Quelle
est l'odeur de votre foi ?
À l'occasion de la commémoration
de la Nativité de saint Nicolas le Thaumaturge
Je vous félicite à l'occasion de la fête
de la Nativité du grand saint Nicolas, thaumaturge .
Le Christ est parmi nous, chers lecteurs !
Aujourd'hui [11 août], nous commémorons non seulement le jour
de sa naissance terrestre, mais aussi tout le mystère de sa sainteté, qui a
imprégné sa vie d'un parfum céleste – ce parfum même du Christ dont l'apôtre
Paul parlait aujourd'hui : « Car nous sommes pour Dieu la bonne odeur
du Christ, aussi bien pour ceux qui sont sauvés que pour ceux qui périssent :
pour les uns, nous sommes une odeur de mort qui mène à la mort ; pour les
autres, une odeur de vie qui mène à la vie » (2 Corinthiens 2,
15-16).
L'apôtre nous livre une image saisissante que ses
contemporains comprenaient. Dans l'Antiquité, lorsque le général romain
triomphant revenait d'une bataille victorieuse, un encensoir fumant ouvrait la
marche du cortège. Cette douce fumée était pour les vainqueurs le parfum de la
vie, du triomphe et de la joie. Mais pour les captifs enchaînés qui fermaient la
marche et attendaient leur exécution, cette même odeur annonçait une mort
inéluctable.
Saint Nicolas est devenu ce parfum vivant du Seigneur.
Pourquoi la sainteté produit-elle un tel double effet ? Le parfum spirituel
n'est pas qu'une belle métaphore. Il est la présence de la grâce divine dans le
cœur humain. Lorsqu'une personne purifie son âme par le repentir, lorsque son
esprit se tourne sans cesse vers Dieu et que son cœur est empli de miséricorde,
elle rayonne du Christ. Saint Nicolas ne recherchait pas la gloire humaine ; il
dissimulait ses bonnes actions, jetant la bourse d'or par la fenêtre de ceux
qui en avaient besoin, à la faveur de la nuit. Mais la grâce ne peut
être cachée. Elle pénètre les ténèbres et transfigure manifestement le monde
qui l'entoure.
Pour le cœur pécheur qui, pourtant, a soif de correction, la
rencontre avec cette sainteté est un véritable baume pour la vie , et
de là naît l'espérance. La sainteté inspire, guérit et nous appelle à la bonté.
Elle prouve que l'Évangile n'est pas un idéal lointain, mais une réalité
accessible à chacun.
Mais pourquoi l'apôtre a-t-il dit que ce parfum pouvait
devenir une odeur de mort ? La lumière divine, reflétée dans les
saints, ne tolère aucune neutralité. Lorsque la pure sainteté de saint Nicolas
rencontre l'orgueil, la tromperie et un péché non confessé, elle révèle toute
l'horreur du péché. Celui qui s'est endurci dans le péché et refuse de changer,
au contact de la sainteté, n'éprouve pas la joie, mais le jugement implacable
de sa propre conscience. La pureté lui devient insupportable. C'est pourquoi la
réprimande de saint Nicolas envers les impies suscitait soit un profond
repentir, soit la fureur. La lumière expose les ténèbres, et ceux qui aiment
les ténèbres se condamnent eux-mêmes à la mort spirituelle.
Mon
bien-aimé, le jour de la Nativité de Saint Nicolas, chacun de nous devrait se
poser une question importante : « Quel est le parfum de ma vie ? »
Que se passe-t-il dans notre cœur lorsque nous sommes avec nos
proches, face à l'injustice, ou seuls avec nos pensées ? Rayonnons-nous de
douceur, de
patience , d'amour et de pardon ? Ou
bien répandons-nous l'odeur nauséabonde de l'égoïsme , des
murmures, du jugement et de la colère ?
Nous portons le nom de chrétien, et cela signifie que nous
sommes appelés à perpétuer le parfum du Christ dans un monde étouffé par la
colère et l'indifférence. Ce monde a soif d'une gorgée de vie pure et sainte.
Saint Nicolas nous montre que le chemin vers ce parfum est fait de petits pas
sûrs : la charité secrète, la prière sincère pour ceux qui nous offensent,
la retenue des paroles blessantes et la fermeté dans la vérité de Dieu. Par les
prières du saint hiérarque et thaumaturge Nicolas auprès du trône de Dieu pour
chacun de nous, puissions-nous recevoir le don du renouveau spirituel. Que le
Seigneur purifie nos cœurs, afin que nos vies aussi deviennent un parfum
agréable à Dieu, apportant à ceux qui nous entourent non pas l'amertume et la
mort, mais la lumière, la joie et la vie éternelle.
Métropolite Luc (Kovalenko) de
Zaporozhye et Melitopol
Traduction par OrthoChristian.com
Source : Télégramme