Que signifie l'expression
« gardez votre esprit en enfer
et ne désespérez pas » ?
Archimandrite
Zacharie Zaharou
Photo : Crina Zamfirescu
Qu'est-ce que l'enfer ? L'enfer est le lieu où Dieu est absent. Ainsi, si, face aux épreuves et aux difficultés de la vie, nous nous estimons dignes de ces souffrances, et peut-être même de souffrances plus grandes encore, jusqu'à l'enfer, nous recevrons la grâce de les endurer sans en être anéantis.
Pour comprendre simplement l'expression « garder l'esprit
tourné vers l'enfer et ne pas désespérer », il suffit de se
demander : qu'est-ce que l'enfer ? L'enfer est le lieu où
Dieu est absent. Ainsi, si, face aux épreuves et aux difficultés de la vie,
nous nous estimons dignes de ces souffrances, et peut-être même de souffrances
plus grandes encore, comme l'enfer, nous recevrons la grâce de les endurer sans
en être anéantis.
Dans une de ses homélies sur la Mère de Dieu, saint
André de Crète affirme que toutes les âmes des saints, c'est-à-dire des
fidèles, traverseront les tourments de l'enfer, non pour périr, mais pour
connaître par l'épreuve le mystère de la descente du Christ aux enfers. Car si
nous voulons connaître le Christ tout entier, totus Christus, nous
devons aussi embrasser cet aspect de sa vie et ainsi connaître toute la
longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de son chemin ( Éphésiens
3, 18 ), dont sa descente constitue une étape essentielle.
La souffrance est donc un moyen de sonder et de connaître la
voie du Christ. Mais n'oublions jamais que Dieu demeure éternellement béni et
que nous ne devons pas désespérer. Cette pensée nous donnera la force de nous
prémunir contre le péché. Dans le livre de Job, nous
trouvons ces paroles véritablement étonnantes : « Malgré tout
cela, Job ne pécha point » ( Job 1, 22 ).
Job ne pécha point, car dans toutes ses souffrances, il ne cessa de bénir
Dieu : « Béni soit le nom du Seigneur, dès maintenant et à
jamais », comme nous le chantons à la fin de la Sainte Liturgie.
(Archimandrite Zacharias
Zaharou ,
Éditions Doxologia, Iași,
2015, p. 80-81)
Source : Doxologia.ro