mercredi 15 avril 2026

 

Obtient-on le pardon du Seigneur

en dehors de la confession sacramentelle ?


La paternité de Dieu

Le Seigneur connaît tout ce que la créature humaine pense, dit ou fait. Il bénit toute démarche de notre part qui nous rapproche de son amour paternel. Il se réjouit de la conversion de toute personne et Il a dit que les anges eux-mêmes se réjouissent pour le repentir d’un seul pécheur (Luc 15, 10). 


La personne qui, dans son cœur, ayant commis une faute, en demande pardon immédiatement à son Sauveur, lui est aussitôt agréable. Nos prières disent que notre Dieu est « un dieu de miséricorde, plein de bonté et d’amour pour l’homme ». Cela signifie que la disposition au pardon est une disposition permanente en Dieu, et c’est pourquoi nous lui donnons le nom de Père.

Le dieu révélé par Jésus Christ

Dire de Dieu qu’Il est « un dieu de miséricorde » est une façon d’identifier le dieu des chrétiens. Nous avons, par le saint Évangile, accès à une image de Dieu qui se trouve bien sûr chez les prophètes et dans l’ensemble des livres bibliques. Mais cette image magnifique et généreuse est révélée de façon éclatante par Jésus Christ : en tant que Fils de Dieu, c’est Lui qui a dévoilé l’amour de son Père (cf. Jean 12, 45 ; 14, 9). Nous avons, par le Christ, connaissance d’un dieu qui pardonne tout, toujours et à tous. Le Père céleste que nous fait connaître son Fils est dans une disposition naturelle à la miséricorde et au pardon. Seul celui qui se ferme au pardon en est privé ; en revanche, dès que tu ouvres ton cœur par le repentir, le pardon préparé pour toi te rejoint naturellement.

Le repentir

Le repentir est indispensable parce qu’il est la porte par laquelle la personne humaine peut connaître la miséricorde du Père. C’est pour cela que nous confessons nos péchés au sein de la démarche eucharistique : c’est une initiation à la miséricorde ; nous apprenons à ouvrir notre intelligence et notre cœur à ce qui est la manifestation la plus claire de la Divinité. Et la confession seulement formelle de nos fautes ne suffit pas ; la conscience morale ou mentale de nos péchés ou de notre état de pécheur ne pousse pas la porte merveilleuse du banquet de l’amour divin. Seul le repentir, ce regret douloureux des fautes qui nous ont séparés de l’amour divin du Père, du Fils et de l’Esprit, nous donne la connaissance expérimentale du Seigneur. Le rite n’est donc pas suffisant ; les sacrements ne sont pas efficaces par eux-mêmes : le Seigneur y agit et s’y révèle comme amour par son Esprit venu couronner notre foi et notre repentir.

Le témoignage des prêtres

Toutefois, le Seigneur Lui-même nous conseille de prendre un témoin de notre repentir et du pardon dont nous jouissons. « Allez, vous montrer aux prêtres » (Luc 17). L’attestation d’un témoin mandaté n’épuise pas le mystère du pardon. Mais il est doux d’entendre l’évêque ou le prêtre nous communiquer la voix du Seigneur : « va… tes péchés sont pardonnés… va, et ne pèche plus… » et toutes ces paroles vivifiantes que le Sauveur prononce dans l’Évangile. Dans le sacrement du déliement, l’Église agit par le ministère pastoral à la fois pour attester de ce que Dieu fait pour nous et pour être le porte-parole du Verbe – et Celui-ci agit par elle.

La prière de l’Église

La grâce du pardon, divine en elle-même, issue d’un dieu qui est pardon en Personne, est communiquée par la prière de l’Église. Celle-ci, en tant que Corps et Sang de Dieu fait chair, est l’instrument permanent de la miséricorde divine. Elle a le Verbe, le Fils de Dieu, pour tête, et le saint Esprit la comble par sa présence. Autant dire que le Père agit en elle et par elle par son Fils et son Esprit, ses « deux mains » (saint Irénée). L’Église est le lieu du témoignage de la présence invisible du Fils de Dieu ; elle est le lieu de la présence de l’Esprit par ses dons et ses énergies incréées ; elle est le lieu où s’accomplit ce miracle étonnant : ce que le ministère apostolique délie sur terre est délié dans les cieux (Matt. 16, 19 ; 18, 18 ; Jean 20, 23) !

