lundi 16 février 2026

 

Fonctions liturgiques et symboliques 

du vin dans l'orthodoxie


Felicia Dumas

Revue théologique de Louvain, 39, 2008, 394-409.

Nous comprendrons ici par « orthodoxie » la confession chrétienne qui, restée fidèle aux dogmes, au culte et à l'ecclésiologie fixés par les sept conciles œcuméniques du premier millénaire de son existence, est individualisée en tant qu'Église chrétienne d'Orient après le grand schisme (1054) d'avec l'Église d'Occident, fidèle à Rome. Nous nous rapporterons dans ce travail aux fonctions liturgiques du vin dans l'orthodoxie roumaine en particulier -celle que nous connaissons le mieux -, tout en précisant que ces fonctions et leur symbolique sous-jacente sont pratiquement les mêmes dans l'ensemble de l'orthodoxie.



Tout comme dans la confession catholique, le vin connaît dans l'orthodoxie une symbolique très riche qui engendre en l'étayant -une fonctionnalité liturgique assez complexe. Nous essaierons de la surprendre à quatre niveaux contextuels: les liturgies eucharistiques et la litie \ le sacrement du mariage; le rituel de la consécration des églises; les offices et rituels pour les morts. Comme on peut le voir, nous employons le terme « liturgie » dans son acception large: l'ensemble des prières et des offices, la littérature composée des livres liturgiques et des œuvres des écrivains qui ont disserté sur le culte, ainsi que les gestes et mouvements des acteurs liturgiques; nous réservons le syntagme « divine liturgie, ou liturgie eucharistique » pour désigner l'office central de l'orthodoxie, qu'on appelle en roumain « liturgie » tout court (liturgie).

La liturgie eucharistique

Le vin jouit d'une symbolique très importante dans le cadre rituel de la liturgie eucharistique, centrée sur la consécration des espèces, « le corps et le sang du Christ » représentés symboliquement par le pain et le vin présentés comme offrandes par le prêtre au nom de l'assemblée des fidèles. L'Église orthodoxe connaît quatre grandes liturgies: la liturgie eucharistique de saint Jean Chrysostome (la plus fréquemment célébrée), celle de saint Basile le Grand (célébrée dix fois par an), la liturgie de l'Apôtre saint Jacques (célébrée plusieurs fois par an à Jérusalem, dans le patriarcat d'Antioche et sur l'île de Zakynthos) et la liturgie des Dons présanctifiés. Trois d'entre elles sont célébrées dans les églises orthodoxes roumaines: celle de saint Jean Chrysostome, celle de saint Basile le Grand (une forme plus développée de la première) et la liturgie des présanctifiés, qui ne comprend pas de consécration eucharistique. À l'exception des dix jours de l'année où l'on célèbre la liturgie de saint Basile, de quelques jours aliturgiques et des jours du grand carême où l'on célèbre la liturgie des Dons pré¬ sanctifiés, la liturgie de saint Jean Chrysostome s'impose comme la plus connue et la plus populaire. Nous ferons donc référence à elle, en tant que représentante des liturgies eucharistiques. Nous nous rap¬ porterons également aux fonctions liturgiques et symboliques du vin dans la liturgie des présanctifiés, étant donné son caractère tout à fait particulier: les dons du pain et du vin n'y font pas l'objet d'une consécration eucharistique.

Au niveau de la liturgie eucharistique, la fonction principale du vin est de constituer l'offrande essentielle pour l'accomplissement de la consécration des espèces eucharistiques (dont il fait partie, à côté du pain) et leur transformation spirituelle, mystique, dans le corps et (dans le cas précis du vin) le sang du Christ. La nature des offrandes change par rapport à l'Ancien Testament et pendant la partie introductive de la liturgie eucharistique

-la proscomédie

-, les fidèles apportent au sanctuaire du vin et des prosphores, autrement dit du vin et du pain, considérés comme les aliments principaux nécessaires à l'existence de l'homme.

Du point de vue symbolique, le vin représente l'union de tous les membres de l'Église qui constituent un seul corps, union soutenue symboliquement par l'analogie avec les grains de raisin mêlés dans le pressoir pour obtenir le vin. Le vin apparaît donc plusieurs fois lors de la célébration de la liturgie eucharistique. Pendant la proscomédie (première partie de la liturgie eucharistique, qui se déroule dans une niche latérale du côté nord du sanctuaire, et qui consiste en la préparation des saints Dons: pain et vin), il est apporté comme offrande au sanctuaire par les fidèles et préparé par le prêtre afin de le transformer en dons bénis (avec les prosphores), qui seront consacrés pendant la liturgie des fidèles, lors de l'épiclèse. Autrement dit, les fonctions liturgiques du vin, étayées par une symbolique très riche que nous essaierons de surprendre, peuvent être relevées à plusieurs niveaux:

