mardi 14 juillet 2026

 

Courage !

Père James Guirguis


Photo : newliturgicalmovement.org

Nous sommes tous confrontés au péché dans notre vie, qu'il s'agisse de paroles, d'actes ou de pensées, de grands ou de petits péchés. Mais le péché est paralysant. Il nous empêche de vivre une vie pleinement humaine, une vie qui révèle notre création à l'image et à la ressemblance de Dieu.

 Lecture de l'Évangile selon saint Matthieu. (9,1-8)

Dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous découvrons l'histoire d'un paralytique . Son nom et sa vie ne nous sont pas révélés. Une seule chose est sûre : il est paralysé et ne peut ni marcher ni bouger. Face à ce récit et à d'autres semblables, nous sommes frappés par l'ampleur de la souffrance et les difficultés engendrées par une telle maladie. Nous le regardons avec nos yeux si humains et pensons comprendre sa situation, ce qui ne va pas. Pourtant, gloire à Dieu ! Notre Seigneur Jésus-Christ, son Fils, ne voit pas le monde à travers nos yeux d'hommes. Le Seigneur va bien plus loin, bien plus profondément dans son examen de la personne qui se tient devant lui. Cela devrait nous faire trembler, mais aussi nous remplir de joie. Trembler, car Dieu verra la vérité en nous. Réjouir, car c'est dans cette vérité que résident notre salut et notre véritable guérison. Dans la vérité de Dieu, nous voyons qui nous sommes et ce que nous sommes. Nous sommes mis à nu devant Dieu, comme Adam et Ève l'ont été dans le jardin d'Éden. Et c'est pour notre bien, car ce qui n'est pas révélé à Dieu ne peut être guéri.

Selon notre compréhension humaine, le plus grand problème de cet homme est sa paralysie. Mais Notre Seigneur Jésus-Christ réfute cette idée. Son plus grand ennemi n'est pas sa paralysie physique, mais sa paralysie spirituelle, la paralysie de son âme. C'est là le sens profond de l'Évangile. Et nous sommes infiniment réconfortés d'entendre les paroles de grâce et de beauté que le Seigneur Jésus adresse à cet homme qui souffre d'une manière plus profonde et plus intense que ce que les spectateurs peuvent imaginer. Il souffre du mal de ses péchés . Pourtant, le Seigneur le voit dans sa totalité et lui adresse des paroles de miséricorde, de guérison et de vie : « Courage, mon fils ; tes péchés sont pardonnés. »  

Ce passage de l'Évangile nous enseigne que, pour guérir, l'aspect le plus crucial est la guérison de l'âme, plus encore que celle du corps, bien que les deux soient étroitement liées. Elle est primordiale car le Seigneur pardonne à l'homme avant même de le faire se lever et marcher.

Nous sommes tous confrontés au péché dans notre vie, qu'il s'agisse de paroles, d'actes ou de pensées, de grands ou de petits péchés. Mais le péché est paralysant. Il nous empêche de vivre une vie pleinement humaine, une vie qui révèle notre création à l'image et à la ressemblance de Dieu.

Lors d'un camp de vacances avec des enfants, je leur ai posé une question simple : « Pourquoi les commandements de Dieu existent-ils ? » J'ai reçu de nombreuses réponses, dont beaucoup étaient pertinentes. Certains disaient : « Ils existent pour que nous leur obéissions. » Mais je leur ai demandé d'aller plus loin. Pourquoi les commandements existent-ils ? Finalement, je leur ai révélé la réponse. Les commandements existent parce que Dieu nous aime et veut protéger nos âmes. Pécher, ce n'est pas manquer à la lettre de la loi. C'est protéger son âme du mal, de la corruption et, en fin de compte, de la mort. Non pas la mort physique, puisque chacun doit mourir, mais la mort de l'âme, une mort éternelle qui nous accompagne pour toujours.

Ainsi, dans l'Évangile, nous découvrons de nombreux aspects de la vérité, même s'ils sont souvent voilés au premier abord. Il nous est rappelé que le péché est la pire des conditions humaines. Et le Seigneur nous encourage à garder courage. Quelles que soient nos apparences, quelle que soit la vie que nous ayons menée, quelles que soient les opinions du monde à notre égard, Dieu nous aime toujours et désire nous guérir. Il veut nous racheter de la corruption. Il veut effacer nos péchés et nous rendre notre intégrité. Pour les chrétiens orthodoxes, il est clair que ce processus de pardon et de guérison complets s'accomplit dans le cadre des sacrements de l'Église, principalement par la Sainte Communion , l'Onction des malades et la Sainte Confession .  

Certains saints ont affirmé que plus notre confession est sincère, courageuse et humble, plus grande sera la guérison qui viendra par le sacrement. Vous entendez l'Évangile et vous souhaitez que le Seigneur vous offre cette guérison et vous soulage de vos fardeaux… alors venez confesser vos péchés, ne les cachez pas. Dieu connaît déjà votre situation, mais vous n'avez pas fait preuve d'humilité ni de foi en vous confiant à Dieu et aux sacrements de l'Église pour obtenir guérison et pardon. Si vous craignez de révéler vos péchés et ce qui vous fait honte au prêtre, un simple homme, lors de la confession, comment pourrez-vous vous tenir devant le Dieu vivant avec des péchés non confessés ?  

Dans la vie de l'Église, le prêtre est comme celui qui porte son ami sur une civière pour le présenter au Christ. Il accomplit ce geste lors de la confession et plus profondément encore lors de la liturgie. Le prêtre se tient devant l'autel pour faire une offrande pour lui-même et pour tout le peuple, pour le pardon de ses péchés, afin que le Christ, qui aime l'humanité, ait pitié et reconnaisse notre foi manifestée dans la prière. Cette offrande n'a pas pour but d'apaiser Dieu, mais de nous offrir nous-mêmes, notre cœur, notre esprit et notre corps, pour nous unir à la vie divine. Pour faire de la vie de Dieu notre propre vie.    

Saint Païssios (que nous commémorons aujourd'hui) disait : « Dieu veut avant tout que nous soyons heureux et que nous trouvions la paix intérieure. Dieu n'est pas un tyran qui nous harcèle et nous intimide, mais il veut au contraire que nous soyons libres. » Le Christ attend que nous nous présentions à lui avec toutes nos faiblesses et avec un désir de guérison. Nous le faisons lorsque nous venons à l'église et lorsque nous prions chez nous, d'un cœur pur et humble. Il n'a pas rejeté le paralysé et il ne nous rejettera pas non plus. Il désire nous pardonner, il désire nous guérir, il désire être avec nous. Alors, courage !

Père James Guirguis

Source : Orthochristian.com