mardi 31 mars 2020


CE QUE LA PANDÉMIE NOUS ENSEIGNE

Athanasios métropolite de Limassol





  
L'Église a sa propre façon de surmonter les défis

Nous ferons ce qui dépend humainement de nous, et nous remercions les parties responsables, les scientifiques, les politiciens et le gouvernement - ceux qui nous expliquent comment nous comporter dans cette situation difficile. Sans ignorer la réalité objectivement difficile et être des gens de l'Église, nous avons certainement notre propre façon de nous aider à juger, évaluer et utiliser pour de bon ces épreuves que nous rencontrons sur le chemin de la vie. Par conséquent, rapportons-nous prudemment à cette épreuve, en observant toutes les mesures - sociétales, scientifiques et autres - mais d'abord avec confiance en Dieu, en la Mère de Dieu et en les saints de notre Église. L'Église nous enseigne toujours et nous invite à prier dans les moments difficiles.

Seule la prière peut changer le cours des événements!

Cette situation critique peut être surmontée. Il peut être surmonté par la prière . Nous devons beaucoup prier. Nous avons besoin de personnes qui, par la force de leur prière, peuvent inverser la situation mondiale, car au final, seule la prière peut changer le cours des événements. Toutes les autres mesures sont l'œuvre de mains humaines. Ils sont bons et utiles, mais la prière peut vraiment, en un instant, tout changer et dissiper cette épreuve qui, soit dit en passant, a un côté positif, car elle nous apprend beaucoup de choses.

Que nous apprend la pandémie?

Il nous apprend notre faiblesse. Il nous apprend la vanité des choses humaines. Il nous apprend que tout ce que nous voyons autour de nous est transitoire. Nous devons comprendre que notre aspiration principale devrait être le Royaume de Dieu. Comme le Seigneur le dit dans le Saint Évangile: Cherchez d'abord le Royaume de Dieu. Tout le reste vous sera donné par le Seigneur de gloire, Christ. Le Royaume de Dieu - c'est ce dont nous avons vraiment besoin. Par conséquent, l'Église nous appelle au podvig de la prière - prière issue du repentir et de l'humilité.

Repentons-nous donc de nos péchés, des péchés du monde entier! Offrons à Dieu le pouvoir de la prière, vivant dans un cœur humble et repentant. Alors le Seigneur aura pitié et changera le cours de l'histoire.

Si nous prions, alors tout change. Si nous ne prions pas, nous suivons un chemin humain, où on ne sait pas comment ce sera et où cela nous mènera.

Les églises sont ouvertes. Celui qui veut, viens!

Les églises [à Chypre. — NDÉ.] Restent ouvertes. Les services divins en eux ne s'arrêteront pas. Nos prêtres et nous sommes tous dans la position dans laquelle le Seigneur nous a placés. En tant que pasteurs de l'Église, nous offrons des prières, des services et la Divine Eucharistie pour le monde entier. Celui qui veut, viens! Ceux qui ressentent une difficulté, un manque de force ou autre, les laissent agir en fonction de leur compréhension de la situation. Nous n'avons le droit de juger personne. Nous prions pour le monde entier, pour tout «Adam», pour l'humanité tout entière.

Quelqu'un peut demander: Mais nous, ceux qui viennent à l'église, ne tomberons-nous pas malades? Nous tomberons malades et nous mourrons. Qui vous a dit que nous serons immortels dans ce monde? Aviez-vous vraiment besoin du coronavirus pour savoir que nous mourrons? Aviez-vous vraiment besoin du coronavirus pour savoir que nous tomberions malades?

Vous souvenez-vous de ce que les saints Quarante Martyrs de Sébaste ont dit? Faisons du bien avec zèle! Puisque nous allons mourir de toute façon, il vaut mieux mourir honnêtement avec nous-mêmes et agréable à Dieu.

Ayons le souvenir de la mort, dont notre compatriote Saint Néophytes le Reclus a dit que la crainte de Dieu au souvenir de la mort est un bien plus élevé que tous les autres biens, car il nous rappelle que nous allons nous éloigner de ce vain monde et tenez-vous devant le Seigneur.

Nous nous dirigeons tous vers Pâques

Qu'est-ce que l'Église nous donne? Intrépidité: victoire sur la peur de la mort . La mort biologique nous attend tous, sans exception, mais pas la mort spirituelle: elle ne menace pas un homme qui croit en Dieu. «Celui qui croit en moi ne verra jamais la mort», dit le Seigneur (cf. Jean 8:51). C'est-à-dire que celui qui croit en Dieu ne verra jamais la mort; biologique - oui, spirituel - non. Mais c'est ce qui nous fait peur - la mort spirituelle, notre séparation éternelle d'avec Christ. Cela nous effraie. Nous espérons que cela ne nous arrivera pas, car la mort biologique est temporaire, mais c'est une séparation éternelle!

Quoi que nous soyons, saints ou pécheurs, nous entrerons tous par les portes de la mort biologique. Quoi que nous soyons, nous nous dirigeons tous vers Pâques, vers la Résurrection du Christ, Qui a piétiné la mort, dont nous entendons parler la nuit de Pâques. Que personne ne craigne la mort. Le Seigneur nous a délivrés de sa peur par sa mort. Il n'y a plus de mort; il y a la vie éternelle, Christ et le Royaume de Dieu à travers les âges.

C'est avec une telle foi que nous passerons l'épreuve qui nous est envoyée - sans panique, sans peur, sans pensées humaines. Nous irons, appelant à l'amour de notre Seigneur Jésus-Christ.

L'amour de Dieu triomphe de la peur

Nous savons que notre vie dans ce monde a une «date d'expiration». Mais nous savons aussi que la mort est une transition des choses vaines aux choses éternelles, au Royaume éternel de Dieu. La crise d'aujourd'hui est un jugement sur notre foi, notre vie, nos pensées et la qualité de notre connexion avec Dieu le Père.

L'Église reste un serviteur priant du Dieu vivant, indépendamment de tout calcul humain et de toute convoitise. Cela donne l'espoir que Dieu est au-dessus de tout - non pas pour négliger les efforts humains, mais pour surmonter la peur de la mort. Il est vaincu par l'amour. L'amour parfait chasse la peur. Celui qui aime Dieu ne craint rien. Il n'est obscurci par aucune épreuve dans ce monde, parce que l'amour de Dieu vainc la peur et donne un sentiment de vie éternelle.

Sans la lumière du Christ, les ténèbres sont insupportables

Dans notre métropole  (Eglise de Chypre), dans la cathédrale et dans d'autres églises, onction sera servie tous les jeudis avant ou après les Grandes Complies pour la guérison de l'âme et du corps. L'Église nous donne des médicaments pour la vie éternelle. Avec des remèdes biologiques et chimiques créés par l'homme, l'Église nous donne le saint sacrement de l'onction, pour donner à nos âmes et à nos corps la force de traverser tout ce qui nous arrive - la vie et la mort - en maintenant notre paix intérieure.

La mort a été mise à mort par la mort du Christ, comme disent les saints Pères de l'Église. Espérons en Christ. Invoquons le Très Saint Théotokos et les saints Pères, et allons de l'avant avec foi et tranquillité d'esprit. Ainsi nous réconforterons nos frères. Pensez à quel désespoir, quelle peur, quelle insécurité, quelle peur vit dans le cœur des gens qui ne sont pas éclairés par la lumière du Christ! Il s'agit d'une véritable tragédie - une vie sans Dieu! C'est une tragédie - une vie sans la sainte Église! L'homme ne peut pas vivre sans Christ. Sans la lumière du Christ, les ténèbres sont insupportables!