-un savoir-faire gestuel et rituel du prêtre-célébrant , qui le prépare en tant qu'offrande lors de la proscomédie, en versant du vin et de l'eau dans le calice, qu'il recouvre ensuite des voiles liturgiques, tout en prononçant la prière par laquelle il demande au Seigneur de bénir les offrandes ainsi présentées (car le vin est accompagné du pain découpé des prosphores2 et posé sur le diskos (3) ou la patène) et de se souvenir de ceux qui les ont apportées au sanctuaire. Du point de vue symbolique, le geste de découper le cœur -l'agneau de la prosphore -symbolise selon certains herméneutes liturgistes la nativité du Christ du sein de la Vierge Marie4, ou bien l'immolation du Christ sur la Croix5; le geste de verser du vin avec de l'eau dans le calice symbolise le moment de la crucifixion du Christ, très précisément le geste du soldat romain qui perce le côté de Jésus, d'où ont jailli de l'eau et du sang (Jean 19,34). Le voile (AEÏR) posé sur le calice symbolise le suaire dont le corps du Christ a été enveloppé pour sa mise au tombeau, tandis que le voile qui recouvre le diskos ou la patène symbolise les langes dont la Vierge Marie a habillé Jésus lors de sa nativité. La nativité et la crucifixion du Christ se trouvent ainsi réunies symboliquement lors du rituel de la proscomédie, en préfiguration du sacrifice eucharistique couronné par la résurrection. Quant au calice, rappelant la coupe que le Christ tendit à boire à ses disciples lors de la dernière Cène6, il évoque symboliquement sa passion et sa mort. La proportion de vin et d'eau versés dans le calice varie dans les Églises orientales. L'Église orthodoxe ne détermine pas vraiment la quantité d'eau, précisant seulement dans les euchologes1 que le célébrant doit verser un peu d'eau avec le vin. Par contre, elle insiste sur la symbolique de cette union, l'eau et le vin représentant l'eau et le sang qui ont jailli du flanc du Christ, lors de la crucifixion8; l'eau représenterait également l'essence et l'activité du don divin (9).

-un savoir-faire gestuel des fidèles-participants, qui apportent du vin en offrande pendant la proscomédie, contribuant ainsi à l'accomplissement du rituel eucharistique. De nos jours, dans les églises orthodoxes roumaines, le geste de porter des offrandes au sanctuaire pendant la proscomédie connaît une forme plus moderne, la dimension traditionnelle canonique de l'offrande étant sensiblement réduite et ne comportant presque plus de vin. Les offrandes traditionnelles comprenaient du vin et des prosphores

-pour le sacrifice eucharistique

-de l'huile pour les veilleuses, de l'encens pour l'encensoir, ainsi que les intentions de prières de ceux qui les apportaient-les dytiques.

La pratique contemporaine s'avère être plus pragmatique dans l'ensemble: lorsqu'ils se contentent d'apporter au sanctuaire une ou plusieurs prosphores, accompagnées d'un cierge allumé et des dytiques comprenant leurs intentions de prières, la plupart des fidèles cherchent davantage à obtenir une efficacité rituelle (par l'intermédiaire des prières prononcées par le prêtre pour ceux dont les noms sont marqués sur les dytiques) et moins une participation symbolique à l'accomplissement de l'eucharistie. Cependant, il y a encore -heureusement pour la survie rituelle et symbolique de la liturgie -des fidèles initiés qui portent du vin au sanctuaire comme offrande: du vin rouge ou blanc, plutôt sucré (en tout cas, pas aigre) et non mélangé avec de l'eau. Il n'y a pas de consignes spéciales en ce qui concerne les récipients: en général, il s'agit de petites bouteilles ayant contenu d'autres produits liquides achetés dans le commerce (surtout eau minérale ou soda). Avant 1989, il s'agissait de petites bouteilles en verre; les bouteilles en plastique, apparues par la suite, furent bientôt utilisées pour apporter le vin comme offrande. Pourquoi plutôt du vin rouge? Pour respecter la tradition fondée sur le récit évangélique de la Cène, qui décrit le rituel d'un repas pascal, pendant lequel Jésus n'a fait que reprendre les gestes traditionnels du père de famille, en bénissant le vin rituel judaïque, rouge et sucré, mélangé avec de l'eau. Cet argument historique invoqué pour l'emploi liturgique du vin rouge est souvent corroboré par un autre, d'ordre symbolique, la couleur rouge faisant référence au sang du Christ versé sur la croix. Néanmoins, le vin blanc est utilisé aussi pour l'eucharistie; il doit être -comme le vin rouge -biologique, obtenu donc de façon naturelle. Pour cette raison, les célébrants emploient du vin produit dans des domaines monastiques et étiqueté vin liturgique. À la campagne roumaine, les paysans apportent au sanctuaire de leur propre vin; dans les villes, les fidèles achètent de ce vin liturgique, produit sur des domaines monastiques. L'autre qualité requise du vin, le bon goût, légèrement sucré, a un double motif. Le premier est pratique: que les enfants qui, dans l'orthodoxie, communient dès leur baptême aiment le goût du vin; le deuxième est symbolique: que tous ceux qui communient aiment ce goût, selon les dires du psaume 33, chantés lors de la communion des fidèles: « Goûtez et voyez que le Seigneur est bon... ».

