jeudi 17 septembre 2020

 

Vous trouverez deux textes ci-dessous, un venant du site Aleteia, et l'autre de l'Archiprêtre Philippe Maillard, de la paroisse Saint Hilaire de Poitiers, à méditer sur l'état du monde, de notre société française et ses dirigeants et enfin du silence des "autorités orthodoxes". 





 TRIBUNES

Le double langage de la bio-éthique

Rémi Sentis | 16 septembre 2020

La bioéthique prétendument « bio » est une entreprise qui a ses propres objectifs, sa propre logique et ses propres méthodes fondées sur des discours trompeurs. A contrario, l’engagement pour la vie est un discours de vérité.

L’éthique dite « bio » a sa logique imposée : elle se définit comme un « débat démocratique permanent au sein de la société » (exposé des motifs de la loi bioéthique) et se fonde sur l’obligation de s’adapter aux mœurs du temps. Les nouveaux clercs savent très bien comment imposer ce débat. Tout d’abord il s’agit d’accoutumer la population aux transgressions existantes dans la société grâce à de puissantes campagnes médiatiques. Puis d’autoriser une bonne partie de ces transgressions par la voie législative (en prétendant que l’on adopte « un texte d’équilibre »). Enfin d’inculquer à une jeunesse déboussolée un cadre de pensée qui amalgame le légal et le moral, comme dans l’enseignement moral et civique à l’école qui prétend « transmettre des savoirs et des valeurs » : ainsi, le respect des textes législatifs est vu comme une « valeur », où la « non-discrimination » devient le cœur de la morale.

Le droit à l’enfant et tri embryonnaire

N’ayant plus aucun rapport avec la morale, il n’est pas étonnant que l’éthique « bio » utilise ses propres méthodes qui passent par la tromperie. Un des principaux mensonges est celui de la « double filiation maternelle » : à l’enfant qui y sera soumis, on fera croire qu’il a deux mères interchangeables avant de lui avouer quelques années plus tard que sa seconde mère n’est que la compagne de sa maman. Autre discours mensonger : les parlementaires de la majorité affirment que le droit à l’enfant pour toutes les femmes ne conduira pas à la GPA ; et en même temps le gouvernement ferme les yeux sur les activités commerciales servant d’intermédiaire à cette GPA et favorise la principale association qui la promeut (le ministre de la Santé lui a fait octroyer en mai dernier un siège au conseil d’administration de l’Union nationale des associations familiales).

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« Arrêter une vie n’est pas une solution à la détresse psychosociale »

Nouveau mensonge quand le ministre Olivier Véran affirme qu’au-delà des sujets sociétaux, le projet de loi « aborde des sujets d’intérêt majeur pour l’avancée de la science et de la santé ». En effet, rien n’y est favorable à « la science », sûrement pas la facilitation de la manipulation des embryons humains (dont la seule utilité sera de permettre à des chercheurs français de faire des communications dans des congrès internationaux). Rien non plus n’y est favorable à la santé, sûrement pas le tri embryonnaire qui sera élargi à l’occasion de chaque PMA, ni l’IMG pour cause de « détresse psychosociale ». Mensonge encore quand le président du Collège des gynécologues français affirmait en octobre 2019 que cette dernière est justifiée par les « principes éthiques de justice et d’autonomie ».

 « Bio » signifie vie

Même si tous ces discours mensongers ne peuvent avoir que des conséquences négatives sur la société, il ne faut pas désespérer de l’avenir. Cette année encore, beaucoup d’actes de vérité ont été posés par des jeunes, comme ces engagements pris dans le mariage avec la promesse du don de la vie. N’oublions pas que « bio » signifie vie et que, comme le dit l’exhortation Familiaris consortio du pape Jean Paul II, « la fécondité de l’amour conjugal s’élargit et s’enrichit de tous les fruits de la vie morale, spirituelle, surnaturelle que le père et la mère sont appelés à donner à leurs enfants, et, à travers eux, à l’Église et au monde ». C’est la vie morale qui sauvera notre société.

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BILLET D'HUMEUR

Archiprêtre Philippe Maillard /paroisse Saint hilaire de Poitiers

 

Très chers frères et sœurs,

Le silence, à ce jour, des autorités orthodoxes en France sur le Loi de Bioéthique votée en catimini le 31juillet 2020 dans le cadre de la révision prévue dans un délai de 7 ans par rapport à la Loi précédente est assourdissant.