Par conséquent, tous ceux qui croient en Christ et invoquent son saint nom apporteront espoir, joie, paix, calme, tranquillité et courage au cœur de nos frères, en appelant à la présence et à l'amour de notre Seigneur Jésus-Christ.

Athanasios métropolitain de Limassol
Traduit par Jesse Dominick
Pravoslavie.ru
31/03/2020

samedi 28 mars 2020


Coronavirus. Courrier International.

La destruction des écosystèmes par l'humain favorise l'émergence d'épidémies
Publié le 28/03/2020 - 05:58
Mikel Casal, El Correo, Barcelone



Les scientifiques “chasseurs de virus” alertent depuis plus de dix ans sur l’apparition de nouvelles maladies liées à la déforestation. Paludisme, Ebola, Covid-19…. l’agression humaine aux écosystèmes finit par mettre en péril des vies humaine.

L’apparition de ces étonnants agents pathogènes nouveaux, comme le coronavirus responsable du Covid-19, n’est rien d’autre que le résultat de l’anéantissement des écosystèmes, dont souffrent en particulier les zones tropicales, où ils sont détruits pour faire place à des monocultures intensives industrielles. L’émergence de ces maladies découle aussi de la manipulation et du trafic de la faune et de la flore sylvestres, souvent menacées d’extinction.

Il y a une dizaine d’années déjà que les scientifiques étudient les liens entre l’explosion des maladies virales et la déforestation.

Ce n’est pas quand un bulldozer écrase tout sur son passage sur une montagne grouillante de vie que le phénomène est visible : c’est quand apparaissent chez les individus des symptômes étranges et des maux jusque-là inconnus.

De nouveaux foyers d’épidémies

Le constat est établi dans de nombreux pays, de l’Asie du Sud-Est jusqu’à l’Amérique latine, avec des spécificités, des difficultés et des dynamiques propres à chacun. Cependant, il s’agit au fond partout de la même chose : d’une conception extractiviste du monde vivant, qui conduit l’humanité à mettre en péril sa propre existence. Et contre cela, aucune solution hydroalcoolique ne peut rien.

Carlos Zambrana-Torrelio est un chercheur bolivien et le vice-président d’EcoHealth Alliance, une organisation spécialisée dans l’étude des relations entre environnement et pathologies émergentes, dont le siège est à New York. Il sillonne les zones sensibles de la planète et travaille sur leurs relations entre elles, et avec leur écosystème.
Les zoonoses, ces maladies transmissibles de l’animal à l’homme, ont toujours existé partout dans le monde, sans toutefois prendre systématiquement une ampleur internationale – elles sont généralement contenues, ou ne trouvent pas les conditions nécessaires pour se propager.

Ainsi en juin dernier, un nouveau foyer épidémique a été identifié en Bolivie, causé par le virus Chapare [du nom d’une province de la région de Cochabamba, au cœur du pays].

L’amputation des forêts tropicales en cause

Ce dernier avait été identifié pour la première fois en 2003 dans la région de Cochabamba, une zone déboisée au profit de rizières où la récolte se fait, en règle générale, manuellement – les paysans qui en vivent habitent donc à proximité des plantations.

Or voilà que, seize ans plus tard, est arrivé dans des services d’urgence de la région de La Paz [à plus de 300 kilomètres] un homme présentant des symptômes que les médecins n’ont pas identifiés immédiatement. Nul ne sait comment le virus qu’il avait contracté a voyagé depuis les rizières tropicales jusqu’aux altitudes andines.
Carlos Zambrana-Torrelio travaille en Afrique, en particulier au Liberia et en Sierra Leone, où l’épidémie d’Ebola a surpris tout le monde par sa virulence.

Là-bas aussi, c’est la fragmentation de la forêt tropicale qui fut la première cause de la maladie : le déboisement a en effet poussé plusieurs espèces de chauves-souris à se rassembler, en groupes serrés, sur les rares arbres encore sur pied. Cette réunion d’espèces différentes, qui dans l’environnement habituel n’interagissent pas, a fait office de bouillon de culture [les chauves-souris sont soupçonnées d’être l’un des réservoirs du virus Ebola].

Carlos Zambrana-Torrelio insiste :
Tout commence par la déforestation. À Bornéo, la fragmentation du couvert forestier est en train de provoquer une recrudescence du paludisme. L’explication ? Dans des espaces ouverts, il y a de plus grands trous dans lesquels s’accumule l’eau où se reproduisent les moustiques. Ceux-ci vont transmettre le parasite [donnant la malaria] aux hommes qui, à proximité, exploitent les palmiers à huile.”

Si les maladies zoonotiques ne sont donc pas nouvelles, elles sont manifestement en augmentation. David Quammen en étudie les raisons dans son ouvrage Spillover : Animal Infections and the Next Human Pandemic [“Tache d’huile : les infections chez l’animal et la pandémie humaine à venir”, non traduit].

Le scénario de la vengeance

Une humanité innombrable, cohabitant avec des bétails extrêmement nombreux, ajoutée à la destruction des habitats naturels et à des écosystèmes bouleversés : selon lui, tous les ingrédients sont réunis pour un scénario façon vengeance de dame Nature.
Dans un reportage de la National Public Radio, aux États-Unis, Quammen précise que nous, les êtres humains, sommes le point commun à toutes les zoonoses :
Nous avons tellement proliféré et nous perturbons tant la planète… Nous rasons les forêts tropicales. Nous dévorons la vie forestière. Quand on entre dans une forêt, il suffit de secouer un arbre pour que tombent les virus – au sens propre comme au sens figuré.”

Les écosystèmes sont des entrelacs complexes, dont nous comprenons partiellement les relations évolutives grâce à de patientes observations scientifiques. Leur destruction au nom du progrès ou simplement de la cupidité a des côtés obscurs que nous finissons par subir dans notre chair.

Des virus en évolution


Quand, par exemple, Jair Bolsonaro s’enorgueillit de la souveraineté brésilienne sur les cendres de l’Amazonie, il n’y a plus qu’à attendre que la maladie s’abatte sur cette forêt transformée en zone d’agriculture et d’élevage. En témoigne une étude publiée en 2010 dans la revue scientifique Emerging Infectious Diseases : la destruction de 4 % de la forêt a entraîné une hausse de 50 % des cas de paludisme.

Les espèces sauvages ne sont pas malades des virus dont elles sont porteuses, car elles ont évolué avec eux pendant des milliers d’années.

“Tout animal peut être porteur d’une cinquantaine de virus différents. Ça fait partie de la dynamique du système. S’il n’y avait pas d’êtres humains, il n’y aurait pas de transmission”, affirme Carlos Zambrana-Torrelio.

Fidel Baschetto, vétérinaire et professeur à l’université de Córdoba, en Argentine, renchérit : “Les virus qui sont nouveaux pour nous ne le sont pas pour la nature. Il s’agit donc de déterminer si on parle d’une maladie émergente, ou d’une maladie émergente pour l’homme. De nombreux virus ont coévolué avec certaines espèces et ces dernières ne souffrent pas de la maladie. L’agent pathogène sait que quand il pénètre dans un nouvel organisme, il ne doit pas le rendre malade ou du moins il ne doit pas le faire succomber. Car la mort de l’hôte – celui que nous appelons patient – entraîne aussi la mort de l’agent pathogène. Aucun micro-organisme n’a pour objectif la mort de son hôte. Mais avant que ce micro-organisme n’évolue, ce qui peut prendre des milliers d’années, la cohabitation produit la maladie”, ajoute le scientifique argentin.

