !

La réponse d’un ancien

Un ancien que nous avons interrogé nous a fait la réponse suivante. Rien n’arrive dans ce monde qui ne soit voulu ou permis par Dieu. C’est le message biblique. Il ajoutait ceci : le Seigneur attend, pour mettre un terme à l’épreuve, que les hommes en aient appris tout ce qu’ils peuvent en apprendre. C’est le cas de nos épreuves intérieures ; c’est le cas pour celles que reçoivent les peuples. Les épreuves, en effet, ne sont ni des accidents nés du hasard, ni seulement la conséquence de causes connues. Elles sont des situations dans lesquelles nous sommes placés pour y apprendre quelle est la volonté de Dieu pour nous, quel est son plan pour chaque personne et pour chaque communauté.

Nous interroger

En cette prolongation de la pandémie, et même sa recrudescence, nous pouvons nous interroger : nos sociétés, nos communautés de foi, nos personnes ont-elles compris un quelconque message de la part du Seigneur ? Avons-nous des oreilles seulement pour y attacher des masques ? Depuis le mois de mars, il nous est dit : écoute ! Écoute ce que dit le Seigneur par cette situation… Cherche un peu ce qui pourrait changer dans ta vie, dans la société, dans la relation avec la Création… certaines épreuves, comme l’injustice sociale ou la destruction des ressources naturelles, sont infligées directement par les hommes à d’autres hommes (ou femmes !) et à d’autres créatures : et on se demande également combien de temps est-ce que cela va encore durer… Posons-nous ces questions ; posons-les à nos élus qui, avec la permission divine, exercent des responsabilités en ce monde. De grands changements sont possibles