« Pardon, Seigneur Jésus, pardon ! »

Dès que le saint Esprit nous le montre, confessons immédiatement notre péché, sans attendre de jouir du sacrement : « Pardonne-moi, Seigneur, j’ai jugé ! » ou j’ai jalousé, j’ai convoité, ou pire : j’ai prié formellement, j’ai fait l’aumône sans amour, je me suis flatté du bien que j’avais fait, comme un voleur, au lieu de le rendre à toi, Seigneur, qui en est la Source et l’Inspirateur. Regrettons nos fautes immédiatement, pour ne pas les laisser s’implanter en nous comme de méchants virus ! Nous serons immédiatement pardonnés à la mesure de notre repentir, et nous irons ensuite à l’église demander au prêtre de témoigner de la miséricorde du Père et de nous délier en son Nom.

(a.p. Marc-Antoine)

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Une confession 

La prière

« Devant le Seigneur je me tiens et je lui demande d’éclairer mon âme enténébrée : qu’Il me montre les souillures et les maladies de mon cœur et de mon esprit, tout ce qui m’empêche d’être en communion avec lui et de l’aimer comme mon Créateur et mon Sauveur. Mon cœur est tiède, presque froid, il n’y a pas beaucoup d’amour en moi car tout mon intérêt est tourné vers moi-même. C’est moi qui suis assis sur l’autel de mon cœur ; j’en ai chassé le Seigneur. Je me vautre dans la paresse et la négligence, prétextant ma fatigue et mes douleurs pour ne pas travailler à retourner vers le Paradis.

Le découragement

« Souvent j’essaye de changer cela et alors mon âme est écrasée par le découragement : depuis tant d’années le Seigneur m’appelle et me montre sa miséricorde, et je suis toujours paralysé par les liens invisibles de l’amour de moi-même ; je suis dans l’incapacité absolue d’aimer Dieu et mon prochain, ni moi-même, d’ailleurs, dont je n’ai pas vraiment compassion. La constatation de ma misère, de ma nudité totale, de l’horreur de ma maladie intérieure – c’est comme un ver qui m’habite et me ronge – sont une telle insulte à ma vanité que je ne peux accepter d’être ainsi ; j’invente alors des substituts pour cacher la réalité : avec une piété hypocrite, des larmes de dépit, une certaine jouissance d’être victime comme si c’était là la réalité de mon être.

L’ingratitude

« Je confesse par-dessus tout mon ingratitude à l’égard de Dieu : depuis mon enfance, Il m’appelle, me montre sa bonté et sa douceur, sa longanimité ; Il me comble de ses richesses et même Il m’a fait voir le resplendissement d’un de ses saints. Et moi je continue de me complaire dans la vision de ma misère. Comme si je préférais cette malheureuse vision qui est celle de mon âme et de mon corps, à la vision de la gloire du Seigneur qui est ressuscité et qui veut me sauver. C’est insensé et stupide, ce choix ; mais j’ai peur, en me tournant délibérément vers le Seigneur, d’oublier le souci de mon âme et de ne pas répondre à son appel quand Il nous dit : Repentez-vous…

L’indifférence à autrui

« La conséquence de tout cela est ma froideur, mon insouciance à l’égard des autres. Il n’y a pas en moi de réelle compassion – quand mon cœur s’ouvre un peu à mon prochain, il retourne très vite à sa propre faute, au mal qu’il a fait à la multitude des gens que j’ai croisés depuis ma jeunesse. La souffrance de mes proches me ramène à mon péché. J’ai conscience d’avoir grandement nui à beaucoup de gens, par ma vanité, le jugement de mes frères, la jalousie, l’ingratitude, l’agacement. Toutes ces paroles, ces regards, ces pensées méprisantes ont détruit mon entourage. Je sais que Dieu les aide et les aidera, mais aujourd’hui je demande sincèrement le pardon pour chacun d’entre eux, les morts et les vivants. La liste est innombrable.

Demande de pardon

« Si le Seigneur veut m’enlever la vie – car c’est vrai que j’occupe la terre inutilement – je te supplie, toi mon prêtre, mon père, et si j’osais : mon ami et mon frère, prie le Christ qu’Il me pardonne, qu’Il me lave entièrement, qu’Il fasse disparaître les multiples blessures que j’ai infligées, à toi et à tous, et qu’Il fasse resplendir la lumière de sa face dans nos cœurs affligés. Pardonne-moi et prie pour moi… »

 

 

Source : Sagesse Orthodoxe