LA
CONFESSION
Père A. ELTCHANINOFF
«Rien de spécial», «comme tout le monde», «seulement des petits péchés- je n’ai pas volé, pas tué» - voici comment commence en général la confession chez beaucoup de gens.
Et l’amour-propre, le fait de ne pas supporter les reproches, la dureté, la
faiblesse de la foi et de l’amour, la pusillanimité, la paresse spirituelle – est-ce
que ce ne sont pas des péchés graves? Peut-on dire que nous aimons suffisamment
Dieu, que notre foi est réelle et brûlante? Que nous aimons chaque personne
comme un frère en Christ? Que nous avons atteint la douceur, l’absence de
colère, l’humilité?
Si la réponse est non, alors en quoi consiste notre chrétienté? Comment
pouvons-nous expliquer notre assurance à la confession, si ce n’est par «une
insensibilité comme la pierre», par un «cœur insensible, une mort spirituelle,
qui mène à la mort corporelle?
Pourquoi les saints pères qui nous ont laissé des prières de pénitences, se
considéraient comme les premiers pécheurs et avec une assurance sincère
appelaient Jésus: «Personne n’a péché sur terre comme je l’ai fait, moi le
maudit et le prodigue», alors que nous sommes sûrs que tout va bien pour nous.
Plus la lumière du Christ éclaire nos cœurs, plus clairement nous prenons
conscience de nos manquements, nos plaies et nos blessures. Et, au contraire,
les gens enfoncés dans la ténèbre du péché, ne voit rien dans leurs cœurs, et
même s’ils voient, ils n’en sont pas effrayés, car ils n’ont pas de point de
comparaison.
Pour cela, le chemin le plus droit pour connaître ses péchés – c’est se
rapprocher de la lumière et prier pour recevoir cette lumière qui est le
jugement du monde et de tout ce qui est du « monde » en nous-même. (Jean 3,19).
Et tant que nous n’avons pas cette intimité avec le Christ, quand le sentiment
de repentir est notre état normal, il faut se préparer à la confession,
contrôler notre conscience – selon les commandements, à l’aide de certaines
prières (par exemple, la 3ème prière du soir, la 4ème prière avant la
Communion), à l’aide de certains passages de l’Évangile et des Épîtres (par
exemple, Matthieu chapitre 5, l’épître aux Romains chapitre 12, aux Éphésiens
chapitre 4, et Jacques, particulièrement le chapitre 3).
En examinant son âme, il faut essayer de distinguer
- les principaux péchés de ceux qui en dérivent,
- les symptômes des raisons plus profondes déjà enracinées.
Par exemple, voici ce qui est très important : - la distraction durant la
prière, la somnolence et l’inattention à l’église, l’absence d’intérêt pendant
la lecture de l’Écriture Sainte. Mais nous devons nous poser la question,
est-ce que ceci ne provient pas de notre manque de foi et de notre faible amour
pour Dieu ? Nous devons remarquer en nous notre caractère volontaire, la
désobéissance, la justification, l’obstination ; mais il est encore plus
important de voir leur lien avec l’amour-propre et l’orgueil.
Si nous remarquons en nous une attirance vers les mondanités, le bavardage, le
rire, une trop grande attention à notre apparence, non seulement la nôtre mais
celle de nos proches, il faut étudier avec attention : est-ce que cela n’est
pas une forme de « vanité ».
Si nous prenons trop à cœur les échecs quotidiens, supportons difficilement la
séparation, souffrons de manière inconsolable pour les morts, alors, en dehors
de la force et la profondeur de nos sentiments, est-ce que cela ne témoigne pas
de notre manque de foi dans le Dessein de Dieu ?
Il existe encore un autre moyen de nous venir en aide pour la connaissance de
nos péchés, - rappelons-nous de quoi les gens, nos ennemis, nous accusent-ils,
en général, et en particulier ceux qui vivent près de nous, nos proches ; presque
toujours, leurs reproches, leurs accusations, leurs invectives ont des bases.
