Nicée et
les « Andrapodistes
(Voleurs
d’hommes) :
Que se cache derrière l'invocation
de « l'unité » ?
Par le métropolite de Zaporijia, M. Luc
Ce qui s'est passé à Nicée (l'actuelle Iznik), la ville où le
Credo a été formé et où les saints Pères ont courageusement retranché toute
perversion de la vérité, devrait inspirer une sainte crainte et une profonde
responsabilité.
Chaque événement ecclésiastique qui se déroule en ce lieu doit
transmettre l'esprit du Credo de Nicée-Constantinople, non seulement dans sa
formulation, mais surtout dans la rigueur inébranlable de sa position face à la
Vérité.
Et pourtant, une ironie amère se dessine : le souvenir d'un
concile qui a scellé la vérité dogmatique orthodoxe sert aujourd'hui de
prétexte à l'estompement des frontières dogmatiques.
Le mot «
unité » devient une glose rhétorique pour des processus où la Vérité est absente.
Dans cette perspective, les paroles de l’apôtre Paul à propos
des « marchands d’hommes » (1 Tim. 1:10) acquièrent une acuité particulière :
ceux qui, invoquant l’autorité spirituelle, des formulations élégantes et des
justifications prétentieuses, conduisent les gens là où le Christ ne les a
jamais envoyés — à la captivité spirituelle et à la confusion.
Cela
soulève plusieurs questions cruciales :
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1. Pourquoi le patriarche Bartholomée cherche-t-il
l'union avec les catholiques romains sans faire d'efforts substantiels pour
rétablir l'unité au sein de l'orthodoxie ?
Si l’on s’intéresse véritablement à l’unité de l’Église, la
première tâche consiste à guérir le schisme orthodoxe interne, qui a pris des
proportions sans précédent depuis le Grand Schisme.
La réalité montre que ces actions ne visent pas à rétablir la
paix intérieure.
L’absence totale de toute mesure en vue du rétablissement de
la communion eucharistique entre les Églises locales est frappante. Sans cela,
toute référence à la « paix » est vaine.
Plus grave encore, il n'y a pas le moindre remords pour les
actions unilatérales et anticonstitutionnelles qui ont engendré la crise
actuelle.
Au lieu d'une humble volonté de réparer les torts causés,
cette même attitude est maintenue et même renforcée. Ainsi se dessine l'image
d'un plan qui ne vise pas la paix, mais la consolidation du pouvoir sous
couvert de « souci d'unité ».
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2. Pourquoi aucun effort n'a-t-il été fait pour
réunir toute la famille orthodoxe ?
Si un père cherche à se réconcilier avec des étrangers alors
que sa famille est divisée, des questions se posent naturellement.
Au sein de l'Église, cela constitue une violation de l'ordre
canonique. La synodalité n'est pas une théorie ; c'est la loi fondamentale
de l'Église. Aucune Église locale n'a le droit d'agir comme « première
sans égale ».
Les questions d'unité ne peuvent être résolues qu'en synode,
en présence et avec le consentement de tous. Toute action unilatérale est
généralement nulle et spirituellement nuisible.
Lorsque le patriarche agit en court-circuitant les autres et
en dissimulant cette pratique sous couvert d'un intérêt commun, nous sommes
confrontés à ce que les Pères appelaient le « masque de piété » : une façade de
spiritualité dissimulant une volonté de puissance.
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3. Pourquoi privilégier l'union avec les
catholiques plutôt que de préserver la synodalité orthodoxe ?
Les catholiques ne sont pas nos ennemis, mais le fossé
théologique persiste. L'ecclésiologie, la conception de la primauté, la
perception de la grâce, et même la conscience de soi de l'Église divergent.
Le Credo de Nicée est un fondement, non l'édifice tout entier.
Célébrer une « unité » qui n'existe pas est une imposture spirituelle.
L'unité sans la vérité n'existe pas.
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4. Pourquoi les initiatives actuelles sont-elles
dangereuses ?
Car ils entraînent le troupeau dans la confusion spirituelle.
Lorsque, en pleine crise interne, des gestes impressionnants
sont faits envers les catholiques, le message envoyé est que « la véritable
unité » se trouve en dehors de l'orthodoxie.
C’est ainsi que se crée un syndicat informel et non
officiel : par le biais de symboles, de déclarations communes, d’images et
d’une orientation.
Les contrefaçons n'attaquent pas de front ; elles
séduisent. Elles substituent la diplomatie à la clarté, les formules vagues à
la stabilité. Le spectacle l'emporte sur le fond et la cohérence s'érode.
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5. Que faut-il faire ?
Il n'y a qu'une seule réponse : un retour à l'esprit de
Nicée-Constantinople.
Revenons à la vigilance, au sérieux et à la précision des
Pères.
La première étape est le repentir pour les actions
unilatérales qui ont détruit la synodalité.
Il est donc nécessaire d'instaurer un dialogue synodal avec
toutes les Églises locales et de rétablir l'unité eucharistique. Sans cela,
toute démarche extérieure envers d'autres confessions est trompeuse.
L'événement de Nicée n'est pas un simple événement culturel ;
il marque un tournant. Et ce tournant ne mène pas à la synodalité orthodoxe,
mais à une nouvelle forme d'unité.
Les paroles de l’apôtre Paul résonnent aujourd’hui avec une
force renouvelée : les « tueurs d’hommes » sont ceux qui
asservissent la conscience de l’Église en substituant la diplomatie à la
vérité.
La
vigilance, la prière et le discernement sont nécessaires, car toute « unité »
n’est pas l’œuvre du Saint-Esprit.
Source : Romfea.gr