L'épouse
du prêtre, un modèle de sacrifice dans la famille et la paroisse...
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Article du révérend
professeur docteur Ioan C. Teșu
– 8 mars 2026
Le ministère sacerdotal est la plus haute dignité qu'un homme puisse recevoir dans sa vie, fruit de ses efforts moraux, spirituels et intellectuels, et de l'appel de Dieu, confirmé par la bénédiction de son confesseur et l'ordination reçue de son hiérarque.
La maison où il vit et
travaille avec sa famille est un modèle de pureté, car le prêtre, la presbytera
et leurs enfants sont les exemples les plus admirables pour leur grande famille
– la paroisse –, confiée à leur mission de pasteur et de salut. Chaque bonne
action et chaque vertu cultivée par la famille du prêtre est une invitation aux
fidèles à suivre leur exemple, tout comme les moindres manquements et erreurs
dans la vie de sa famille peuvent avoir des conséquences morales dévastatrices
sur les pasteurs.
Évoquant l'amour d'un prêtre authentique, saint Païssios
l'Athonite considérait que le signe d'une vocation parfaite est la capacité
d'ouvrir son cœur à tous, afin de partager son amour avec chacun. Le grand
professeur Teodor M. Popescu affirmait quant à lui que le cœur du prêtre est le
plus vaste et le plus ouvert au monde, car il embrasse le cœur de tous : bons
ou mauvais, vertueux ou pécheurs, riches ou pauvres, simples ou savants. Pour
un tel cœur, rien de ce qui se passe dans l'âme de ses semblables ne lui est
indifférent. Tel un violon, le cœur du prêtre vibre à chaque joie ou peine de
son prochain. Il se réjouit du bien, il cherche à guérir les faibles, par amour
et pour le salut. À juste titre, il est notre père, notre ami et notre frère,
celui qui nous appelle, nous cherche et nous accueille avec un amour pur et
profond. Son seul intérêt, il le soupçonne de le rechercher, est notre bien et
notre salut.
Tout au long de sa vie et de son ministère pastoral, le prêtre est épaulé par sa famille, qu'elle soit « petite » ou « grande » : parents, épouse, enfants, proches, amis, paroissiens et fidèles dévoués. Chacun d'eux contribue à un degré différent, proportionnel à sa proximité spirituelle avec son père spirituel. Et sa première collaboratrice est son épouse, son « port » et son « havre » dans l'épreuve, son soutien et sa « source de joie » dans les moments de plénitude.
Notre théologie et notre spiritualité orthodoxes, fidèles aux
Écritures saintes et aux Pères de l'Église, développent le plus bel
enseignement concernant le rôle de l'homme et de la femme, des parents et des
enfants, dans la vie de chacun. Pour un mari croyant, son épouse représente la
plus belle grâce que Dieu lui offre, afin que celle qu'il a choisie embellisse
sa vie par l'amour, la chaleur, la délicatesse et la tendresse qui
caractérisent l'âme d'une femme et d'une épouse. De même, le mari constitue pour
sa « moitié » le plus grand don que Dieu puisse faire à une femme
vertueuse, afin qu'il puisse, lui aussi, embellir et fortifier sa vie par le
caractère, la fermeté, la force, la volonté et la constance propres à l'homme
et au mari chrétiens.
Le but de les accompagner, sur cette « mer de la vie », est de
rivaliser entre eux dans des actes de vertu chrétienne, pour la croissance
spirituelle de leur foyer et de tous ceux qui occupent une place dans leur cœur
tout entier.
Une telle famille est une véritable « église
miniature » ou
« église domestique », une antichambre du Royaume à venir et un
prélude au grand amour entre la créature et le Créateur. Et les enfants dont
Dieu bénit leur vie et leur foyer sont, comme en témoignait saint Jean
Chrysostome, « la plus grande bénédiction offerte au genre humain depuis
la perte de l’immortalité », « le réconfort » et le
« soutien » de la vieillesse, l’espérance de l’immortalité ou de
l’éternité.
Si ces belles exhortations conviennent à tous ceux qui
cherchent à donner à leur vie une haute signification spirituelle, elles
doivent pleinement caractériser la vie de la famille du prêtre, une famille de
sacrifice, dans laquelle mari et femme, parents et enfants, sont le plus
souvent appelés à sacrifier leurs désirs élémentaires, afin d'être un exemple
pour tous et digne d'être suivi.
« La
presbytera» - collaboratrice de son époux dans l'œuvre du salut
L'âme d'un prêtre peut aisément être comparée au rivage de la
mer. Rares sont les jours de grand soleil sans la moindre vague. Le plus
souvent, cependant, le rivage est constamment ballotté par les vagues, tantôt
plus douces, tantôt terrifiantes, à l'image des joies, moins nombreuses mais
surtout des peines, des souffrances et des larmes de ses semblables, qui
naviguent sur l'océan de la vie. Et le prêtre, tel un navigateur expérimenté,
doit rechercher et sauver chaque âme, l'embarquant sur le navire de l'Église,
dont le timonier n'est autre que le Seigneur Jésus-Christ lui-même, qui conduit
son navire – l'Église – à travers les vagues toujours plus hautes et plus
fortes de l'histoire, jusqu'au rivage bienheureux du salut.