-la tradition, exprimée par un métalangage rituel ou plutôt par un métadiscours. Les fidèles l'apprennent par la catéchèse et les célébrants grâce à leur formation théologique. Ces derniers connaissent les fonctions liturgiques et la symbolique du vin grâce à leur familiarité avec les livres liturgiques et théologiques qui les décrivent en détail. Les fidèles y sont initiés par la catéchèse, par la tradition orale, par la lecture d'ouvrages de spiritualité orthodoxe et d'explication de la symbolique des rituels liturgiques.

Toujours au niveau de la liturgie eucharistique orthodoxe, on peut parler d'une autre fonction symbolique essentielle du vin, celle de se transformer mystiquement dans le sang du Christ lors de l'épiclèse, la prière de l'anaphore, de la consécration des saints dons, que le prêtre prononce en général à voix basse, derrière les rideaux fermés du sanctuaire pour suggérer l'importance du mystère: le Saint Esprit descend pour consacrer le pain et le vin, les transformant mystiquement dans le Corps et le Sang du Christ. Une fois la consécration finie, le(s) célé¬ brantes) commence(nt) à se préparer pour la communion; il bénit donc le vin qui se trouve dans le calice, y ayant déposé la parcelle avec l'insigne IC, ainsi qu'un peu d'eau chaude (le zéon), qui symbolise la chaleur du Saint Esprit, chaleur de la vie dont le Saint Esprit, lors de la résurrection, fait revivre les corps décédés. En même temps, il y a aussi une symbolique rituelle très pratique et concrète de ce mélange de l'eau chaude au vin eucharistique: au moment de la communion les fidèles ont vraiment le sentiment de consommer le sang vivant et chaud du Christ, qui -en ce moment précis où le temps liturgique actualise l'épisode biblique -jaillit encore de son côté transpercé par la lance du soldat. Ensuite, le prêtre célébrant communie au pain (qu'il a dans sa main droite) et au vin (à même le calice), et donne la communion aux fidèles. Les fidèles communient aux deux espèces eucharistiques, dans une cuiller proposée par le prêtre, qui contient des miettes des autres parcelles de prosphores déposées dans le calice (avec les insignes NI et KA) et du vin.

La symbolique est très forte, le vin représentant le sang du Christ versé pour la rémission des péchés et le salut de l'humanité. Communiant au sang et au corps du Christ, les fidèles deviennent « théophores »(10), en recevant le Christ dans leur être. De là, deux interdictions symboliques qui règlent la préparation spéciale requise par la communion: il faut communier à jeun et, une fois la communion reçue, ne pas manger tout de suite des choses profanes. Les fidèles consomment donc de Antidoron (11) et boivent une gorgée de vin, le pain bénit et le vin étant considérés comme des denrées saines et saintes, une espèce de seuil symbolique entre la nourriture spirituelle et celle terrestre, profane(12). Ainsi, outre sa fonction liturgique cen trale, celle de l'espèce eucharistique, absolument nécessaire à l'accomplissement rituel de la liturgie eucharistique et représentant mystiquement le sang du Christ, mis en Croix, mort pour la rémission des péchés, enseveli et ressuscité le troisième jour, le vin bénéficie également de la fonction de sanctification de l'humain par sa consommation, son ingurgitation rituelle. On le consomme en eucharistie et le corps humain, sanctifié, transfiguré, devient théophore.

Cette symbolique de représentation mystique du sang du Christ étaye aussi une autre fonction du vin, toujours de sanctification, mais aussi de guérison et de bénédiction, par la « contagion », le contact rituel (dans le cadre de la liturgie eucharistique, et à des moments précis de celle-ci), mais indirect, avec le calice qui le contient. Lors de la grande entrée -procession qui se déroule pendant la liturgie des fidèles (troisième partie de la liturgie eucharistique) -, lorsque le célébrant sort avec les saints dons, pour rentrer ensuite par les portes royales, certains prêtres touchent les têtes des fidèles avec le calice qu'ils gardent dans leur main droite, en signe de bénédiction et afin de leur faire part de la sainteté attribuée au calice qui contient le vin liturgique, d'en faire les bénéficiaires de la guérison et de la sanctification. Ce geste est repris une deuxième fois dans l'économie du scénario liturgique, avec la même fonction de diffusion symbolique d'efficacité rituelle, de bénédiction, de guérison, de sanctification, lorsque le prêtre invite verbalement les fidèles à s'approcher pour la communion: « Avec crainte de Dieu, foi et amour, approchez ». Normalement, le geste rituel des fidèles en réponse à cette invitation serait celui de s'approcher des portes royales pour recevoir la communion. Comme celle-ci est devenue rare dans l'orthodoxie roumaine, les fidèles communiant généralement quatre fois par an, pendant les carêmes qui précèdent ses grandes fêtes (Pâques, Noël, la Dormition de la Mère de Dieu, les Saints Apôtres Pierre et Paul), certains prêtres(13) accomplissent ce geste compensatoire de la communion, afin de faire partager aux fidèles les bénéfices rituels de la sainteté du vin consacré (à ce moment précis du scénario liturgique) contenu dans le calice. Précisons que dans l'un et l'autre cas, cette fonction symbolique est manifestée uniquement par le vin liturgique, le prêtre ne touchant jamais les fronts ou les têtes inclinés des fidèles avec la patène ou le diskos (sur lequel se trouvent les parcelles de pain eucharistique).

