lundi 3 août 2026

 

Comment vaincre l’orgueil ?

 Je retiens : l’orgueilleux, s’il n’est brisé, ne peut être sauvé.

 

L’Adversaire – 

C’est une question fondamentale : si l’orgueil pouvait être vaincu, le monde ne serait pas comme il est. En effet Satan, l’archange de l’orgueil, agit dans le monde pour le conduire à sa ruine. Une précision s’impose. On confond souvent l’orgueil avec la vanité qui peut, en ce qui la concerne, être vaincue, corrigée et guérie. Saint Jean Climaque (Echelle 21 et 22) dit que l’orgueil est le produit achevé de la vanité.

La vaine gloire

Le vaniteux est très sensible aux éloges comme aux critiques. Les humiliations, les injustices et les critiques le font souffrir. Les flatteries et les compliments le font jouir. Il peut être guéri et sauvé d’une part s’il reconnaît son mal, d’autre part s’il accepte le traitement, quelquefois chirurgical, que lui fournissent les humiliations quotidiennes. S’il supporte celles-ci avec gratitude pour le Médecin, il connaîtra l’humilité, qui est la santé de l’âme. Encore est-il indispensable qu’il reconnaisse que ce Sauveur existe !

L’impassibilité

Pour l’orgueilleux, le traitement est plus difficile parce qu’il est invulnérable. Les éloges n’apportent rien au sentiment qu’il a de l’incomparable supériorité qu’il s’attribue. Les critiques n’atteignent en rien non plus cette conviction. Il n’écoute pas Dieu puisqu’il s’est fait lui-même la seule divinité qui l’intéresse. Il n’y a pas de dieu (cf Ps 13, 1). Il est insensible ; il est impassible : comment pourrait-il être vaincu ? Du reste les compliments et les critiques viennent de créatures humaines et angéliques que l’orgueilleux considère très inférieures à l’extrême qualité qu’il se trouve. L’amour ni la haine ne le touchent. La cruauté ni la compassion ne l’animent. Il est entouré d’objets.

Le corps

L’archange de l’orgueil est incorporel : comment l’atteindre ? La question de la conversion de Satan est insoluble. L’homme orgueilleux en revanche peut être atteint dans son corps. La douleur corporelle qu’il peut ressentir est le seul espoir de changement quoiqu’il se croie immuable. Une chute, dit saint Jean Climaque, une vraie défaite, la frustration du pouvoir qui le fait jouir de façon incorporelle, une maladie incurable qui l’affecte dans son corps : ici est le seul moyen de guérison et de salut pour l’orgueilleux. La perspective de la mort également peut l’affaiblir et lui faire rendre les armes quoiqu’il pense plutôt à la mortalité d’autrui.

L’arrogance

Du reste, l’orgueilleux est capable de tenir tête à la Divinité jusqu’en la mort même et encore au jour ultime du Jugement, comme le montre le Dom Juan de Molière. Devant le tribunal de l’insupportable humilité divine il fera l’arrogant. L’orgueil brave l’amour. La divinité qu’il a crucifiée ne l’émeut pas. Comment pourra-t-il être sauvé ? C’est la question de l’enfer interminable qui est posée ici. Mais la plupart des hommes est composée de vaniteux et les vrais orgueilleux sont très rares.

Je retiens : l’orgueilleux, s’il n’est brisé, ne peut être sauvé

(a.p. Marc-Antoine)

Source : Sagesse Orthodoxe