La désastreuse mutilation de la nature par l’homme

Il ne faut pas en vouloir aux chauves-souris, moustiques, souris ou pangolins. Non, le problème vient de ce que nous faisons à leurs écosystèmes, il est lié au fait que nous les regroupons et les manipulons dans des milieux artificiels.

Telle est la véritable recette du coronavirus, qui sera probablement à l’origine d’une récession mondiale. Autrement dit, mutiler les écosystèmes coûte très cher.
La transmission à l’humain du coronavirus s’est produite sur un marché à Wuhan, une ville chinoise, où sont vendues des espèces sauvages braconnées.

Le commerce illégal de ces animaux emprunte les mêmes routes que le trafic de drogues et d’armes, et il pèse des milliards de dollars. Les consommateurs de cette viande vivaient autrefois dans les campagnes et ont migré en ville : aujourd’hui, au lieu de chasser, ils se fournissent sur les marchés pour tenter de retrouver le goût de leur enfance.

Protégeons les écosystèmes : il y va de notre survie

Dans le cas du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), qui a aussi franchi la barrière des espèces dans l’un de ces marchés de produits frais, les excréments des chauves-souris ont notamment permis au virus de faire son chemin au point de devenir une épidémie, qui a touché 8 000 personnes en 2003.

Ne croyons pas que ce type de phénomène n’a lieu qu’en Chine, où le gouvernement a interdit la vente de ces produits, déplaçant probablement leur commercialisation vers le marché clandestin.

En Argentine, “nombreux sont ceux qui consomment des espèces sauvages (poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères) sans savoir si cette habitude risque d’entraîner la transmission de parasites ou d’autres maladies, les conditions d’hygiène dans la consommation d’espèces sauvages restant très aléatoires”, affirme Claudio Bertonatti, conseiller scientifique de la Fondation Félix de Azara. De nouveaux foyers d’infection peuvent donc aussi apparaître de cette façon.

La protection des écosystèmes ne relève pas seulement du prêchi-prêcha écologique, elle concerne notre survie. Si la Terre est malade, alors nous le sommes aussi. “Nous devons arrêter de penser que nous, les êtres humains, sommes un élément indépendant du système, résume Carlos Zambrana-Torrelio. Car nous en déduisons, à tort, que nous pouvons transformer, détruire et modifier l’environnement à notre convenance. Tout changement que nous imposons à la planète aura une répercussion sur notre santé.” Nous sommes tous dans le même bateau. Notre destinée est commune, avec ou sans masque.
Marina Aizen


vendredi 27 mars 2020


" Une épreuve de vérité, de rappel de notre condition la plus profonde : nous sommes des êtres de communion » par le père Jean Gueit "
27 mars 2020 

Frères et sœurs,

La première semaine de confinement est passée. Nous avons été bousculés par la soudaineté; nous entrons maintenant dans un temps plus ou moins long de confinement renforcé qui va se traduire pour beaucoup par des situations de solitude. Celle-ci, à de rares exceptions, constitue une épreuve qui peut être une épreuve de vérité, de rappel de notre condition la plus profonde : nous sommes des êtres de communion. Sans doute nous apprécions des instants de solitude, de recueillement, qui sont certes de plus en plus souvent bienvenus et nécessaires dans ce monde de sur-activité, profondément agité en définitive, et à ce titre «désintégrant». Un monde de «sans visage», le monde de «Mr Market» comme certains l’ont appelé, le monde de Mammon coupé de l’image de Dieu, «l’homme animalisé, robotisé, réduit à sa dimension biologique et mécanique, l’individu génétique, dépersonnalisé, mais qui tente de prendre la tête de l’humanité»[1].

L’être humain, créé à l’image de Dieu, est une personne, un être de communion, tourné vers l’autre. L’épreuve d’aujourd’hui révèle le mal être résultant du confinement qui impose l’isolement de chacun. Dans le même temps elle suscite, à la faveur des moyens de communication modernes, l’établissement, parfois le rétablissement des liens de voisinage, fraternels, familiaux qui ont pu être distendus par le fonctionnement sociétal foncièrement individualiste. Aujourd’hui, les manifestations de solidarité fraternelle, le dévouement, sont saisissants. Ce mouvement rappelle s’il en faut qu’ultimement nous ne pouvons pas (sur) vivre sans l’autre, nous ne sommes pas «
sauvés» sans l’autre.
La lecture spirituelle de cette tribulation majeure a déjà été largement développée et le sera encore assurément.[2]

Une autre dimension de l'évènement paraît très symptomatique : la nature du mal provoqué par le virus : une double paralysie. La paralysie de la rencontre de visage à visage
; la paralysie respiratoire. Le masque sépare. Les poumons sont asphyxiés, ne laissant plus passer l’oxygène vital, le souffle de vie.

Ces quelques éléments nous suggèrent de rappeler que la prière de l’Église (assemblée) est fondamentalement une prière communautaire – liturgique qui elle aussi, ou plutôt en premier lieu, nous rappelle que nous ne nous sauvons pas seuls.

Ainsi les prières, dites «initiales» par lesquelles nous commençons les offices, et que nous sommes supposés prononcer quotidiennement sont toutes des prières communautaires :

Roi céleste, consolateur…….demeure en nous….purifie nous de toute souillure et sauve nos âmes….

(Rappelons que l’invocation de l’Esprit saint revêt une importance toute particulière, car il s’agit précisément du saint Souffle, donateur de vie, la véritable antidote à l’asphyxie….)

Très Sainte Trinité aie pitié de nous, Seigneur purifie nous, Maître pardonne nous nos offenses, comme nous pardonnons (ensemble) La seule prière que nous a transmis le Seigneur est une prière communautaire qui fonde toutes les autres : Notre Père, donne-nous aujourd’hui…… , pardonne-nous…. , ne nous soumets pas…… mais délivre nous.
Kyrie eleison – Seigneur aie pitié – peut-être à la fois personnelle (aie pitié de moi) et communautaire (aie pitié de nous). Le Mont Athos suggère en ce moment de prier à la même heure (22 h) : Seigneur aie pitié de ton peuple.

Ainsi frères et sœurs, prions le saint Souffle pour qu’il demeure en nous tous, qu’il nous donne toujours la vie; et c’est par Lui que nous communions au Fils, que nous prions comme Maître de MA vie; mais cette prière personnelle, et non individuelle nous place en relation avec l’autre, pour que nous soit épargné l’esprit de domination, et de vaines paroles, de jugement du frère. Mais que nous soit accordé un esprit d’intégrité (qui s’oppose à la désintégration), d’humilité de patience et d’amour.

Seigneur Jésus-Christ aie pitié de moi pêcheur

Seigneur Jésus-Christ aie pitié de nous pêcheurs

P. Jean Gueit (photographie : source)
[1] L’homme. Éléments d’anthropologie chrétienne, collectif, éd. Apostolia, 2019
[2] Notons en particulier archiprêtre Vladimir Zelinsky : « La quarantaine, quel sens tirons-nous de cette épreuve ? »  in Orthodoxie.com ; archimandrite Syméon : « Oui, nous sommes dans le désert! » in Orthodoxie.com.

mercredi 25 mars 2020





25 mars

Annonciation à la très sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie.

Saint Tykhon, patriarche de Moscou (1925) ; Saint Justin de Tchélié (1979).

ANNONCIATION À LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU


Synaxaire

En ce jour qui suit de peu l’équinoxe de printemps, alors que l’obscurité de la nuit, ayant atteint le terme de son extension, commence à céder la place à la lumière, l’Église célèbre la conception de notre Seigneur Jésus-Christ et la descente, en ce monde obscurci par les ténèbres, du Soleil de Justice, qui a retourné le mouvement du temps et de l’histoire et, d’une descente vers la mort, en a fait une remontée vers le printemps définitif de l’éternité.