«La
presbytera – le cœur de la famille et de la paroisse »
Un sage adage dit que l'homme est le « cerveau » d'une famille
et la femme son « cœur ». Ces paroles profondes ne trouvent peut-être nulle
part ailleurs un sens plus juste que dans une famille chrétienne, et plus
particulièrement dans la famille d'un prêtre.
En tous les moments de la vie, dans l’accomplissement pastoral
comme dans l’épreuve spirituelle, la « preoteasă » est pour le prêtre le premier et le plus
efficace soutien spirituel et philosophique, la première et la plus attentive
et responsable collaboratrice de sa paroisse. Tous les soucis, mais aussi les
joies, liés à la vie de la paroisse et des personnes qu’il sert, sont partagés,
souvent jusque tard dans la nuit, avant et après une humble prière au Père
céleste, pour éclairer leurs cœurs et leurs âmes, pour leur faire découvrir le
chemin du salut.
De même que la vocation sacerdotale est la condition
essentielle pour un prêtre dévoué, la vocation de presbytera est absolument
nécessaire pour une future femme de prêtre. Si la vocation sacerdotale signifie
une harmonie parfaite entre les qualités spirituelles et physiques, et la
grandeur du sacerdoce, la vocation de preoteasă quant à elle, est le lieu où la
soif et la faim les plus profondes du monde, les besoins spirituels et humains
de ses semblables, se rencontrent et s'unissent à son amour parfait. Le signe
d'une telle vocation est le service inlassable et constant de tous.
Il est également très important que la preoteasă aime Dieu et
l'Église, qu'elle ait une foi profonde, qu'elle respecte les prêtres et le
service sacerdotal, qu'elle ait acquis une formation intellectuelle et
religieuse de haut niveau, qu'elle soit une épouse, une mère et une maîtresse
de maison exemplaire, accomplissant fidèlement les commandements de Dieu dans
sa vie et celle de sa famille.
L'efficacité
de la « preoteasă »
travaillant de concert avec son mari et son père
Cette « preoteasă », par vocation et par sacrifice, qui
place la paix et le salut de ses semblables au-dessus de son propre confort,
devient une fille dévouée pour les paroissiens et les croyants plus âgés, une
sœur aimante pour ceux qui lui ressemblent, une amie intime et une âme chère et
précieuse pour tous. Durant les quelques instants d'absence du prêtre, absorbé
par sa paroisse, jusqu'au moment de la confession, elle est la première
personne vers qui chacun se tourne, à qui l'on se confie et auprès de qui l'on
trouve du réconfort.
Depuis mes études de théologie, j'ai souvent entendu dire que
la prêtresse représente, dans la vie et le ministère de son époux, la moitié,
75 %, voire la totalité de l'efficacité ou de l'impact de sa mission. Durant
mes années de service sacerdotal, j'ai pris conscience que chacun exerce
pleinement sa vocation et son œuvre, selon ses dons spécifiques. Mais chacun à
sa juste valeur, à cent pour cent. Le prêtre est appelé à se donner
entièrement, à ouvrir son cœur en tous points, afin d'en donner une part à
chacun. La preoteasă est elle aussi
appelée à un service et à un sacrifice semblables, à devenir un modèle sublime
de bonté et de vertu, afin qu'ensemble, prêtre et preoteasă, ils puissent
guider la grande famille – la paroisse et l'Église – sur le chemin du salut.
Ou, dans un registre profane, à la lumière de la vie et de la
vocation des nombreuses et dignes preoteasă que j'ai connues, je remets en
question le proverbe qui dit : « Derrière un homme prospère se cache
une femme forte. » À ma conviction, surtout lorsqu'il s'agit d'une épouse
chrétienne et plus particulièrement d'une preoteasă dévouée, ce dicton devrait être rectifié ainsi :
« Jamais derrière, mais à côté et souvent devant un mari travailleur, se
tient une femme qui se sacrifie. » Une épouse et une preoteasă qui s'effacent et dissimulent tous
leurs efforts, parfois difficiles et longs, afin de mettre en valeur l'amour et
la sollicitude de son prêtre pour tous, et par là, de témoigner ensemble de
l'amour infini de Dieu et de son désir de salut pour nous tous.
Source : Ziarul
Lumina
Petit commentaire :
Principe de réalité : on fait très
souvent comme on peu.. avec ce que l'on a. Surtout dans les pays qui ne sont plus de tradition chrétienne.
p.g
Les termes : « Maica preoteasă traduit par Mère prêtresse » n’existant pas en français ont été remplacé dans ce texte par presbytera ou preoteasă. Mais nous aurions pu aussi le traduire par : papadia ou encore matouchka. p.g