Pour la fête de Pâques -la plus grande fête de l'orthodoxie, la « fête des fêtes » -, le vin manifeste une autre fonction liturgique, toujours au niveau de sa consommation: un type particulier d'Antidoron, trempé dans du vin, ou aspergé de vin (selon la quantité requise par le nombre des fidèles), est distribué à la fin de l'office aux participants à la liturgie eucharistique. En l'absence de participation large à la consommation des espèces eucharistiques, participation conditionnée par le jeûne, la confession et l'obtention de la permission de communier de la part d'un père spirituel, on retrouve ici, par la consommation des espèces bénites, la fonction de sanctification de l'assemblée eucharistique symbolisée par l'ensemble des fidèles participant à la liturgie pascale, fonction doublée de celle d'identification en tant que membre spirituel appartenant au seul et unique corps du Christ représenté par l'Église.

On rencontre à peu près le même type de symbolique sous-jacente aux fonctions liturgiques du vin au niveau de la liturgie des présanctifiés. Celle-ci représente une combinaison rituelle des vêpres et de la liturgie eucharistique, avec néanmoins une différence significative: les espèces consacrées lors d'une liturgie eucharistique précédente sont gardées sur l'autel. En fait, seul l'agneau de la prosphore est consacré à l'avance, le vin n'étant soumis à aucune consécration spéciale. Il est seulement versé dans le calice, avec de l'eau, au début de la proscomédie, sans que ce geste d'offrande s'accompagne d'une prière de bénédiction de la part du prêtre; il est ensuite transporté dans le calice, lors de la grande entrée (par les portes royales), sur la table de l'autel, sans que le prêtre touche avec lui les têtes des fidèles. Par conséquent, ses fonctions liturgiques sont celles de l'offrande eucharistique, grâce au geste du prêtre qui le verse dans le calice, et de l'espèce eucharistique, par « contagion » dans le calice avec la parcelle IC (consacrée à l'avance), que le prêtre émiette avant sa communion personnelle.

Le vin liturgique est présent également dans un autre rituel, celui de la litie, un office incorporé dans les vêpres, sans existence liturgique séparée, et qui consiste en une série de prières de supplication, avec une bénédiction d'offrandes. Justement, parmi ces offrandes il y a du vin, outre de l'huile, du blé et du pain. Une fois bénits, le pain et le vin sont distribués à la fin de l'office aux fidèles-participants, le vin servant à asperger les morceaux de pain que le prêtre propose aux fidèles. La fonction liturgique du vin est donc celle d'une offrande apportée au Seigneur, au début de la litie, et d'une bénédiction rituelle, par sa consommation, sur le pain bénit, à la fin de celle-ci. Il n'y a aucune interdiction d'ordre alimentaire: les fidèles peuvent manger le pain aspergé de vin sans être à jeun.



Le sacrement du mariage

Le sacrement du mariage connaît également une symbolique du vin, qui étaye une fonction liturgique importante, celle de la communion symbolique des deux époux, lors du rituel, à un même verre de vin, qu'on appelle d'ailleurs, le verre « commun » du sacrement du mariage. Le vin est conservé dans un petit verre, posé sur une table dans la nef de l'église, l'endroit liturgique indiqué pour la célébration de ce sacre¬ ment. Il est béni par le prêtre par une simple formule de bénédiction, ce qui veut dire que la symbolique sous-jacente à cette fonction liturgique précise est contenue dans la symbolique générale attribuée au vin dans la tradition orthodoxe: d'une part, la joie et l'exubérance des noces, de l'autre, l'union des deux époux désormais invités à tout partager selon l'exemple du partage d'un même verre de vin, à affronter ensemble les joies et les chagrins de leur vie commune à venir (unité et indissolubilité du mariage). Après avoir bu le vin de ce verre commun, le prêtre leur fait manger aussi un petit morceau de pain (ou de brioche), en signe de communion spirituelle et d'union symbolique pour le reste de leur vie commune. Il est intéressant de noter la primauté du vin: toute cette symbolique est étayée par les significations attribuées au vin liturgique, auxquelles s'ajoutent par corroboration à peu près les mêmes significations symboliques concernant le pain. Le vin employé doit correspondre, par ses caractéristiques, au type de vin utilisé pour la liturgie eucharistique: biologique, de préférence rouge et légèrement sucré ou, en tout cas, agréable de goût. Pour le sacrement du mariage, il est conservé sur une table à usage rituel, non consacrée (à la différence de l'autel du sanctuaire), et dans un verre à usage domestique, qui se charge de symbolique spirituelle grâce à son contenu.