Racine et principe de toutes les autres fêtes du Seigneur, par lesquelles nous commémorons chaque année notre Rédemption, cette fête de l’Annonciation doit toujours être célébrée à la même date, car, selon une ancienne tradition, c’est au mois de mars que le monde fut créé par Dieu et c’est le 25 mars précisément qu’Adam, trompé par la promesse du serpent et voulant se faire dieu, transgressa le commandement divin et fut exilé du Paradis . Il convenait donc que la guérison de notre nature s’accomplisse, telle une seconde création, par les mêmes moyens et en ces mêmes jours qui ont été ceux de notre chute. Et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par la désobéissance d’Ève, au printemps du monde, il convenait qu’il en fût délivré au mois de mars par l’obéissance de la Vierge. Développant magnifiquement cette doctrine des correspondances dans l’Économie de la Rédemption, saint Irénée de Lyon écrit à ce propos :

« De même que celle-là (Ève) avait été séduite par le discours d’un ange, de manière à se soustraire à Dieu en transgressant sa parole, de même celle-ci (Marie) fut instruite de la Bonne Nouvelle par le discours d’un ange, de manière à porter Dieu en obéissant à sa parole. Et, de même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d’obéir à Dieu, afin que de la vierge Ève la Vierge Marie devienne l’avocate. De même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une vierge, la désobéissance d’une vierge ayant été contrebalancée par l’obéissance d’une vierge».

Après notre chute, Dieu, prenant patience dans sa miséricorde infinie, avait peu à peu préparé l’humanité, de génération en génération, par des événements heureux et malheureux, à la réalisation du Grand Mystère qu’Il tenait caché avant tous les siècles dans son Conseil trinitaire : l’Incarnation du Verbe. Alors qu’Il savait, bien à l’avance, qu’elle allait être la faute de l’homme et ses tragiques conséquences, c’est en ayant en vue le terme de ce mystère qu’Il avait pourtant créé la nature humaine, afin de s’y préparer une Mère qui, par la beauté de son âme immaculée, relevée de l’ornement de toutes les vertus, attira sur elle les regards du Tout-Puissant et devint la chambre nuptiale du Verbe, le réceptacle de Celui qui contient tout, le Palais du Roi du Ciel et le terme du dessein divin.

Six mois après la conception miraculeuse de celui qui devait être en toutes choses le Précurseur du Sauveur (Lc 1, 17), Gabriel, l’Ange de la miséricorde [8 nov.], fut envoyé par le Seigneur à Nazareth en Galilée, auprès de la Vierge Marie qui, au sortir du Temple, avait été fiancée au juste et chaste Joseph, pour qu’il fût le gardien de sa virginité . Surgissant soudain dans la maison sous une apparence humaine, un bâton à la main, l’Ange salua celle qui devait devenir la consolation des larmes d’Ève , en disant : « Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ! » (Lc 1, 28). Devant cette étrange apparition, la Vierge laissa tomber son fuseau et, toute troublée par ces paroles de l’incorporel, elle se demandait si cette annonce de joie n’était pas, comme pour Ève, une nouvelle tromperie de celui qui sait se transformer en ange de lumière (2 Cor 11, 14). Mais l’Ange la rassura et lui dit : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu, ne t’étonne pas de mon étrange aspect et de ces paroles de joie, alors que, trompée jadis par le serpent, ta nature a été condamnée à la douleur et aux gémissements, car moi, c’est la vraie joie que je suis venu t’annoncer et la délivrance de la malédiction de la première mère (cf. Gn 3, 16). Voici que tu concevras et enfanteras un fils, en accomplissement de la prédiction du prophète Isaïe qui disait : Voici que la vierge concevra et enfantera un fils (Is 7, 14) ! Et tu l’appelleras du nom de Jésus, — ce qui signifie Sauveur — Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut (Lc 1, 30). »
À ces paroles inouïes, la Vierge s’exclama : « Comment cela serait-il possible, puisque je ne connais point d’homme ? » Elle ne mettait pas là en doute la parole divine par manque de foi, comme Zacharie qui avait été pour cela puni de mutisme (Lc 1, 20), mais elle se demandait comment ce mystère pourrait bien se réaliser en elle, sans l’union nuptiale, devenue la loi de la reproduction du genre humain soumis à la corruption. Comprenant ses doutes, l’Ange ne la blâma pas, mais il lui expliqua le mode nouveau de cette naissance : « L’Esprit Saint viendra sur toi, qui a été comblée de grâce en préparation de sa venue, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. » Puis, rappelant qu’Élisabeth, celle qu’on appelait « la stérile », venait de concevoir un fils dans sa vieillesse, il lui montra ainsi que là où Dieu le veut l’ordre de la nature est vaincu , et il lui confirma que par sa venue en elle le Saint-Esprit allait accomplir un miracle plus grand encore que la création du monde. Abaissant les cieux, le Roi de l’univers, Celui qui contient tout, allait s’anéantir lui-même (Phil 2, 7) par une ineffable condescendance, afin de demeurer en son sein, de s’y mêler en une union sans confusion à la nature humaine, et de se revêtir de sa chair, teinte en son sang virginal, comme une pourpre royale. Inclinant alors humblement son regard à terre et adhérant de toute sa volonté au dessein divin, la Vierge répondit : Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole !

Par ces paroles, elle acceptait — et avec elle la nature humaine tout entière — la venue en elle de la puissance divine transmise par les paroles de l’Ange . C’est à cet instant même que s’accomplit la conception du Sauveur. Le Fils de Dieu devient Fils de l’Homme : une seule Personne en deux natures. Dieu se revêt de l’humanité et la Vierge devient en toute vérité Mère de Dieu (Théotokos), afin que, grâce à cet échange des propriétés naturelles, les hommes, délivrés de la corruption, puissent devenir fils de Dieu par la grâce.
L’accomplissement de ce mystère de l’Incarnation, caché même à la connaissance des anges, ne fut donc pas seulement l’œuvre du Père, dans sa complaisance, du Fils qui descendit des cieux, et de l’Esprit qui recouvrit la Vierge de son ombre ; mais le Seigneur attendait que celle qu’il avait choisie entre toutes les femmes y prenne aussi une part active par son acquiescement libre et volontaire, de sorte que la Rédemption du genre humain fût l’œuvre commune de la volonté de Dieu et de la foi de l’homme. Ce fut donc par une libre coopération (synergie) de l’humanité au dessein divin que s’est accompli ce Grand Mystère préparé depuis l’origine du monde, que « Dieu devient homme pour que l’homme soit déifié en Lui » , et que la Vierge, Épouse inépousée, est devenue pour notre nature renouvelée la source et la cause de tous les biens.

Autrefois entrevue en figures par les prophètes comme le Buisson non-consumé (Ex 3, 14), comme la Montagne non-entaillée (Dn 2), comme la Porte scellée par laquelle Dieu seul devait passer (Ez 44, 2), la Mère de Dieu est l’Échelle vivante (Gn 28, 10-17) par laquelle Dieu est descendu et qui permet aux hommes de monter au Ciel. Elle a ouvert au genre humain un nouveau mode d’existence : la virginité, grâce à laquelle le corps de tout homme, à sa suite, est appelé à devenir temple de Dieu (1 Cor 3, 16 ; 6, 19).
La création entière, soumise jadis à la corruption par la faute de l’homme, était elle aussi dans l’attente de ce « Oui ! » de la Vierge, qui annonçait le début de sa délivrance. C’est pourquoi le ciel et la terre réunis, forment aujourd’hui un chœur de fête avec les fils d’Adam, pour rendre gloire à Dieu en honorant la conception de sa Mère inépousée.

(Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)


dimanche 22 mars 2020


DIEU NOUS PARLE DANS L’ÉPREUVE

Paternité de Dieu

Je vérifie aujourd’hui que Dieu a sa façon de rééquilibrer sa Création et ses lois, quand celles-ci viennent à être trop malmenées, trop bouleversées. Il a sa façon miséricordieuse de nous éduquer, de nous guider, de nous éclairer, de nous éveiller. Les moments de bouleversements que nous vivons doivent nous faire réfléchir pour qu’ils ne soient pas vains, stériles et infructueux. Que devons-nous entendre, comprendre et déchiffrer individuellement et collectivement dans cette situation ?

La pause !

Dans une phase où le réchauffement climatique semble avoir des conséquences irréversibles, mais face auquel certaines nations restent complètement  inconscientes, certains pays sont forcés à être mis sur pause. Le pays ralentit, l’économie s’écroule et avec elle, la pollution. L’air que nous respirons devient plus sain. Nous portons peut-être des masques mais nous respirons ! Il ne faut donc pas se résigner ou abdiquer ! Il n’est pas trop tard !

Nous, les ségrégués…

Dans une période où nous voyons resurgir certaines idéologies et systèmes politiques ségrégationnistes d’une violence extrême, qui nous apportent sa vague de candidats au refuge, un virus arrive à passer nos frontières, lui aussi : encore un ! En quelques jours nous devenons les ségrégués, les bloqués à la frontière, les rationnés, les contagieux, les confinés, les personnes à risque. Nous sommes pourtant blancs, occidentaux.. nous ne voyageons pourtant pas en bateau de fortune mais en première classe.

La course en caddie !

La peur du manque nous manœuvre vers des conduites démesurées de stockage, d’accumulation de produits, même non vitaux, comme le papier toilette. Ce dernier est devenu la star des réseaux sociaux, l’inspiration stimulant une fabuleuse créativité satirique. Il y a encore quelques semaines, les mêmes personnes réprouvaient des pères et des mères fuyant leur pays sous la frayeur des bombes et des crimes ; elles maudissaient des pères et des mères prêts à tout, non pas pour pouvoir s’essuyer agréablement le derrière, mais pour sauver la vie de leur enfant. Bourrons nos cœurs d’empathie et de compassion autant que nos caddies de papier toilette et de Lustucru ! Allons enfants de la pâtes-riz !

Co-vide…Co-mmunion

Dans ce climat d’individualisme et d’égoïsme, le Covid-19 nous envoie  un texto clair : la seule façon de nous en sortir est la coopération, l’appartenance, la responsabilité collective, la conscience partagée que chacun dépend de l’autre aussi grand, aussi petit soit-il. La communion comme seul moyen de guérison ! Super idée ! Il fallait y penser ! J’en ai mis du temps à comprendre !

Pardon, les hôpitaux

Quand le service public est décrié et détérioré, où l’hôpital et les soignants vivent des heures sombres depuis des années aux profits d’intérêts autres, nous voilà confrontés de plein fouet aux conséquences et aux dommages de ces choix. Nos idoles s’inclinent devant la maladie. Les hôpitaux sont débordés ? Mais enfin, c’est bien c’qu’on vous dit depuis des années ! Ces gens, tout d’un coup si extraordinaires, pleurent depuis si longtemps… Le virus fait de nombreuses victimes. Guérissons de la surdité et de la cécité ! Demandons pardon !

Redécouvrir l’essentiel Co-vide…

À une époque où notre moteur est l’avoir, le faire, le faire pour avoir, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, week-end et jours fériés, la sentence tombe : stop ! Tout le monde à la maison (ou presque) ! Du temps ?  Aïe ! Ce fameux temps dont nous rêvions ! Don inattendu ! Nous voyons bien à quel point nous avons peur du vide. Il n’y a qu’à voir le nombre de vidéos, de sites, d’applications proposant ces derniers jours des activités, des idées, pour remplir ce temps de confinement. Nous avons besoin de remplir nos esprits autant que nos placards. De quoi avons-nous peur cette fois-ci : de manquer ? Encore ! Du silence ? Du retour à notre état naturel ? Nombreux professionnels sont envoyés au front, et on nous demande de rester sur notre canapé ! Redécouvrons un trésor caché… Rendons-lui sa valeur, lui qui n’a pas de prix. Faisons fructifier nos talents !

En famille

Les enfants sont à la maison ! Personne à qui déléguer ? Ni association, ni institution ? Ça va durer longtemps, cette histoire ? – Réapprenons à communiquer, à transmettre, à jouer, à éduquer, à faire ensemble, à vivre ensemble, à partager… Refaisons famille ! Ensemble, c’est tout !

Jeûner des autres

À l’ère où les relations, les interactions, la communication, la socialisation se développent particulièrement dans des espaces virtuels, au sein des réseaux sociaux qui nous donnent l’illusion de la proximité, de la sollicitude, de l’intérêt pour autrui et du dialogue, ce virus nous prive de ce partage, le vrai, le bien réel. Chacun chez soi ! Ça ne change pas tant que ça finalement ! Et pourtant… Nous allons peut-être découvrir les limites de ces réseaux de communication virtuelle : tout cela manque un peu de toucher, de caresses, de regards, de douceur de voix, d’éclats de rire, de parfums qui font saliver, de saveurs à partager, de mémoire, de souvenirs. Génial : nous allons nous manquer !

La responsabilité

Alors plutôt que de chercher le coupable, de faire des procès d’intention, de fouiner pour dénicher le complot, d’accuser et de diviser : regardons-nous, examinons-nous, dévisageons-nous ! En quoi suis-JE responsable ? Retirons le masque ! Soyons attentifs à ce que Dieu nous offre avec pédagogie et miséricorde. Nous avons sérieusement exagéré, minimisé, abusé, déraisonné. Nous avons sérieusement déliré. Alors : éveillons nos consciences, réalisons, comprenons, changeons, faisons changer, agissons, discernons, choisissons, arrêtons ! Stoppons nos réactions et démarrons nos actions ! Qu’il y ait un avant et un après virus.

L’action de grâce

Un avant et un après carême ! Rendons grâce à Dieu pour sa tellement bonne et bienveillante divine paternité. Supplions-le d’épargner nos vies. Prouvons-lui que c’est bon, que ça va, qu’on a compris. La prière de saint Éphrem (oisiveté/découragement/domination/parole facile/pureté/humilité/patience/charité) prend un sens particulier aujourd’hui à la lumière de cette épreuve permise par Dieu pour notre salut. Ne passons pas à côté d’une telle opportunité… Saisissons l’occasion de nous mettre en route vers une conversion et un repentir véritables et que Dieu (re)devienne le vrai Maître de nos vies !

(paroissienne Louveciennes)



Les causes de la pandémies

Beaucoup nous demandent quelles sont les causes de la pandémie COVID-19 , s'il s'agit d'un phénomène naturel ou s'il y a des acteurs au niveau de l'État qui ont généré cette épidémie.

Nous devons comprendre que cette façon de penser est déformée.

Ne blâmez pas les autres

Nous devons d'abord penser pourquoi Dieu parfait a permis que cela nous arrive. Rien n'est accidentel.

Ainsi, la cause est nous, nos péchés. Puisqu'il s'agit d'une douleur générale, il est clairement démontré que ce péché est général - et cela en raison de l' indifférence aux questions spirituelles , une indifférence à Dieu.

