mercredi 15 avril 2026

 

Pourquoi se confesser une fois par mois ?


Ce qui est bon pour l’homme – 

Ne transformons pas la vie de l’Église du Christ en système de règles. Rien n’est obligatoire. Être chrétien non plus n’est pas obligatoire ! Ce que le Christ propose à ses disciples, ce sont, non pas des règles, mais des voies d’évolution et de croissance à sa ressemblance. 


Le sacrement de la confession, par exemple, est pratiqué de façon très différente suivant les Églises locales et même, à l’intérieur d’une même Église, suivant les régions. Dans certaines Églises, la confession a presque disparu ; dans d’autres, elle est associée rigoureusement à la sainte Communion.

La communion régulière

Là où la communion fréquente est encouragée, parce qu’elle est considérée comme la substance de la vie chrétienne, la confession sacramentelle est souvent encouragée également. Pourquoi ? – parce que le modèle de la démarche eucharistique se trouve dans la Semaine sainte et la préparation à la communion pascale. Chaque dimanche étant la célébration de la Résurrection, il est compréhensible qu’on s’y prépare – évêques, prêtres et laïcs – comme on se prépare à communier à Pâques. La dimension pascale de la vie chrétienne est bonne à rappeler de temps à autre. Et par la confession fréquente nous luttons contre la banalisation de l’expérience eucharistique.

Le souvenir des fautes

La régularité de la confession des péchés est ainsi proposée, non comme une règle, mais comme un bienfait, puisqu’elle entretient dans le cœur la conscience de la Résurrection manifestée en chaque baptisé comme miséricorde. Elle comporte l’avantage d’entretenir la mémoire. Que nos péchés soient pardonnés n’est pas un fait que l’on remet en question : ce miracle s’accomplit à la prière de l’Église et par le ministère pastoral. Mais notre intérêt est de nous souvenir de nos péchés, quoique nous espérions que le Seigneur pour sa part les oublie. Le souvenir des fautes qu’on a commises nous garde de les répéter et entretient en nous une sainte horreur du péché, ce qu’on appelle le repentir.

Entretenir le sens du péché

Certains fidèles suivent la confession sacramentelle chaque semaine, d’autres plus rarement : le rythme mensuel est conseillé par certains de nos anciens et de nos évêques, comme un minimum pour qui souhaite communier tous les dimanches, ce qui est tout de même normal. Au cours du mois, il se passe tellement d’évènements qui nous font frôler l’enfer, que nous souhaiterons nous confesser plus souvent. Et les prêtres observent que ceux, prêtres et fidèles, qui se confessent moins d’une fois par mois tendent à se confesser encore plus rarement et bientôt commencent à être insensibles au mal qu’ils font, qu’ils pensent ou qu’ils disent. En somme, le sens du péché s’entretient par la confession au moins mensuelle.

Demander pardon plusieurs fois par jour !

Nous parlons ici de la confession sacramentelle, célébrée à l’église et en présence du prêtre dont la charge est de transmettre le pardon que le Seigneur donne par la grâce des saints apôtres. Mais il est toujours utile de rappeler que l’aveu de nos fautes, l’expression de notre regret et la demande à Dieu d’en être pardonné ne sont pas mensuels : ils sont quotidiens ! Plusieurs fois par jour même nous nous tournons vers le Christ invisiblement présent par le saint Esprit et nous lui demandons pardon des fautes dans lesquelles nous venons de tomber : par exemple, « pardonne-moi le jugement, Seigneur Jésus, pardonne-moi ! » ; « garde moi de la convoitise, de la jalousie, etc. ! » – chaque fois que nous péchons ne serait-ce qu’en pensée, nous nous confessons directement au Seigneur – en perspective de la prochaine confession sacramentelle où nous attendrons du prêtre qu’il atteste que le Fils de Dieu nous a remis nos dettes. La lutte pour une vie sans péché est continuelle : elle est une tension ininterrompue vers le Royaume…

(a.p. Marc-Antoine)

3 septembre 2023

 

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La confession par téléphone

 

 Il n’y a pas à se scandaliser si des personnes confessent leurs péchés par téléphone, par sms, par courriel ou par courrier postal. Le Seigneur a inspiré à notre temps ces moyens de communication. Qu’Il soit béni ! En les utilisant, nous ne péchons pas plus que les premiers chrétiens qui prenaient les voies romaines pour annoncer l’Évangile !

Se confier

Nous pouvons ainsi nous confier les uns aux autres. Grâce à la prière, cette confidence sera sous le vol de l’Esprit. Nous allons téléphoner à notre père spirituel ? Disons cette prière : « Seigneur Jésus Christ notre Dieu, par ton saint Esprit, rends-moi digne de ton serviteur notre prêtre Untel. Inspire-lui les paroles utiles à ma conversion et à mon Salut ! » Et le prêtre qui écoute prie de son côté : Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends-moi digne de ton serviteur ou ta servante N… ; inspire-moi l’écoute, l’humilité, le souvenir de mes propres péchés et la grâce de lui parler en ton saint Nom ! »

Une différence

La « confession » est par définition la « reconnaissance » devant Dieu que nous eu tort, volontairement ou non, et nous avons pensé, parlé ou agi – ou pas agi ! – de sorte que nous nous sommes éloignés ou même séparés de son amour. Cela, nous pouvons le dire par téléphone et notre prêtre est là, pas si loin, pour entendre et pour attester devant Dieu la sincérité de notre repentir. Il est notre avocat devant Dieu et devant la communauté de l’Église. Peut-être pourra-t-il même prendre la responsabilité qui est de son ministère et nous donner la bénédiction pour communier dans un délai dont il aura le discernement. Mais il manque encore une dimension, pour que cet acte soit complètement le sacrement du divin pardon.

L’église

Tous les sacrements, ou « mystères », doivent être célébrés dans une église consacrée selon la foi orthodoxe. Il est vrai que, par économie, dans l’impossibilité de faire honnêtement autrement, il arrive que certaines de ces actions ecclésiales soient accomplies à l’hôpital, à la maison, ou en prison. De cette économie relève peut-être la bénédiction donnée sur les ondes pour communier… Toutefois, pour participer vraiment à l’expérience de l’Église et à sa tradition, il faut que le sacrement de l’absolution soit réalisé dans une église. Pourquoi ?

La communauté

L’absolution sacramentelle est un renouvellement du saint baptême. Elle exige la présence, même discrète, de la communauté baptismale. La confession et l’absolution sont accomplies dans la nef, au vu de tous, quoique ceux-ci ne puissent entendre : mais ils prient pour celui ou celle qui s’est présenté devant le Christ. La présence de la Mère de Dieu et des saints doit être attestée par la présence des saintes icônes. Enfin, la reconnaissance de nos fautes se fait devant l’Évangile et la Croix. Dans le meilleur des cas, elle doit être précédée par la prononciation du Symbole de la Foi. Et en tout cas, le contact corporel avec l’étole, le baiser corporel donné à l’Évangile, à la Croix, à l’Icône, à la main du prêtre qui est dans ce moment la main du Christ, sont indispensables. Le corps, le visage, participent, comme le suggèrent les péricopes évangéliques, à toutes les actions salvatrices du Christ invisiblement présent dans son Église – dans son église.

L’absolution

Il arrive à notre époque que le prêtre qui a entendu la confidence au téléphone dise au fidèle de se rendre à l’église et de demander de se part l’absolution au prêtre du lieu. Mieux encore, il téléphonera lui-même à ce collègue pour lui dire : « Cette personne s’est confessée avec sincérité ; je t’en prie, cher Père, dis pour elle la prière d’absolution et reçois-là à la sainte communion. »