Les reproches concernant
le passé de l'autre nuisent beaucoup
à la relation d'un
couple.
Photo : Oana Nechifor
Avec le Christ dans nos cœurs et dans toute notre existence, le mal disparaîtra et nous vivrons dans la paix et l'amour, rendant gloire à Dieu en toutes circonstances.
Ces reproches répétés peuvent refroidir les relations entre
époux et même mener à la séparation. Dans de telles situations, il est bon de
ne pas oublier l'essentiel : vivre le présent dans la grâce, sans plus se
souvenir des moments douloureux de notre passé ni de ceux de nos proches. Avec
le Christ dans nos cœurs et dans toute notre existence, le mal s'estompera et
nous vivrons dans la paix et l'amour, rendant gloire à Dieu en toutes
circonstances.
Il arrive souvent que, lors des discussions conflictuelles qui
peuvent surgir entre époux, certaines femmes évoquent des faits peu glorieux du
passé de leurs maris. Elles leur rappellent des erreurs commises il y a
longtemps, des comportements indécents envers eux ou leurs enfants, et bien
d'autres choses déplaisantes. Le tout dans un seul but : se venger de
leurs maris, les humilier, les tourmenter ou les éclipser. Ce piège, qui
consiste à ressasser sans cesse le passé négatif de l'autre, trouve également
son origine dans l'orgueil.
Pour guérir son âme d'une telle passion, comme le désir de
raviver la rancœur du passé chez son mari, une femme doit avant tout comprendre
qu'un changement dans sa façon de penser et de ressentir est nécessaire. Lorsque
l'élu de son cœur l'a offensée et qu'il lui est difficile de lui pardonner,
elle doit se souvenir que le Christ lui-même, par amour infini pour les hommes,
a pardonné à tous ceux qui lui avaient fait tant de mal. Jésus a pardonné à
Pierre, qui, bien qu'étant le plus grand des apôtres et très proche du
Seigneur, l'avait renié trois fois, et l'a rétabli dans sa dignité
d'apôtre.
À notre tour, nous devrions suivre l’exemple du Sauveur et
pardonner de tout notre cœur à ceux qui nous ont offensés par le passé. Le
pardon guérit l’âme, tant celle de celui qui est pardonné que celle de celui qui
pardonne.
De même que Dieu pardonne à la femme tous ses péchés
passés par le Saint Sacrement de la Confession, elle devrait s'efforcer de
pardonner à son mari le passé de celui-ci, pourvu qu'il ne réitère pas ses erreurs.
Le premier pas vers le pardon – parfois le plus difficile – consiste donc à
cesser de reprocher à celui qui vous a fait du tort. Avant d'effacer ce
reproche de votre cœur, effacez au moins toute trace de reproche de vos lèvres.
L'expérience le confirme : le reproche n'aide ni la victime ni l'auteur du
tort. Plus le temps passe depuis le moment où votre âme a été blessée par une
erreur de votre mari, surtout si cette erreur ne s'est pas répétée, plus vous
devriez penser qu'en ramenant constamment ce fait à la surface, vous ne faites
que raviver une flamme éteinte.
En revanche, si une erreur passée du mari ressurgit, la femme
doit faire preuve de fermeté et d'amour, et privilégier un dialogue ouvert,
autant que possible apaisé et sans reproches. Une fois le pardon accordé, il
est du devoir de l'homme de réparer son erreur ; d'abord, de la laisser
derrière lui. Ainsi, sa femme appréciera sa volonté de changer et pourra, à son
tour, surmonter plus facilement la blessure causée par son erreur. Un autre
point important mérite d'être souligné : généralement, les hommes
fréquemment reprochés pour des actes du passé (qu'ils n'ont pas répétés)
s'éloignent peu à peu de leur épouse, car ils considèrent ce traitement comme
injuste et néfaste. Ces reproches répétés peuvent refroidir la relation conjugale,
voire la briser. Dans de telles situations, il est essentiel de ne pas oublier
une chose : vivre pleinement le présent, c'est-à-dire ne plus
ressasser les mauvais souvenirs de notre passé ni de celui de nos proches.
Avec le Christ dans nos cœurs et dans toute notre existence,
le mal disparaîtra et nous vivrons dans la paix et l'amour, rendant gloire à
Dieu en toutes circonstances.
( Père Vasile Ioana , Le
Livre de la Famille, Maison d'édition Bookzone, Bucarest, 2021, pp.
174-176)
Source : Doxologia.ro