Ainsi, nous méritons la séparation des services et de la sainte communion, en raison de l'indifférence générale de ceux qui ne connaissent presque rien à la foi, et de ceux qui connaissent la foi mais ne pleurent pas et ne prient pas pour leur état et la société en général.

Nous devons pleurer et prier intensément, patiemment et, espérons-le, en attendant la solution. C'est ainsi que les problèmes sont résolus .

Les causes de la pandémie sont spirituelles

Cependant, nous avons complètement changé notre système de valeurs: nous considérons le péché comme la vertu et la vertu comme le péché. C'est la pire chose de toutes et, en fait, c'est la principale cause du problème. Si le péché avait été accepté comme péché, alors les gens se seraient repentis, se seraient battus et en seraient revenus et, ainsi, Dieu se serait attendu à notre retour. Maintenant, quand le péché passe comme une vertu, l'humanité va pour l'autodestruction, sans s'arrêter, et donc la loi spirituelle est obligée d'intervenir.

De tous les péchés qui passent comme vertu, quelle est le péché - ou catégorie de péchés - qui est la cause de la pandémie?

Il est évident que, puisque cette tentation vient à nous dans le corps, les péchés qui provoquent la pandémie sont les péchés corporels que nous considérons aujourd'hui comme une vertu. Nous sommes sexuellement obsédés; nous acceptons toute distorsion sexuelle et nous ne savons plus comment satisfaire ces désirs. Par conséquent, Dieu nous sépare les uns des autres en quarantaine car, en restant ensemble, nous nous détruisons.

Ne cherchons pas les causes de la pandémie en dehors de nous, même s'il est possible que différents acteurs, plus ou moins malveillants, aient apporté ou contribué à cette pandémie. Cependant, les informations accusant un État ou une organisation capable de faire de telles choses ne feront que susciter la haine. Cela ne résoudra pas la situation, mais augmentera plutôt l'hostilité entre nous.

Conclusion

Encore une fois: la solution est le repentir: pleurs, jeûne et prière intense avec patience et espérance. Les choses sont simples, mais nous ne voulons pas les appliquer à cause du renversement de notre système de valeurs, de l'amour-propre et de l'indifférence. Ce sont les causes de la pandémie.

Source: Monastère de Vatopedi  Mont Athos

jeudi 19 mars 2020



Ô vénérable Père Nicéphore le Lépreux,



Tropaire (Ton 3)
Ô vénérable Père Nicéphore le Lépreux,
tes luttes et ta courageuse ascèse ont étonné les anges du ciel.
Comme un nouveau Job, dans la douleur,
Tu as enduré ta souffrance et rendu gloire à Dieu.
Et ainsi, Il t’a accordé une couronne resplendissante de miracles.
Réjouis-toi, ô guide des moines !
Réjouis-toi, ô prisme de lumière !
Réjouis-toi, ô fragrance délicieuse qui rayonne de tes reliques !


Kondakion (Ton 2)
Ô vénérable père Nicéphore,
fuyant la douleur et la corruption corporelle,
Soutien indéfectible des lépreux
Tel un cheval, tu galopas vers les cieux,
Et ton corps brillait dans sa maladie.
Comme un temple de Dieu brillamment éclairé,

Mégalynaire
Tu es une icône vivante de la vertu, et semblable par ta patience à Job ô Père, Tu supportas les afflictions, et tu fus agréable à Dieu, c’est pourquoi après ton trépas, tes reliques furent fragrantes.

Source: CLG Orthodoxologie.com


Au Feu !

Dans le monde, en ce moment, un seul sujet  alimente toutes les conversations : le coronavirus.  Il retient l’attention au point de faire oublier d’autres fléaux aussi dramatiques et d’en occulter d’autres, tels que la nouvelle crise économique dans laquelle nous sombrons, ou l’invasion des émigrés que le président Turc veut lancer à l’assaut de l’Europe .

N’ayez pas peur, je ne vais pas aboyer moi aussi avec les loups, et vous refaire le couplet des recommandations, ni vous prêcher l’angélisme. Je voudrais au contraire que nous sortions de ce cercle infernal.

Je dis bien infernal, ou plus exactement satanique ! Il est déjà loin dans nos esprits, le temps où brûlait Notre-Dame de Paris. Nous avions remarqué alors, à la manière spectaculaire dont se propageait l’incendie, que l’on percevait le doigt du diable qui intelligemment poussait le feu où il voulait, même contre les éléments naturels.

Si j’évoque la destruction de Notre-Dame, c’est parce que je vois à l’œuvre le même doigt diabolique  dans le phénomène de la pandémie qui nous atteint, conjointement à la crise économique dans laquelle nous plongeons ainsi que des drames humanitaires dont l’un des buts et de créer la victoire d’Allah sur notre Dieu Père-Fils et Esprit-Saint. Un combat titanesque se déroule sous nos yeux ! Les temps sont durs, certes, mais spirituellement parlant ils sont passionnants : l’Apocalypse, la Grande Révélation, se déroule sous nos yeux. Je ne peux ici relire pour vous tout le chapitre 13 du Livre de l’Apocalypse selon saint Jean où l’on voit le dragon se déchaîner contre la femme qui avait enfanté (La Mère de Dieu, l’Église) et le combat que lui livre l’Archange Michel. La bête immonde s’acharne désespérément sur le monde, elle rode cherchant qui et comment dévorer : persécutions, guerres, génocides, infanticides de masse, destruction des temples, emprisonnement et réduction au silence des « dissidents », encouragement à l’apostasie, tout y est : Mt 24,15+ « Quand vous verrez l’abomination de la désolation établie dans le lieu saint… Malheur… il y aura grande tribulation telle qu’il n’y en a point eu depuis le commencement du monde jusqu’à présent… Si ces jours n’étaient abrégés, nulle chair ne serait sauvée ; mais à cause des élus, ces jours seront abrégés… » et « Dans le monde vous aurez à souffrir, mais ayez confiance, j’ai vaincu le monde » (Jn 16,33). L’Apocalypse de Jean nous montre aussi la victoire finale du Christ sur la Bête et sur les faux prophètes au chapitre 19, et le Diable, le Satan enchaîné et définitivement vaincu. Donc ne perdons pas courage, ce sont les derniers temps du règne du Mauvais !

Regardez le résultat de la manœuvre diabolique : elle révèle l’absence de foi non seulement des États – mais ce n’est pas le rôle des Républiques démocratiques de promouvoir ou d’entretenir la foi en un Dieu vivant, bon, miséricordieux, proche des hommes et s’intéressant à eux ! Si nous avions la foi en Lui, nous nous dépêcherions de l’invoquer, nous courrions pour Le rencontrer avec la certitude d’être sauvés, et guéris. Loin de cela, les républiques athées et plus encore anti-chrétiennes, profitent (ou suscitent ?) de la psychose générale pour séparer les croyants de leurs Églises et de leurs saints. Des autorités ecclésiastiques elles-mêmes leur emboîtent le pas servilement. C’est une trahison, c’est une apostasie ! On croirait revivre l’épisode des « sans-culottes » qui adoraient la prostituée qui trônait pour tenir lieu d’icône de la Déesse Raison et devant laquelle officiait le « diable boiteux » qui lui rendait un culte blasphématoire, comme du temps de Néron ou de Caligula ! Les Chrétiens se laissaient alors égorger, brûler, écarteler, crucifier pour ne pas participer à ce culte impie !

