lundi 13 juillet 2026

 

Les funérailles d’un chrétien orthodoxe 

m’étonnent


Dans son repos, le défunt chrétien rayonne souvent de beauté. Nous contemplons son visage quelquefois déjà transfiguré: « Je suis l’icône de ta gloire ineffable, bien que je porte la marque du péché ! » Tous, y compris les enfants, sont invités à vénérer en lui l’image de Dieu.


La personne – 

Ce qui surprend, c’est, dans l’église, le cercueil ouvert, surprise désagréable pour certains : la mort suivant la mentalité du monde est plutôt une réalité que l’on cache. En fait, pour la foi chrétienne, le défunt est une personne vivante. Jusqu’au troisième jour, son âme et son corps demeurent unis. Mais c’est à la personne immortelle que l’on s’adresse et c’est à elle qu’est donnée la parole dans l’office : « Appelle-moi, Sauveur, et sauve-moi ! » Dans son repos, le défunt chrétien rayonne souvent de beauté. Nous contemplons son visage quelquefois déjà transfiguré: « Je suis l’icône de ta gloire ineffable, bien que je porte la marque du péché ! » Tous, y compris les enfants, sont invités à vénérer en lui l’image de Dieu.

Le célébrant

Un usage veut que le défunt soit paré de ses plus beaux habits, car c’est une fête de répondre à l’invitation du Créateur : « Béni soit le chemin que tu parcours aujourd’hui ! », dit le chant avant l’épître. Un autre usage veut que le défunt, visible dans son cercueil, porte des vêtements tout simples car tous sont égaux dans la mort et devant le Seigneur. Mais la tradition la plus profonde consiste à être habillé d’un vêtement blanc, qui est en fait la robe du baptême, la robe de lumière reçue après l’immersion. Ici est indiquée la qualité chrétienne du défunt et le fait qu’il est un célébrant : l’aube est le vêtement liturgique des membres du corps sacerdotal du Christ.

Il parle

Le chrétien qui s’est endormi dans la foi est une personne active. Il célèbre avec tous ses frères. Il n’est pas un objet ou une chose morte. Il est une personne dont le nom est prononcé constamment dans l’office et qui officie avec toute la communauté sous la présidence de l’évêque ou du prêtre. Il est un sujet à qui la fraternité s’adresse, par exemple dans le psaume 90 : « Le Seigneur est ton espoir ; tu as fait du Très-Haut ton refuge » ; et il est également un sujet actif, c’est lui qui, par la bouche du prêtre ou d’un lecteur, prononce le psaume50 : « Fais-moi miséricorde, ô Dieu dans ta bonté ! » On comprend mieux pourquoi il est dans l’église à visage découvert.

Intercession

Le défunt est bien sûr celui ou celle pour laquelle l’assemblée des baptisés, avec tous les saints, prie et intercède. Elle le fera depuis l’heure du repos jusqu’au quarantième jour, lorsque le défunt aura rejoint la place que lui a assignée le Créateur jusqu’à la Résurrection universelle. Les frères entourent le défunt, ce que l’on voit sur l’icône de la Dormition de la Mère de Dieu. Ils l’accompagnent comme ils l’ont accompagné jusque-là, dans la maladie, dans la souffrance inévitable et à l’heure fixée par Dieu pour son trépas. La préparation à la mort conduit au beau départ.

L’Eglise

L’intercession pour les défunts est constante, aussi bien dans la prière personnelle de chaque jour, dans chaque célébration de la divine Liturgie, et chaque samedi, jour consacré aux défunts, notamment pendant le Carême pascal et la veille de la Pentecôte. L’Eglise, gestionnaire de la vie et de la mort, assume sa responsabilité à l’égard de tous ses membres, visibles et invisibles. Les défunts sont confiés à la sollicitude aimante des frères et à la miséricorde du Père : « Sauveur, accueille en tes parvis, sur la terre des justes, les trépassés ; justifie-les pour la foi qu’ils eurent en toi, afin qu’ils te glorifient dans les siècles ! »

Le projet

En présence du défunt dont embrasse le visage et les mains, précieuses reliques de son corps, sur lequel reposent l’Evangile et la Croix, la fraternité ecclésiale exprime le projet qui est le sien : l’entrée par les portes de la mort dans la familiarité indicible de son Maître et de son Seigneur, par le pardon de ses péchés et la prise en considération de sa foi et de la sainteté de sa vie.

Je retiens : le défunt est une personne éternelle

(a.p. Marc-Antoine – 12/07/2026)

Source : Sagesse Orthodoxe