Tout est possible désormais : la Procréation Médicalement Assistée (PMA) est ouverte aux couples de femmes et aux femmes seules ; les manipulations (et éliminations) des fœtus est possible (les surnuméraires…) ; bien que voté « à la marge », l’Interruption Médicale de Grossesse (IMG) pourra intervenir jusqu’au 9° mois pour différents motifs, dont l’interruption volontaire partielle pour une grossesse multiple (jumeaux, triplés, déficients, …), mais aussi en cas de « fragilité psychologique » de la mère. La question de l’IMG, donc, semble n'être qu'une simple formalité, alors qu’elle confirme les tendances eugénistes d’une société qui oublie d’être avant tout humaine.

On voit poindre, sous couvert « d’évolution » de la société, la possibilité de tout faire, y compris d’implanter des cellules humaines sur l’embryon animal, afin de développer par exemple des organes humains pour les greffes. L’inverse est, pour l’instant interdit.

La société (principalement occidentale) va désormais vers une rupture totale entre le couple traditionnel et l’enfant, sans oublier l’aspect eugéniste. On voit se dessiner à travers ces manipulations, y compris la volonté d’imposer des vaccins, une volonté je dirais « occulte » d’asservir le vivant à la toute puissance de quelques uns, qui détiennent la « science » et l’argent. L’IVG avait été instaurée pour aider les femmes en détresse, et seulement cela. On a vu son extension au « confort », avec aujourd’hui en France 210 000 IVG par an. Il en sera de même pour la PMA qui ouvrira évidemment la porte à la GPA. Nous avons une société schizophrène qui, d’un côté, transgresse toutes les lois naturelles pour avoir des enfants entre femmes, entre hommes, etc… et de l’autre met en place tout ce qu’il faut pour les supprimer. Sans parler de l’eugénisme sournoisement appliqué lors de la crise due au covid19 dans nos EPHAD, par impossibilité d’appliquer des soins.

Nous sommes face à une volonté (diabolique) de destruction de la race humaine au profit de quelques uns, qui amassent des fortunes (GAFAM) pour réaliser des projets destinés à LES protéger face à ce qu’ils estiment être une surpopulation mondiale, un épuisement – au quel ils participent grandement – des ressources, à un possible changement climatique. On revient aux thèses malthusiennes, qui ressemblent ici de plus en plus à un instinct de mort. Claude Lévi-Strauss dans « Race et Culture » voyait dans l’IVG une pratique salutaire. Pasolini dans « Ecrits corsaires » déclarait « procréer est un délit écologique ». L’Occident développe de plus en plus de thèses et de mouvements destinés à ne plus faire d’enfants, sans parler des écologistes radicaux qui promeuvent (voir les Guidestones de l’Etat de Géorgie aux USA) la disparition programmée de 90% de la population mondiale. Devant les défis énormes du XXI siècle, pour ces personnes, il ne s’agit plus de changer la vie mais d’y renoncer (pour les autres).

Ainsi en arrive-t-on au projet mondialiste dont Jacques Attali, mondialiste convaincu dit « faire de ce monde une terre promise » (dans « l’Homme nomade ») et pour y arriver il faut « broyer, concasser, dissoudre toutes les résistances nationales et les identités ethniques ou religieuses » (Hervé Ryssen) ce que nous voyons à l’œuvre dans l’Europe actuelle. Le philosophe juif Emmanuel Levinas parlait en 1977 de la « nécessité d’un Occident planétaire pour la venue du Messie ». Mais de quel Messie s’agit-il ? Celui qu’attend Israël et dont Jérusalem serait la capitale de ce monde uniforme, ou l’ennemi, mes amis, est évidemment le Christ. Ainsi, chers frères et sœurs en Christ, voyons-nous celui qui est à l’œuvre, le Prince de ce Monde, l’ennemi de Dieu et du genre humain, la Satan et, nommons-le de son nom, l’Antichrist. Mais n’ayons pas peur. Jésus nous a prévenu, Son Royaume n’est pas de ce monde, et dans l’attente de Son glorieux second avènement, continuons de prier pour la sauvegarde de ceux qui sont de bonne volonté.

Archiprêtre Philippe Maillard

Recteur