Ben quoi, ce sont les États qui transfigurent le monde ou bien c’est l’Esprit-Saint dans l’Église qui illumine les habitants des États ? C’est la paille qui allume le feu ou la flamme qui illumine la paille ? C’est la lumière qui engendre la réaction chlorophyllienne ou la chlorophylle qui crée la lumière ? Le monde est à l’envers aujourd’hui ! « L’ange des ténèbres se déguise en ange de lumière (2 Cor 11,14) ». On entend, on lit, « N’allez pas à l’église c’est dangereux ». « Attention à la communion ; il y a des risques importants ». « Regardez la messe ou la Liturgie à la télévision… mais n’allez pas dans les paroisses pour la messe dominicale (on tolère encore les monastères, mais pour combien de temps, mais conjointement, on déconseille, voire on interdit aux fidèles de s’y rendre !). D’accord, pour la télévision, mais alors que l’on serve en guise de nourriture à la table de ces prêcheurs de bonnes solutions humaines des images de mets succulents comme la presse nous en sert en permanence, au lieu des repas consistants auxquels notre monde occidental s’est habitué et repus, oubliant d’ailleurs que ce n’est pas le cas de la grande majorité des populations de continents entiers. Vous croyez que les images de hamburgers, de rôtis et de sorbets vont nourrir la population ? Non bien sûr ! Alors qui pourrait nous faire accroire que le spectacle télévisé d’une Liturgie ou d’une messe va nous unir au Christ, nous manifester Sa gloire et celle de Son Père et réaliser l’unité de charité entre tous les membres du Corps pour nous conduire dans le Royaume que le Seigneur nous a promis ? Il faudrait être tombé bien bas dans l’athéisme pragmatique pour le prétendre !!! Bien sûr, ce sont les discours officiels que la « bien-pensance » et le ralliement au siècle forcent de prononcer ; heureusement il y a des voix discordantes, surtout chez les hommes de foi simple, droite et libre, les « pauvres selon Dieu ». Nous avons pourtant foi que Dieu sauve le monde, même au-delà de la mort !

Pourtant combien de fois Dieu n’a-t-Il pas protégé les hommes à travers la foi qu’ils manifestaient ? Car, nous le savons par les Évangiles, avant d’intervenir pour guérir des hommes, Jésus demande toujours un acte de foi « Crois tu que je puisse te guérir ? » … « Va, ta foi t’a sauvé », etc. Regardez par exemple : depuis les apparitions de la Vierge à Lourdes, chaque demi-journée, dans l’eau des piscines qui recueillent l’eau miraculeuse de la source jaillie sur les ordres de l’Apparition de centaines de malades atteints de toutes sortes d’affections parfois contagieuses sont plongés sans changer l’eau, certains même en boivent (il fut un temps, c’était même généralisé) et personne n’a jamais été contaminé. C’était un miracle permanent. Aujourd’hui, par mesure de précaution on ferme les piscines sur ordre de la hiérarchie ecclésiastique. Et même les sanctuaires !

De nombreux prêtres pourraient témoigner avoir donné la sainte communion par le moyen de la « Petite cuiller » liturgique à des malades graves, atteints du sida ou de l’hépatite B pourtant mortelle et n’ont pas été contaminés. La communion donne la Vie, pas la mort si elle est reçue avec humilité et foi !

Pourtant, Jésus a donné aux hommes de foi des moyens de subvenir aux détresses et aux maladies qui les accablent. Mais il faut au moins avoir la foi et Le rencontrer là où Il se manifeste. Nous avons le Sacrement de l’Huile Sainte, appelé aussi sacrement des malades. Beaucoup ont guéri de leurs maladies, beaucoup sont revenus à la vie grâce à Dieu par son intermédiaire. Nous venons de chanter il y a quelques minutes pendant la Divine Liturgie : « Déposons tout souci de cette vie pour recevoir le Roi de la gloire ». N’est-ce pas le moment de faire taire nos peurs rationnelles et scientifiques pour nous confier en Dieu ? La vraie partie de notre vie, le vrai niveau de notre existence ne se situe pas sur terre, mais « au ciel », dès maintenant, en même temps que notre enveloppe charnelle, elle, est sur terre. « Déposons tout souci de cette vie », avons-nous chanté, « pour recevoir le Roi de la Gloire » ici et maintenant pourrions-nous ajouter. Nous sommes bien censés croire que Dieu veut notre bien et qu’Il peut nous l’accorder. Évidemment, si on ne le croit pas, c’est qu’on ne croit pas en Dieu et alors, effectivement autant rester chez soi… où d’ailleurs toutes sortes de virus sauront quand même bien nous trouver.

Voyez combien le Seigneur est bon et nous propose le bien, même lorsque nous sommes tentés de ne plus y croire. Il ne nous abandonne jamais lors des épreuves que nous affrontons. Je vais vous raconter une histoire toute récente. Elle se passe ces jours-ci en Grèce, pays terriblement éprouvé aussi par l’athéisme, par une gouvernance « Bruxellienne », par une invasion d’immigrés, par une économie désastreuse depuis des années, et par la maladie actuelle. Donc en 1890 un certain Tzanakakis est né à côté de Chania, en Crête et devint coiffeur. Mais il contracta la terrible maladie de Hansen, autrement dit la lèpre. Les lépreux à cette époque fêtaient isolés dans l’île de Spinalonga par crainte de contagion. (Ça vous évoque peut-être d’autres situations analogues ?) Pour échapper au confinement, il partit pour Alexandrie où il reprit sa profession. Là, la maladie s’amplifiant, un prêtre orthodoxe l’aida à gagner l’île de Chios où il y avait une léproserie. Il avait 24 ans lorsqu’il y parvint. Là, dans une chapelle, il y avait une icône de la Mère-de-Dieu appelée « L’obéissante » qu’il affectionnait particulièrement. Il devint moine sous le nom de Nicéphore. Il vivait dans l’obéissance absolue à son père spirituel et la maladie ne cessait de se répandre dans tout son corps. Il avait pour obédience le jardin, mais priait beaucoup la nuit, avec force métanies. Il était aussi premier chantre dans la chapelle, et, la maladie l’ayant presque rendu aveugle, il chantait par cœur les offices.

En 1957 il arriva dans une clinique d’Athènes, parce que l’établissement de Chios venait de fermer. Jamais il ne se plaignait, alors qu’il était couvert de plaies et qu’il souffrait beaucoup ; il consolait même et rendait joyeux les autres malades qui souffraient, charisme dont Dieu le dota en réponse à sa patience et à sa foi. Il répétait toujours « Que le saint nom de Seigneur soit béni ». À 74 ans, le 4 janvier 1964, il remit son âme à Dieu. Depuis, il a accompli de nombreux miracles. Il a été canonisé le 3 décembre 2012 et on garde sa mémoire sous le nom de saint Nicéphore-le-lépreux.

Et voilà maintenant où je veux en venir en vous racontant brièvement son histoire : il y a quelques jours, saint Nicéphore le Lépreux est apparu à quelqu’un en Grèce et lui a dit : « Tous ceux qui, atteints du coronavirus, s’adresseront à moi avec foi, je les guérirai » ! Alors,  craindrons – nous ? Dieu ne nous montre-t-Il pas qu’Il ne nous abandonne pas ?

