lundi 23 mars 2026

 

Bienfaits spirituels des maladies, des médecins et des médicaments

Par l’Ancien Aimilianos de Simonopetra

 



« Un homme sensé ne les méprisera pas » (Siracide 38).
 

Ainsi, lorsqu'une personne refuse de prendre des médicaments ou de consulter un médecin, quelle que soit sa maladie, elle révèle son individualisme forcené, ou bien elle se sent coupable et cherche à dissimuler sa souffrance. De même, si vous demandez à quelqu'un de venir et qu'il ne se présente pas, puis que vous le redemandez sans succès, vous vous dites qu'il a forcément fait quelque chose, qu'il se passe quelque chose. Il en va de même pour quiconque, gravement malade physiquement et surtout mentalement, déteste les médicaments ou les drogues. C'est un homme insensé, car il est dit : « Un homme sensé ne les méprisera pas » (Siracide 38). C'est un homme ou une femme insensée (e), incorrigible, impénitent (e), indifférent (e) à Dieu, ne se souciant que de son corps et de son âme rongée par les vers, comme bon lui semble, pourvu qu'il puisse atteindre le rivage. Mais la médecine et les médecins démontrent que nous confions la gestion de notre existence à Dieu, que nous ne sommes pas maîtres de nous-mêmes.

De plus, le médecin et les médicaments nous rendent humbles, car aller chez le médecin ou prendre des médicaments est une véritable épreuve. Nous aspirons tous à la santé, au bien-être, au confort. Le confort n'est pas un gage de santé, mais un facteur de maladie mortelle. Je me sens à l'aise avec l'argent, avec un bon fauteuil, avec un lit moelleux, avec une maison aérée. Autant d'éléments qui ne me permettent pas de vivre pleinement, en accord avec la vie. Même les médicaments et le médecin témoignent de mon obéissance, de ma soumission à l'autre, à ce qu'il me dit. Savez-vous combien la maladie est précieuse lorsqu'elle nous conduit à l'obéissance ? Elle nous ouvre les yeux.

Ne vous confiez jamais à quelqu'un qui n'a jamais été malade ou qui n'est pas malade, car il n'a pas encore connu l'humilité. Ne confiez même pas un cheveu tombé de votre tête à un homme qui n'a pas fait preuve d'humilité ; il vaudrait bien mieux vous confier à vous-même. Interrogez toujours celui qui est encore en bonne santé. Au contraire, la maladie, fruit de la patience divine et qui nous humilie, révèle l'œuvre de Dieu en nous. Car, en vérité, la maladie est une œuvre de Dieu. De même qu'on pétrit la pâte, qu'on façonne le Christ en s'accrochant à la pierre, en la travaillant, ou encore qu'on crée une magnifique Panagia, de même le Christ nous saisit par la maladie, par le médecin, par le remède, par l'obéissance – et surtout par la souffrance – et œuvre en notre âme.

La maladie est donc la conséquence du péché et de l'égoïsme de l'homme, mais Dieu, « le mal qu'il transforme en bien », l'utilise pour engendrer la vertu et l'éternité.

 

(Source : Extrait du livre Προσμο Θεο .

Traduit par John Sanidopoulos.)