La consécration des églises

Le rituel de la consécration des églises orthodoxes suppose aussi un emploi liturgique du vin, précisément lors de la consécration de l'autel, l'endroit considéré comme le plus chargé de sainteté et de symbolique religieuse. L'évêque -le seul acteur autorisé à célébrer ce genre de rituel -asperge d'abord d'eau bénite le pied (ou le support central) de l'autel, à la base duquel sont emmurées des reliques de saint(e)s martyr(e)s, purifiant ainsi (sous la forme d'un baptême) de toutes connotations profanes l'endroit qui deviendra par la consécration le lieu le plus saint de l'église, symboliquement capable de supporter le sacrifice eucharistique; l'évêque continue cette opération de purification en lavant carrément avec de l'eau chaude et du savon l'ensemble de l'autel et en l'essuyant avec des éponges non seulement propres, mais neuves, réservées à cet usage. Le rituel de la purification augmente en intensité symbolique par le geste de l'évêque qui verse sur cette table de l'autel, en dessinant une croix, du vin mélangé à des essences de fleurs, en principe de l'eau de rose, geste repris -toujours de façon symbolique! -trois fois. Le vin acquiert donc une fonction liturgique de purification par excellence, sous-tendue par la symbolique spirituelle et mystique du sang purificateur du Christ, versé pour la rémission des péchés du monde, afin de laver le péché originel, sur le Golgotha, l'endroit de sa mise en croix. L'essence de fleurs ou l'eau de rose rappelle la bonne odeur spirituelle que doit exhaler l'autel qui, par ce rituel de purification doublé d'un rituel de bénédiction par des prières de supplication, devient l'endroit le plus saint de l'ensemble de l'église orthodoxe. Pour sceller cette consécration, l'évêque enduit de Myron, au centre et aux quatre coins, l'autel (qui sera par la suite recouvert de sa chemise blanche et de l’ antimenssion (15), aspergés au préalable d'eau bénite et bénis par des prières de bénédiction), le sanctuaire, ainsi que l'église tout entière (à des endroits codifiés du point de vue symbolique). Pour ce qui est des autres consécrations (vêtements, vases liturgiques, icônes, etc.), la fonction purificatrice est accomplie seulement par l'eau bénite et le Myron, le vin n'étant employé que pour la consécration de l'autel, dans la continuité donc de la symbolique du sang purificateur du Christ, versé sur le Golgotha.


Les rituels pour les défunts

Enfin, le vin se charge d'autres fonctions liturgiques dans le cadre du rituel de l'enterrement ainsi que de rituels auxiliaires qui concernent la mémoire des défunts et les prières pour le salut de leurs âmes (les pannykides (16)). Il s'agit en principe de deux types de fonctions, approximativement les mêmes que celles actualisées dans les autres contextes rituels. La première (selon le déroulement du rituel) est celle d'une offrande, portée devant le convoi funéraire qui va jusqu'au tom¬ beau du défunt. Le cortège est traditionnellement structuré comme suit: en tête, la croix du défunt (portée par un proche), ensuite le(s) porteur(s) des offrandes spécifiques à l'enterrement -les colyves (17) et le vin -, puis les drapeaux funéraires ecclésiastiques, les porteurs des couronnes de fleurs (s'il y en a), les porteurs des chandeliers, le prêtre et son chantre, le cercueil, enfin les parents du défunt et les autres participants. La signification symbolique des colyves est celle de la résurrection, soutenue par l'analogie métaphorique entre les grains de blé dont est fait ce gâteau rituel, porteurs du germe de la vie, et la vie ultérieure du mort, engendrée par la foi dans la résurrection des corps(18). Selon d'autres exégètes liturgistes, les colyves représenteraient le corps même du défunt, puisque le blé constitue l'aliment de base de l'homme(19). De même, le vin symbolise le sang qui coule dans le corps humain, le gardant ainsi en vie. En tant qu'offrande rituelle, il signifie la foi et l'espérance dans la résurrection. Dans la continuité de cette symbolique, il servira à enduire le corps du mort, le purifiant et le préparant de la sorte pour la résurrection (symbolique soutenue par une analogie supplémentaire entre le vin et le sang du Christ des espèces eucharistiques).

Nous voici parvenus à l'autre fonction liturgique du vin dans ce contexte, celle de purification rituelle. Arrivé devant la tombe, le prêtre célébrant verse un peu d'huile sainte et de vin, en dessinant le signe de la croix sur le défunt. Précisons que dans l'orthodoxie, le cercueil reste ouvert tout le long de l'office de l'enterrement, étant refermé juste avant sa descente dans le tombeau. Le geste de verser du vin est explicité du point de vue symbolique par le verset du Psaume que le prêtre récite pour accompagner sa gestuelle: « Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige » (Ps 50,8). Le vin a donc le rôle symbolique de purifier le corps du défunt des péchés commis pendant sa vie terrestre, afin de le préparer pour la vie éternelle. Une fois le cercueil refermé et descendu dans le tombeau, le geste de purification avec le vin est refait, le prêtre versant de nouveau un peu de vin et d'huile bénite sur le cercueil. Dans ce contexte rituel immédiat, la fonction de purification du vin est étayée par une signification supplémentaire, le vin représentant symboliquement les aromates qui ont servi à enduire le corps du Christ avant d'être enveloppé d'un linceul et mis dans le sépulcre (Luc 23,53). On retrouve également l'autre symbolique: la résurrection des corps pour la vie éternelle (lors de l'Avènement du Christ) et l'immortalité de l'âme, soutenue par l'analogie métaphorique avec le sang, source et essence de la vie humaine.