Nous avons aussi exposé à votre vénération l’icône du saint chirurgien et évêque Luc de Simféropol en Crimée. Saint Luc, qui vécut sous le joug bolchevique qui le persécuta tout au long de sa vie, est mort en 1961, c’est un contemporain de notre saint Nicéphore. Il  opère encore aujourd’hui des croyants qui lui demandent son intercession lorsque les chirurgiens ne peuvent plus rien. Nous en avons le témoignage direct par un ami du monastère qui a bénéficié de l’intervention du saint. Alors, faut-il fuir la présence de Dieu, le « Donateur de Vie » va-t-il nous communiquer la maladie et la mort si nous nous approchons de Lui par la communion et par notre « assemblée » (je rappelle que le mot grec « Ekklesia » qui a donné « Eglise » signifie « Assemblée » et qu’elle est le signe visible du Corps du Christ, et le lieu de la manifestation de Ses charismes !

Au contraire de ce qui se fait, nous devrions affluer en masse dans les églises par millions, et implorer notre Créateur et Seigneur de nous épargner et de nous aider à surmonter les épreuves qui nous attendent. Il le ferait !

Ces choses dites, je voudrais encore apporter quelques précisions :

D’une part : Dieu « sait » ce qu’Il fait ou ce qu’Il permet ou tolère ; rien ne Lui échappe et rien ne Lui est étranger. Aussi, TOUT ce qui advient, nous le savons et nous le croyons, sert à Dieu pour le salut des hommes, pour « l’avènement de Son Royaume », qui, nous devons le rappeler, « n’est pas de ce monde ». C’est Lui qui l’a dit ! La situation d’aujourd’hui ne fait pas exception. Dieu n’envoie pas le mal ni la souffrance, mais le Malin veut détruire les hommes en les séparant de Dieu pour leur mort. La résistance au mal et à la souffrance passe par la résistance au Malin, dont nous demandons à être délivrés dans la prière du Seigneur, le « Notre Père… » Donc la délivrance du mal est conditionnée par notre repentir, notre détermination à nous déclarer pour Dieu, à suivre l’ordre de la création telle qu’Il l’a organisée pour notre déification. Comment un monde qui exclut Dieu, où le meurtre de millions d’innocents, de victimes de guerres, d’esclavages de tous ordres sont montrés en idéaux, comment un tel monde pourrait-il apporter harmonie et bonheur ? Nous appelons par là le fléau sur nos têtes, non comme une punition divine, mais comme la conséquence de nos actes, le résultat de notre autodéification, notre recherche de satisfaction uniquement dans les « choses de ce monde », en faisant fi du bonheur de l’autre ! Notre crise actuelle, fut-elle provoquée par l’activité humaine, est peut-être une ultime chance qui nous est donnée de revenir vers le Père, après nous être nourris stérilement des caroubes réservées aux porcs dans notre dramatique exil où ne dilapidons notre héritage !

La sollicitation de l’intercession de saint Nicéphore ou de saint Luc, le recours aux Liturgies au cours desquelles nous sommes témoins du resplendissement sur terre, sur nous et en nous de la Gloire de Dieu, et non confrontés à la maladie, à la souffrance et à la mort, l’arme de la prière et du jeune en église, la requête du pardon divin par notre intime conversion et notre confession d’une foi vraie conjointement à celle de notre péché, sont le remède à nos maux physiques, psychiques et économiques. N’ayons pas peur, mais courons vers le Seigneur ! Et anathème à ceux qui pensent trouver leur refuge dans les moyens de ce monde ou dans le seul progrès scientifique !

De toute façon, notre salut est dans l’accession à l’Autre niveau d’existence, l’entrée dans le Royaume des Cieux dans lequel nous introduit la seconde naissance de la mort. Alors, somme toute, s’il n’est pas question de hâter la venue de notre dernier jour dans notre enveloppe corporelle, le moment de la quitter ne sera pas une catastrophe, mais bien une libération. Ce jour-là nous connaîtrons une joie indicible, celle que nous promet l’Évangile. Alors, si ce moment est provoqué par le « karcher à septuagénaires » que le Covid 19 semble être aux dires de certains, ce n’est pas un cataclysme. C’est peut-être le moment providentiel de remettre la mort à sa juste place dans notre vie, et de reconsidérer notre manière d’assumer cette dernière !

D’autre part, autant Dieu met à notre disposition le recours à l’intercession des saints par notre prière, par la vénération de leurs saintes icônes, par les cierges que l’on allume devant elles, car la lumière est l’image de la « Lumière du monde » qui est le Christ, il ne faut cependant pas utiliser les saints et leurs icônes ou leurs Reliques comme des amulettes. Ce ne sont pas des fétiches, des gris-gris ou des porte-bonheurs qui agiraient magiquement. La vénération des saints et des icônes n’a rien à voir avec la superstition ! Il doit y avoir une part de foi à la mesure de chacun, mais réelle. Voilà pourquoi saint Nicéphore ajoute « ceux qui s’adresseront à moi avec foi », c’est un rapport de cœur à cœur, une communion vivante et une communication vitale, même si elle est psychiquement peu consciente.

Enfin : des évêques orthodoxes en Tchéquie, en Slovaquie et en Crête refusent courageusement, et avec foi, d’obtempérer aux ordres athées d’interdire la participation des fidèles aux Liturgies et de communier selon le mode normal chez les Orthodoxes. (Suivant ces ordres, certains vont jusqu’à conseiller que chacun amène sa cuiller jetable à usage unique ; et où la jette-t-on après avoir communié ? J’ai vu à Paris vider l’eau théoriquement sanctifiée d’un bénitier, dans l’égout le plus proche sur la chaussée publique ! On peut se demander ce que croit celui qui fait cela du caractère sacramentel de cette eau dite « bénite » !).  Nous sommes solidaires avec ces hiérarques dissidents et nous espérons que beaucoup suivront leur exemple, jusqu’aux plus hautes sphères hiérarchiques de nos Églises. Ils sont menacés de prison, mais ils sont déterminés à en assumer le risque. Ils sont courageux ; ils se déterminent « pour le Christ. » On peut aussi se poser la question de l’enjeu réel de cette crise au point que l’on doive menacer de prison les contrevenants !!! L’unanimité des autorités et leur détermination laissent à penser à des desseins cachés. L’avenir nous répondra vite – et trop tard !

Je dois encore conclure que, par juste précaution autant que par obéissance, on doit aussi prendre les mesures d’hygiène recommandées par les autorités, sur lesquelles je n’ai pas besoin de m’étendre, car toutes les radios, tous les journaux, tous les magazines, toutes les « autorités » civiles et religieuses, tous les hommes et toutes les femmes politiques de quelque bord que ce soit en font état, « en boucle », à chaque heure qui passe. Puissent-ils être entendus, mais puisse aussi la voix des saints et de Dieu-Le Verbe être écoutée !

Car à Lui reviennent l’adoration et la gloire, dans les siècles des siècles !


N.B. Dans cette homélie, je ne remets pas en cause la réalité de la pandémie à laquelle nous faisons face, ni ne m’oppose aux mesures de protections hygiéniques recommandées, et, bien entendu, tout ce que je vous ai dit ne juge en aucun cas les personnes qui, en conscience, ne peuvent se rendre à l’église parce que leur santé, leur âge ou leurs infirmités ne le leur permettent pas. Je m’insurge seulement contre le manque de foi de ceux qui ne nous laissent pas la liberté de conscience de trouver réconfort et salut dans les Saints Mystères, et la célébration commune du Jour du Seigneur Lequel est donateur de vie, même à ceux qui l’ignorent. Si le virus n’est pas éradiqué d’ici Pâques, que fera-t-on pour fêter la Résurrection, sans laquelle « notre foi est vaine » ??? On parle d’un confinement de 40 jours, Pâques est dans cinq semaines : 35 jours !

Archimandrite Elie
Dimanche 15 mars 2020
Dimanche de Saint Grégoire Palamas