Il est possible, passant outre son amour-propre, leur demander directement – on
voit mieux lorsqu’on n’est pas partie prenante.
Il est indispensable, avant la confession, de demander pardon à ceux devant qui
nous sommes coupables, pour aller à la confession avec une conscience allégée.
En faisant un tel examen, il faut faire attention de ne pas tomber dans une
trop grande méfiance envers chaque mouvement de notre cœur; car on peut ne plus
distinguer ce qui est important de ce qui ne l’est pas et s’emmêler dans les
bagatelles.
En de telles circonstances, il faut, pour un temps, laisser de côté les
épreuves et par la prière et par les bonnes actions éclairer son âme.
Le problème ne consiste pas à se rappeler tous ses péchés ni même les écrire,
mais d’arriver à un tel degré de concentration, de sérieux et d’état de prière,
que grâce à la lumière spirituelle nos péchés deviennent plus clairs.
Connaître ses péchés ne veut pas dire que nous nous repentons. Il est vrai que
le Seigneur reçoit notre confession – sincère, consciencieuse même si elle ne
s’accompagne pas d’un profond sentiment de repentir.
Mais « le cœur contrit » - l’affliction pour nos péchés, est le plus important
que nous puissions apporter à la confession.
Mais que faire, si « nous n’avons ni larmes, ni repentir » ? Que faire si notre
cœur « asséché par la feu du péché » n’est pas arrosé par les eaux vivifiantes
des larmes ? Que faire si « la faiblesse de l’âme et du corps » sont tellement
grands que nous sommes incapables d’un réel repentir ?
Ce n’est quand même pas une raison pour ne pas se confesser – Dieu peut toucher
notre cœur durant la confession-même : la confession, le fait de dire nos
péchés peut adoucir notre cœur, affiner notre vision spirituelle, aiguiser
notre sentiment de repentir. Ce qui aide le plus à l’élimination de notre
paresse spirituelle, c’est la préparation à la confession, - le jeûne qui
fatigue notre corps, qui perturbe notre bien être corporel –lequel est la
destruction de la vie spirituelle. Pour ceci nous avons: la prière, les pensées
nocturnes sur la mort, la lecture de l’Évangile, de la vie des saints, et
l’exercice des bonnes œuvres.
Note insensibilité à la confession, par la plus grande part, prend ses racines
dans l’absence de la crainte de Dieu et un manque de foi que nous cachons.
C’est là que doivent se diriger nos efforts.
Le plus important – pour atteindre le repentir sincère, si cela est possible –
sont les larmes, pendant lesquelles il ne faut pas rentrer dans les détails,
mais, pour qu’il soit révélé, il faut souvent un récit détaillé et concret.
Voilà pourquoi les larmes sont si importantes durant la confession – elles
amollissent notre dureté, elles nous ébranlent « de la tête aux pieds », nous
rendent plus simples, nous donnent une abnégation bienfaisante, éloignent de
nous le plus grand obstacle au repentir – notre « Moi » (amour de soi). Les
orgueilleux et ceux qui ont de l’amour-propre ne pleurent pas. Lorsque tu
pleures, alors cela veut dire que tu t’es adouci, tu t’es humilié.
Voilà pourquoi après ces larmes, il y a la douceur, l’absence de colère,
l’adoucissement, l’attendrissement, la paix de l’âme pour ceux à qui le
Seigneur a envoyé « les pleurs apportant la joie ». Il ne faut pas avoir honte
des larmes pendant la confession, il faut les laisser, elles lavent nos
saletés.
Le troisième moment de la confession – la confession verbale de nos péchés. Il
ne faut pas attendre les questions, il faut l’effort par soi-même ; la confession
est une ascèse et une contrainte personnelle. Il faut parler précisément, sans
cacher la misère du péchés utilisant des expressions générales (par exemple, «
j’ai péché contre le 7ème commandement »).