Lors des pannykides en l'absence du corps du défunt, si celles-ci sont accomplies sur le tombeau, le prêtre fera le geste de purification spirituelle en versant un peu de vin (apporté en offrande par les membres de la famille du défunt) sur la pierre tombale; ou bien, si l'office des pannykides a lieu dans l'église, après la liturgie eucharistique, il verse un peu de vin sur les autres aliments portés par les parents du défunt pour être ensuite distribués en aumône aux pauvres. Ce geste est actualisé aussi par les participants au repas organisé par la famille du défunt après l'enterrement: avant de boire du vin, certains en versent un peu à terre en mémoire du défunt, toujours dans la continuité d'une symbolique de purification de l'âme, dont dépend la résurrection du corps; ce geste, banni par l'Église (qui le considère comme porteur de significations païennes), se perpétue surtout à la campagne, lors des repas en plein air, pour ne pas salir l'intérieur des maisons. Soulignons encore que, pour actualiser toutes ces significations symboliques lors des rituels d'enterrement, la couleur du vin est obligatoirement rouge, pour rappeler la couleur du sang.

Le vin a encore une autre fonction liturgique, toujours à l'intérieur de ce paradigme rituel centré sur l'enterrement et la mémoire du défunt, à savoir celle de laver les ossements des corps déterrés sept ans après leur ensevelissement. Accepté par l'Église, ce rituel consiste à laver les ossements avec du vin et les enduire de Myron, afin de les déposer dans un petit cercueil, ou un petit sac de toile blanche, à côté de la dépouille d'un nouvel arrivant dans le tombeau. Cet usage est apparu surtout dans les villes où l'on commençait à se heurter au manque de places pour les tombeaux.

En tout état de cause, on peut remarquer la symbolique de purification qui sous-tend les fonctions liturgiques du vin au niveau de ce paradigme rituel centré sur l'enterrement et le repos des défunts. Si pour les vivants, pour les bénédictions de maisons, de vêtements ou d'objets liturgiques etc., on asperge d'eau bénite (symbole de l'eau du baptême qui fait renaître dans le Christ, qui rend immaculé du point de vue spirituel), pour les défunts, cette fonction purificatrice est détenue et accomplie par le vin, en vertu de son analogie symbolique avec le sang (source de vie et sang du Christ versé pour la rémission des péchés du monde et, en l'occurrence, pour le salut des âmes des défunts). Le vin est versé sur le corps du mort, sur son cercueil ainsi que sur ses provisions alimentaires (en signe de mémoire et de purification symbolique), dans l'espoir de la résurrection des corps ainsi purifiés par son contact symbolique et rendus à la terre dont ils sont originaires. C'est encore ce que montre un autre geste du prêtre: après la descente du cercueil dans la tombe, il jette une poignée de terre à l'intérieur de celle-ci.

Nous n'avons rien dit des récipients qui contiennent le vin destiné à ces fonctions liturgiques et symboliques dans le contexte de l'enterre¬ ment et des pannykides. Il s'agit de récipients « profanes » à usage domestique, des bouteilles, de moins en moins souvent en verre (comme dans le cas, signalé plus haut, du vin porté en offrande au sanctuaire lors de la proscomédie), en général en plastique: une vraie immersion du social et du profane dans le contexte rituel sacré. Vidées de leur contenu d'origine, lavées, elles deviennent propres à contenir le vin, dans une sorte de continuité symbolique de leur usage domestique, propre à la vie de l'homme, qui ne devrait pas changer au moment de la mort, celle-ci étant interprétée dans le sens d'une étape intermédiaire, précédant la résurrection dans le Christ, et donc, l'entrée dans la vie éternelle.

