Les patriarches des Églises de Syrie
envoient un nouveau message commun
13 ans après l'enlèvement
des hiérarques d'Alep
Publié par Stefana Totorcea
22 avril 2026
Le patriarche Jean X d'Antioche et le patriarche Ignace Ephrem
II de l'Église syrienne ont envoyé mercredi un nouveau message
commun concernant l'enlèvement en 2013 des hiérarques d'Alep des deux
Églises – le métropolite Paul Yazigi d'Alep (Patriarcat d'Antioche et de tout
l'Orient) et le métropolite Jean Ibrahim d'Alep (Église syrienne).
« À ce jour, leur cas – qui reflète, sans l’épuiser, la
tragédie humaine de l’Orient – demeure une blessure
d’injustice infligée à la vérité crucifiée sur l’autel de l’absurdité des
guerres et des intérêts éphémères », expliquent les deux primats.
« Nous commémorons les deux frères et leurs parents enlevés à
leur retour d'une mission humanitaire. Nous commémorons ces frères et ces
parents qui furent et demeurent un symbole de la présence chrétienne en Orient,
une présence dont l'importance est souvent invoquée de manière festive, mais
sans aucun lien avec la réalité. »
Appel à
l'unité chrétienne face à l'adversité
Dans la seconde partie de leur message, les patriarches
lancent un appel à l'unité des chrétiens face aux épreuves.
« Notre vocation de chrétiens aujourd’hui est de transcender
les appartenances confessionnelles. Cet enlèvement prouve que nous, chrétiens,
partageons une destinée commune en Orient. Nous la partageons aussi avec tous
ceux qui implorent la miséricorde de Dieu et le reconnaissent, lui et non
eux-mêmes, comme le Maître de la vie et la Source de la justification et de la
bénédiction divines », écrivent les patriarches Jean X et Ignace Éphrem II.
« Face à ce silence prolongé et au fait que, au fil des
années, les ravisseurs n'ont pas révélé leur identité, leurs objectifs ni leurs
intentions, face à l'impuissance des efforts de sécurité dans cette affaire et
à son traitement fluctuant au fil du temps, nous réaffirmons : nous, les
chrétiens d'Orient, sommes cloués à la croix de notre appartenance à cette
terre et enracinés en elle aussi longtemps que la vie coule en nous. »
« Nous sommes ici, ne comptant que sur Dieu et sur notre
espérance dans le Seigneur de la Résurrection. Nous sommes ici, confiants que
Celui qui est avec nous depuis deux mille ans est avec nous pour toujours »,
ajoutent les primats.
Le message se termine par le tropaire de la Résurrection du
Seigneur, comme une consolation face aux épreuves que rencontrent les chrétiens
du monde entier, mais plus particulièrement au Moyen-Orient, région en proie
aux troubles.
Source Basilica.RO