La vie quotidienne d'un diacre :
un travail invisible derrière
les portes closes de
l'autel
Auteur : Archidiacre Serhiy Heruk
Ce qui est caché aux yeux des paroissiens, la préparation de
la liturgie et les raisons pour lesquelles le diacre vient à l'église alors que
la ville dort encore.
Que savons-nous de la vie quotidienne d'un diacre ? En
règle générale, les paroissiens des églises et des monastères ont une idée des
fonctions d'un prêtre qui administre les sacrements à l'église et en dehors.
Mais quelles sont les fonctions d'un diacre, outre le fait qu'il assiste le
prêtre pendant les offices, récite les litanies et encense ? Les croyants,
en règle générale, l'ignorent. Je vais donc partager avec vous mon expérience de
diacre.
À propos
de ce qui est conservé dans l'autel
Malgré mon âge déjà avancé, je suis diacre depuis environ sept
ans, et au début, j'étais très soucieux de ne pas commettre d'erreurs
irréparables. Par exemple, en lavant le calice dans lequel, avec la crainte de
Dieu, j'avais eu la grâce de consommer les restes des Saints Dons – le Corps et
le Sang du Seigneur –, j'étais très inquiet : Dieu m'en préserve, qu'une
goutte ou une particule du Corps tombe sur l'autel.
De plus, le calice doit être lavé à l'eau chaude afin d'être
parfaitement propre, essuyé et prêt pour le prochain office, avec la cuillère
et la louche lavées. Il doit être recouvert d'un linge et rangé dans le coffre
où sont conservés tous les ustensiles liturgiques : calices de différentes
tailles, disques (assiettes à pied), couvercles multicolores, étoiles, linges,
lances et autres instruments liturgiques. En effet, lors d'un office à la
cathédrale, la communion des fidèles peut être donnée simultanément à partir de
quatre ou cinq calices. Et tous doivent être d'une propreté irréprochable.
Le Trône lui-même, où reposent le Seigneur et ses Anges, doit
également être en parfait ordre et en parfaite pureté, recouvert d'un
revêtement spécial (dans notre cas, il est en velours rouge), de même que
l'autel et le tabernacle, œuvre d'art, où sont conservés les Saints Dons,
préparés pendant le Grand Carême pour toute l'année en vue de la communion à
domicile pour les malades et les infirmes dont l'état ne leur permet pas d'être
au temple pour le culte.
En
passant devant une église en activité, nous faisons le signe de la croix : les
Saints Dons du Corps et du Sang du Seigneur y sont conservés.
Tous les vases liturgiques, ainsi que les Évangiles et croix
d'autel, les livres liturgiques et les ornements polychromes du Trône (selon
l'office) sont placés sous la stricte surveillance des diacres de la
cathédrale. Il est à noter que, lors des fêtes de la Mère de Dieu, le Trône,
les vêtements du clergé et les tentures des Saints Dons sont bleus ;
pendant la période pascale et les fêtes des martyrs, ils sont rouges ; les
jours des saints vénérables, ils sont verts ; pendant la période de Noël
et de l'Épiphanie, ainsi que les jours de commémoration, ils sont blancs ;
les autres jours fériés et en semaine, ils sont jaune doré.
J'ai passé plus d'une journée à étudier toute cet ordonnancement,
avec une certaine appréhension, afin de ne rien confondre et de bien m'en
souvenir. Au passage, je tiens à préciser que dans de nombreuses églises,
notamment rurales, le prêtre assume les fonctions de diacre. Et, croyez moi, il
porte un fardeau énorme, souvent mal rémunéré. Aussi, ceux qui aiment
s'extasier devant l'image du « prêtre bedonnant en Mercedes »
seraient-ils fort surpris et déçus.
Quand la
ville dort encore
Bien avant l'office du matin, alors que la plupart des
habitants dorment encore, le diacre ordonné se hâte vers l'église fermée (…)
Au passage, je tiens à souligner que le travail diaconal exige
non seulement des efforts physiques, mais aussi des efforts de prière.
Le soir, la veille de l'office, il est d'usage, à jeun, de
lire les quatre canons. Tôt le matin, outre les prières du matin, il convient
de réciter les prières avant la communion. Il est également important de bien
connaître le calendrier liturgique et les références liturgiques.
Lorsque le diacre, après avoir ouvert l’église, franchit le
seuil, il est accueilli dans la pénombre par un silence béni. Après trois
révérences, il revêt la soutane, allume les lampes, ouvre le coffre et commence
à préparer la proscomédie : il dispose sur l’autel tout le nécessaire à la
liturgie, vérifie l’Évangile du jour ainsi
que l’Apôtre.
Bientôt, (...).