mardi 3 novembre 2026

 

Le premier pas vers la guérison

de la passion de la fornication

Saint Jean Cassien le Romain

La pureté est un état du cœur qui s'acquiert en maîtrisant les désirs du corps et en refusant les tentations qui naissent des pensées et des désirs. La passion de la fornication assaille l'homme dès sa jeunesse et ne s'éteint que lorsque les autres vices sont vaincus. C'est pourquoi le combat contre la fornication se mène sur deux fronts : dans le corps et dans l'âme.

Saint Jean Cassien accordait une importance particulière à la vertu de chasteté et de pureté , ou « immaculée », comme il la nommait. Ceci témoigne de l'intérêt que portait ce grand théologien et ascète à la guérison de l'une des passions les plus difficiles et les plus répandues : la fornication. La pureté est un état du cœur qui s'acquiert en maîtrisant les désirs du corps et en refusant les tentations qui naissent des pensées et des désirs.

S’appuyant sur la vertu de tempérance, les chrétiens abordent l’étape suivante de leur ascension vers la perfection : la lutte contre la fornication et l’acquisition de la vertu de chasteté. La passion pour la fornication assaille l’homme dès sa jeunesse et ne s’éteint que lorsque les autres vices sont maîtrisés. C’est pourquoi le combat contre la fornication se mène sur deux fronts : dans le corps et dans l’âme. En ce sens, saint Jean Cassien insiste sur le fait qu’en plus de l’abstinence physique de ce péché, il est nécessaire, pour le vaincre, de se repentir, de prier avec ferveur, d’étudier les Écritures, de lire des textes spirituels et d’accomplir un travail physique. Tous ces efforts spirituels ont pour but d’empêcher l’esprit de vagabonder, c’est-à-dire d’être asservi par une multitude de pensées diverses, afin qu’il ne se laisse pas entraîner, d’une pensée à l’autre, vers les pensées impures des convoitises charnelles.

Le point de départ dans la lutte contre les passions et pour l'acquisition des vertus est l'humilité.

La guérison de ce vice dépend avant tout de la perfection du cœur,  d'où, selon la parole du Seigneur, jaillit également le venin de cette maladie : « C'est du cœur que viennent les pensées, les meurtres, les adultères, les impuretés, les vols, les faux témoignages » (Matthieu 15, 19), et bien d'autres choses encore. Il faut donc, en premier lieu, purifier ce cœur, car, comme chacun sait, la vie et la mort jaillissent de lui, selon la parole de Salomon : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car c'est de lui que jaillissent les sources de la vie » (Proverbes 4, 23). La chair, naturellement, accomplit les décisions et les désirs du cœur. C'est pourquoi nous devons nous soumettre avec la plus grande diligence à la tempérance  à laquelle nous impose le jeûne, de peur que la chair, exaltée par l'abondance de nourriture et résistant aux sains préceptes de l'âme, ne rejette avec arrogance la direction de l'Esprit.

« Le premier souci pour préserver la pureté du cœur sera le suivant : chaque fois que le souvenir du corps lubrique s'est glissé dans notre esprit, par l'incitation rusée du diable, hâtons-nous de le chasser de nous au plus vite… »

(Saint Jean Cassien, La vertu de pureté et de chasteté

 – Conquérant de la passion de la fornication, 

Maison d'édition Trinitas, Iași, 2003, pp. 3-17)

Photo : Lucian Filip

Source : Doxologia.ro