Conclusions

Nous avons mis en lumière la richesse symbolique qui étaye cet ensemble de fonctions liturgiques actualisées par le vin dans l'orthodoxie roumaine(20) (et dans l'orthodoxie, en général). Cette actualisation dépend strictement de la mise en œuvre de quelques conditions essentielles, propres à l'anthropologie religieuse: l'espace sacré, le temps sacré et le contexte rituel créé par la communication de type symbolique(21). Les fonctions symboliques du vin sont manifestées exclusivement à l'intérieur de l'espace sacré de l'église byzantine, consacré par un évêque afin de le transformer rituellement en demeure de Dieu, de la Sainte Trinité(22) ou, selon l'expression d'un philosophe roumain, en vase (au sens de récipient, de contenant) qui puisse recevoir le transcendant qui descend(23). C'est le cas de toutes les fonctions actualisées dans les contextes rituels de la liturgie eucharistique, de celle des dons présanctifiés, de la litie, du sacrement du mariage et du rituel de la consécration des églises, ainsi que des pannykides célébrées dans cet espace sacré. De plus, dans le cas de la liturgie eucharistique, la manifestation de la fonction liturgique de se constituer en espèce eucharistique consommée par le célébrant et les fidèles, dans le sang du Christ, est rendue possible du point de vue symbolique grâce à une autre coordonnée d'anthropologie religieuse: l'intégration dans le temps liturgique. Ce temps liturgique est un présent unique, contemporain du présent de l'existence historique du Christ, ouvert par la vertu du sacrement eucharistique vers le futur eschatologique. Par la remémoration de la vie du Christ, le « mimodrame liturgique »(24) ou le « jeu liturgique »(25) transforme les fidèles du XXIe siècle en contemporains de l'existence humaine du Christ, et en interlocuteurs dans le processus complexe de communication actualisé par ce rituel(26). En ce qui concerne les fonctions liturgiques du vin actualisées lors de l'enterrement, la symbolique qui les sous-tend est engendrée par le contexte rituel précis de l'enterrement orthodoxe. La fonction purificatrice du vin y va de pair avec l'efficacité rituelle du geste du prêtre de verser du vin sur le corps du défunt dans l'espérance de sa résurrection prochaine, afin de le préparer pour la vie éternelle. Le vin devient ainsi, par le biais d'un processus d'analogie métaphorique, une métonymie symbolique de la vie qui se répandra de nouveau dans les membres du défunt, lors de la résurrection espérée de son corps.

Dans la liturgie eucharistique, on remarque la même efficacité rituelle déclenchée par la consommation du sang du Christ, représenté symboliquement par le vin eucharistique. Pareillement, le vin, par un processus d'analogie métaphorique, devient une métonymie symbolique du Christ, de la Divinité, que les fidèles consomment, dans l'espoir de leur purification spirituelle, de leur sanctification, et de leur préparation pour le salut de l'âme. Ils deviennent ainsi théophores, porteurs du Christ, de la Divinité. L'écrivain roumain d'expression française Virgil Gheorghiu (qui était également prêtre orthodoxe) en parle dans ses Mémoires: « Après chaque communion, je me sentais non seulement lavé de tout péché, mais encore divinisé, car j'avais dans le corps le même sang que Dieu. J'étais le fils de Dieu par le sang. Je portais Dieu en moi. J'étais théophore, porteur de Dieu. J'ai compris pourquoi les fidèles sont transfigurés, beaux comme sous les feux de la rampe, quand ils sortent de la Divine Liturgie. C'est Dieu qu'ils portent en eux, dans leurs corps, et qui les illumine. »(27) En même temps, le prêtre devient celui qui garde dans ses mains le Christ, représenté toujours par une métonymie symbolique, par le pain et le sang eucharistiques: « Si on rencontre dans la rue un prêtre et un ange, il faut saluer d'abord le prêtre. Le prêtre transforme le pain et le vin en corps et sang du Christ. L'ange ne peut pas faire cela. Toi, prêtre, tu tiens Dieu dans tes mains, chaque dimanche »(28). La prise de conscience de cette isotopie symbolique engendre chez les fidèles, à la fin de la liturgie, le geste de vénération par lequel on embrasse la main droite du prêtre, celle qui opère le mystère eucharistique.

On peut donc remarquer la richesse symbolique assez impressionnante qui étaye les diverses fonctions liturgiques accomplies par le vin dans l'orthodoxie. D'abord, l'obtention d'une efficacité rituelle extraordinaire: par sa consommation sous la forme de la communion, les fidèles deviennent théophores, porteurs de Dieu, et les défunts -grâce à son contact purificateur -porteurs de l'espoir de la vie future, de leur résurrection. Ensuite, l'actualisation de la communication symbolique caractéristique du mimodrame liturgique: l'accomplissement du sacrement Eucharistique actualise l'unité de l'Église par la réactualisation de l'existence du Christ. Enfin, l'alimentation du sentiment religieux chez les fidèles: le geste du prêtre de toucher avec le vin contenu dans le calice les têtes des fidèles (lors de la grande entrée ou après l'invitation à la communion) les aide à gravir les échelons de leur avancée spirituelle vers le salut de l'âme. Nous sommes là en présence d'une symbolique et de fonctions liturgiques d'une richesse probablement sans équivalent dans le cas d'autres réalités alimentaires (pain, huile. . .) passées du paradigme profane au paradigme religieux de la vie spirituelle transfigurée par l'union avec le Christ.

RO -7001 10 Iasi, Felicia Dumas

Strada Nicolae Gane, 32 A. Maître de conférences

Bloc C2, et 2, app. 5 Université «Alexandru Ioan Cuza»

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NOTES :

1 Office incorporé dans les vêpres, sans existence liturgique à part, qui consiste en une série de prières de supplication et de bénédiction du pain aspergé de vin, du blé et de l'huile.

