Bienfaits
spirituels des maladies, des médecins et des médicaments
Par l’Ancien Aimilianos de Simonopetra
Ainsi, lorsqu'une personne refuse de prendre des médicaments
ou de consulter un médecin, quelle que soit sa maladie, elle révèle son
individualisme forcené, ou bien elle se sent coupable et cherche à dissimuler
sa souffrance. De même, si vous demandez à quelqu'un de venir et qu'il ne se
présente pas, puis que vous le redemandez sans succès, vous vous dites qu'il a
forcément fait quelque chose, qu'il se passe quelque chose. Il en va de même
pour quiconque, gravement malade physiquement et surtout mentalement, déteste
les médicaments ou les drogues. C'est un homme insensé, car il est dit : « Un
homme sensé ne les méprisera pas » (Siracide 38). C'est un homme ou une femme insensée
(e), incorrigible, impénitent (e), indifférent (e) à Dieu, ne se souciant que
de son corps et de son âme rongée par les vers, comme bon lui semble, pourvu
qu'il puisse atteindre le rivage. Mais la médecine et les médecins démontrent
que nous confions la gestion de notre existence à Dieu, que nous ne sommes pas
maîtres de nous-mêmes.
De plus, le médecin et les médicaments nous rendent humbles,
car aller chez le médecin ou prendre des médicaments est une véritable épreuve.
Nous aspirons tous à la santé, au bien-être, au confort. Le confort n'est pas
un gage de santé, mais un facteur de maladie mortelle. Je me sens à l'aise avec
l'argent, avec un bon fauteuil, avec un lit moelleux, avec une maison aérée.
Autant d'éléments qui ne me permettent pas de vivre pleinement, en accord avec
la vie. Même les médicaments et le médecin témoignent de mon obéissance, de ma
soumission à l'autre, à ce qu'il me dit. Savez-vous combien la maladie est
précieuse lorsqu'elle nous conduit à l'obéissance ? Elle nous ouvre les yeux.
Ne vous confiez jamais à quelqu'un qui n'a jamais été malade
ou qui n'est pas malade, car il n'a pas encore connu l'humilité. Ne confiez
même pas un cheveu tombé de votre tête à un homme qui n'a pas fait preuve
d'humilité ; il vaudrait bien mieux vous confier à vous-même. Interrogez
toujours celui qui est encore en bonne santé. Au contraire, la maladie, fruit
de la patience divine et qui nous humilie, révèle l'œuvre de Dieu en nous. Car,
en vérité, la maladie est une œuvre de Dieu. De même qu'on pétrit la pâte,
qu'on façonne le Christ en s'accrochant à la pierre, en la travaillant, ou
encore qu'on crée une magnifique Panagia, de même le Christ nous saisit par la
maladie, par le médecin, par le remède, par l'obéissance – et surtout par la
souffrance – et œuvre en notre âme.
La maladie est donc la conséquence du péché et de l'égoïsme de
l'homme, mais Dieu, « le mal qu'il transforme en bien », l'utilise pour
engendrer la vertu et l'éternité.
(Source : Extrait du livre
Προσμοὴ Θεοῦ .
Traduit par John
Sanidopoulos.)