Il est très difficile, lorsque nous nous confessons, d’éviter la justification,
la tentation d’expliquer au confesseur « les circonstances atténuantes », de
nous référer à une troisième personne, qui nous a conduit à commettre ce péché.
Tout ceci est un signe d’amour-propre, d’un manque de repentir profond, du
prolongement du péché.
La confession n’est pas une discussion concernant nos manquements, nos doutes,
ce n’est pas donner au confesseur une information sur soi-même et encore moins
une « pieuse habitude ». La confession – c’est un brûlant repentir du cœur, la
soif de se purifier, venant de la sensation de sainteté, la mort du péché et la
renaissance vers la sainteté…
On remarque souvent que celui qui se confesse voudrait passer ce moment sans
douleur – ou bien se débarrasser par des phrases banales ou bien parler de
choses sans importantes et taisant ce qui doit réellement peser sur la
conscience. Il y a là aussi une fausse honte devant le confesseur et, en
général, l’indécision, comme cela arrive avant chaque action d’importance, et
en particulier – une peur pusillanime de commencer sérieusement de bousculer sa
vie, pleine de petites faiblesses habituelles. Une confession réelle, comme un
bon choc de l’âme, fait peur par la décision que nous devons changer quelque
chose dans notre vie ou au moins simplement se mettre à réfléchir.
Parfois nous parlons à la confession de notre mémoire qui flanche, qui ne nous
donne pas les moyens de nous souvenir de nos péchés. En réalité, il arrive
souvent, que nous oublions facilement nos chutes, mais cela arrive-t-il
uniquement parce que notre mémoire flanche ?
Pendant la confession, le manque de mémoire n’est pas une justification ;
l’oubli – par inattention, manque de sérieux, dureté, l’insensibilité au péché.
Le péché, qui pèse sur la conscience, ne s’oublie pas. En effet, par exemple,
les cas où nous avons été touchés douloureusement dans notre amour-propre ou,
au contraire, les flatteries, nos réussites, les louanges que nous recevons –
nous nous en souvenons pendant de longues années. Tout ce qui nous impressionne,
nous nous en souvenons longtemps et de manière claire, et si nous oublions nos
péchés: est-ce que cela ne veut pas dire que nous n’y attachons pas de réelle
importance?
Le signe que le repentir s’est produit – c’est le sentiment de légèreté, le
propreté, d’une joie ineffable, quand le péché paraît aussi impossible que ne
paraissait possible cette joie.
Notre repentir ne sera pas complet si, en nous repentant, nous ne décidons pas
intérieurement de ne pas revenir vers le péché que nous venons de confesser.
Mais comment cela est-il possible? Comment pourrai-je me promettre ainsi qu’à
mon confesseur que je ne retomberai pas dans ce péché ? Le contraire ne
serait-il pas plus juste – l’assurance que ce péché reviendra ? En effet, par
expérience chacun sait qu’après un certain temps, nous revenons vers les mêmes
péchés. En faisant attention à ce qui se passe en nous, de confession en
confession, nous ne remarquons aucune amélioration, «on s’élève un peu puis de
nouveau nous nous retrouvons à la même place».
Cela serait affreux s’il en était ainsi. Heureusement, cela n’est pas ainsi. Il
n’existe pas de cas où le souhait de mettre un début au changement après une
confession et la Sainte Communion ne produisent dans l’âme de changements.
Mais en premier lieu, nous ne sommes pas nos propres juges. L’homme ne peut pas
porter un juste jugement sur soi-même, est-il devenu meilleur ou pire, car
lui-même et ce qu’il juge – sont des valeurs qui varient.
La sévérité augmentant par rapport à nous-mêmes, une attention spirituelle renforcée, une crainte aiguisée du péché peut donner l’illusion que les péchés ont augmenté et se sont renforcés: ils sont restés les mêmes, peut être même ont-ils diminué, mais nous ne les remarquions pas auparavant.