2 Petit pain rond, levé, utilisé pour la célébration eucharistique, fait de deux parties superposées qui symbolisent les deux natures du Christ et marqué d'une croix et de l'inscription ICHS NIKA (Jésus Christ vainqueur).

3 Objet liturgique, en forme de plateau, dont la fonction est de garder les parcelles de pain eucharistique, qui seront consacrées.

4 Ghenadie, fost episcop de Arge§, Liturgica sau explicatia serviciului divin, Bucure§ti, Tipografia Curtii, 1877, p. 80.

5 Henrik Paprocki, Le mystère de l'Eucharistie. Genèse et interprétation de la liturgie eucharistique byzantine, traduit du polonais par Françoise Lhoest, préface par Irénée-Henri Dalmais, Paris, Cerf, 1993.

6 Paprocki, Le mystère de l'Eucharistie, p. 200.

7 L'équivalent du Rituel, livre de prières à l'usage du prêtre, qui contient l'office de la liturgie eucharistique ainsi que différents autres offices sacramentels.

8 Vasile Mitrofanovici, Liturgica Bisericei Ortodoxe, Editura Consiliului Epa-rhial Român din Bucovina, Cernàuti, 1929, p. 529.

9 Idem, p. 244.

10 Littéralement, en grec, «porteurs de Dieu».

11 Fragments de pain bénit, coupés des petits pains d'où ont été extraites les parcelles consacrées au cours de la Liturgie et que le prêtre distribue aux fidèles à la fin de l'office eucharistique.

12 Traditionnellement, surtout dans les milieux monastiques, il s'agit de ce qu'on appelle les «ablutions», c'est-à-dire du pain et du vin mêlé d'eau chaude, que les fidèles consomment tout de suite après avoir communié.

13 Pas tous, car nous avons affaire dans ce cas à un geste liturgique autochtone, développé sur le terrain de l'orthodoxie roumaine, avec l'accord de certains prêtres-célébrants.

14 Huile consacrée, servant lors de la chrismation et d'autres consécrations d'églises, d'icônes, d'antimenssions.

15 Nappe qui repose sur l'autel pendant la liturgie et dans laquelle sont cousus quelques fragments de corps saints ; l'usage est d'y broder l'ensevelissement du Christ.

16 Office de l'Église en commémoration des défunts, célébré d'habitude entre le décès et les funérailles, ainsi que le troisième, le septième et le quarantième jour après le décès et aux anniversaires, aux jours fixés par l'Eglise (surtout certains samedis) ; à l'origine, cet office durait toute la nuit, comme une nuit de veillée avant la mise au tombeau.

17 Gâteau orthodoxe fait à base de blé et de fruits secs, mélangés souvent avec du miel, consommé à la mémoire des défunts.

18 Mitrofanovici, Liturgica Bisericei Ortodoxe, p. 895.

19 Ene Braniçte, Liturgica specialâ pentru Institutele teologice, Bucureçti, Edi-tura Institutului Biblic §i de Misiune al Bisericii Ortodoxe Române, 1985, p. 554.

20 Nous avons fait référence tout particulièrement à des gestes et des pratiques rituelles qui nous sont familiers, actualisés dans le cadre autochtone, roumain, de l'orthodoxi

21 D. Sperber, «La pensée symbolique est-elle prérationnelle ?», dans La fonction symbolique. Essais d'anthropologie réunis par M. Izard et P. Smith, Paris, Galli¬ mard, 1979, p. 27 : la communication se produit par le déclenchement, au niveau du destinataire, d'un processus d'évocation.

22 Simeon Sfîntul (dit «le nouveau théologien»), Tratat asupra tuturor dogme -lor credintei noastre ortodoxe, dupâ adevâratele principii puse de Domnul nostru Iisus Hristos §i de urmaçii sâi, Bucureçti, Tipografia Toma Teodorescu, 1865, p. 121. Voir aussi l'ouvrage du grand théologien roumain Dumitru Stâniloae : Spiritualitate §i comuniune în liturghia ortodoxà, Craiova, Editura Mitropoliei Olteniei, 1986, p. 46.

23 Lucian Blaga, «Transcendentul care coboarà», dans Spatiul mioritic, Bucureçti, Humanitas, 1994, p. 72.

24 Marcel Jousse, L'Anthropologie du geste, Paris, Gallimard, 1974.

25 J. Wunenburger, Le Sacré, Paris, P.U.F., 1981, p. 34 : «un jeu capable de réac¬ tualiser la vie de la divinité».

26 Felicia Dumas, Gest §i expresie în liturghia ortodoxà. Studiu sémiologie, pre-fatà de prof. Dr. Maria Carpov, la§i, Institutul European, 2000, p. 86.

27 C. Virgil Gheorghiu, De la vingt-cinquième heure à l'heure éternelle, Paris, Pion, 1965, p. 83.

28 C. Virgil Gheorghiu, Mémoires. Le témoin de la vingt-cinquième heure, Paris, Pion, 1986, p. 86.