Aveu ou
pas ?
Archimandrite
Vasilios Bakoianis
Avouer ou pas ? /Photo: Crina Zamfirescu
Confier
ses problèmes à son père n'est pas une mauvaise chose, mais ce n'est pas une
confession.
Autrefois, la confession des péchés réintégrait l'Église. Le
péché mortel séparait de l'Église, tandis que la confession renouvelait ce
lien. Aujourd'hui, la confession n'a plus la même signification qu'à
l'origine. La plupart des chrétiens, surtout à la veille de Noël, de Pâques et
du Carême, se rendent au confessionnal sans être empêchés par des péchés graves
et mortels qui les priveraient de la communion. Il se peut cependant qu'ils
n'aient rien à dire au confesseur et qu'ils passent simplement pour recevoir
une bénédiction et communier. C'est devenu une habitude, une tradition, une
règle non écrite.
Bien sûr, il est bon pour les pénitents chrétiens d'aller se
confesser avant de communier, mais cela ne signifie pas la confession. Le
prêtre sage, cependant, saisira aussi cette occasion pour les exhorter à la
prière, au jeûne, à la fréquentation des offices, etc., à l'instar de Moïse,
voyant de Dieu, lorsqu'il recevait la visite des Israélites. « Quand un
différend survient entre eux, ils viennent à moi et je tranche entre eux ;
je leur enseigne les commandements de Dieu et ses lois » (Exode 18, 16).
Aujourd'hui, entre les corvées et la télévision, on a tendance
à refouler ses problèmes et ses soucis, à les garder pour soi et à les confier
à son confesseur dès que l'occasion se présente. On a pris l'habitude de
se confesser non pas à ses péchés, mais à ses problèmes : « Je suis
malade, je prends des médicaments, mon fils est au chômage, ma fille est
célibataire », etc. Se confier à son père n'est pas un mal en soi, mais ce
n'est pas une confession.
( Archimandrite
Vasilios Bacoianis ,
Le Confesseur et la
Confession , traduit du grec par le Père Victor Manolache, Maison
d'édition de l'Âme, Bucarest, 2012, pp. 33-35)
Source : Doxologia.ro