samedi 31 octobre 2026

 

Le moine est un phare perché

au sommet des falaises.

Saint Païssios l'Athonite

 Le moine n'est pas une lanterne, placée au bout du chemin pour éclairer les voyageurs et les empêcher de trébucher. Il est plutôt un phare lointain, dressé haut sur les rochers, qui, de sa lumière, illumine les mers et les océans, guidant les navires vers leur destination, vers Dieu.

– Père, quel est le métier du moine ?

Le rôle du moine est de devenir un instrument du Saint-Esprit, d'affûter son cœur comme la feuille d'or des peintres. Tout son travail est empreint d'amour, à l'image de son cheminement spirituel guidé par l'amour de Dieu, qui porte en lui l'amour du prochain . Le moine contemple la souffrance de la société, son cœur en souffre, et il prie sans cesse avec ferveur, faisant ainsi preuve de miséricorde envers le monde par la prière. Certains moines aident les gens bien plus que le monde entier ne pourrait le faire. Un laïc, par exemple, offre deux oranges ou un kilo de riz à un pauvre, souvent par simple ostentation, et juge par-dessus le marché ceux qui ne donnent pas. Mais par son silence et sa prière, le moine, lui, apporte une aide inestimable.

Le moine ne conçoit pas de projets personnels pour l'œuvre missionnaire, mais avance sans plan préconçu, et Dieu le conduit alors vers Son plan divin. Si la mission est nécessaire, Dieu l'enverra d'une manière divine. Dieu ne demande pas aux moines d'aller dans le monde pour prendre les gens par la main et les aider à avancer, mais de les éclairer par leur vie, les guidant ainsi vers la vie éternelle. Autrement dit, le moine n'a pas l'obéissance d'aider le monde en étant en son sein. Il s'en éloigne, non par haine, mais par amour, et ainsi, vivant à l'écart, il l'aide par sa prière là où l'humain n'a pas d'autre choix que l'intervention divine. Par conséquent, le moine doit être en communion constante avec Dieu, pour recevoir des signes et montrer aux hommes le chemin vers Lui. (...)

Le moine n'est pas une lanterne, placée au bout d'un chemin pour éclairer les voyageurs et les empêcher de trébucher. Il est plutôt un phare lointain, dressé haut sur les rochers, qui, de sa lumière, illumine les mers et les océans, guidant les navires vers leur destination, vers Dieu.

(Vénérable Païssios l'Athonite , Paroles spirituelles. Volume II. Veillée spirituelle, traduit par Hiéroschimonk Ștefan Nuțescu, deuxième édition, Maison d'édition Evangelismos, Bucarest, 2011, pp. 353-355)

Photo : Tudorel Rusu

Source : Doxologia.ro