En dehors de cela, Dieu dans Son Dessein particulier nous ferme souvent les
yeux quant à nos succès, pour nous protéger du grave péché de vaine gloire et
d’orgueil. Il arrive souvent que le péché reste, mais les confessions
fréquentes ainsi que la Sainte Communion déstabilisent et affaiblissent ses
racines. Et la lutte même avec le péché, la souffrance pour ces péchés –
n’est-ce pas une acquisition ?
« N’aie pas peur, - dit Saint Jean Climaque, - même si tu tombes tous les
jours, ne t’éloigne pas des chemins de Dieu. Reste courageux, et ton Ange
gardien, honorera ta patience ».
Si nous n’avons pas ce sentiment d’allégement, de renaissance, il faut avoir la
force de revenir de nouveau à la confession et de libérer totalement son âme
des saletés, de laver son âme avec les larmes. Celui qui tend vers cela atteint
toujours ce vers quoi il tend.
Il ne faut surtout pas s’approprier ses réussites, compter sur ses propres
forces, sur ses efforts – cela équivaudrait à perdre tout ce que nous avons
acquis.
« Seigneur, rassemble mon esprit dispersé et purifie mon cœur glacé : comme à
Pierre, donne moi le repentir, comme au larron – le gémissement, et comme à la
prostituée – les larmes ».
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Un
autre texte sur la confession qui est une traduction du russe d’un texte du
Père Alexandre Eltchaninoff (…).
Beaucoup de ceux qui se préparent à communier (par le jeûne, la confession …)
sont dans l’embarras. Ils ne savent pas quoi dire à la confession. Tout d’abord
et de façon détaillée, il faut dire ses péchés, ceux qui troublent le plus la
conscience. Puis la confession doit être, autant qu’il est possible, détaillée,
humble et sincère. Comme aide à ceux qui en ont besoin, il est proposé deux
confessions, composées par les écrits de quelques pères et docteurs de
l’Église. Peut être qu’ils donneront à ceux qui se confessent quelques idées ou
bien leur rappelleront quelque chose de leur vie.
Bénis-moi, Seigneur mon Sauveur, de te confesser non seulement en paroles, mais
aussi avec des larmes amères. Et il y a de quoi pleurer.
Ma foi en Toi, Seigneur, est chancelante! Des pensées de manque de foi et
d’incroyance se pressent dans mon cœur beaucoup plus souvent que jamais.
Pourquoi? Bien sûr, l’esprit du temps, les gens que je rencontre sont fautifs,
mais moi aussi je suis fautif parce que je ne lutte pas contre cette
incroyance, je ne te prie pas pour avoir de l’aide ; je suis beaucoup plus
fautif si je deviens une source de tentation pour les autres – en actions ou en
paroles, ou même par un silence quand on en vient à parler de la foi. Je suis
pécheur en tout, Seigneur: pardonne et fais-moi miséricorde, et augmente ma
foi.
Mon amour envers les gens, même envers mes proches baisses.
Leur constante demande d’aide, leur oubli de ce que beaucoup a déjà été fait
pour eux fait que naissent les discordes entre nous ; mais je suis fautif plus
qu’eux: je suis fautif car j’ai les moyens de les aider, mais je ne les aide
pas par pure pulsion chrétienne, mais par amour-propre, en attente de
remerciements, de louanges. Pardonne-moi, Seigneur, adoucis mon cœur et apprend
moi à regarder non pas comment les gens se comportent envers moi, mais comment
je me comporte envers les gens. Et s’ils se comportent d’une manière hostile
envers moi, enseigne-moi, Seigneur, à leur répondre avec amour et à prier pour
eux.
J’ai péché parce que je pense très peu à mes péchés. Non seulement durant
l’année, mais particulièrement au moment de la préparation, je ne m’en souviens
plus, je ne fais pas l’effort de me les rappeler pour la confession. Je n’ai
que des pensées d’ordre général: «rien de spécial; je suis pécheur – comme tout
le monde». Ô, Seigneur, comme si je ne savais pas que devant Ta face le péché –
et chaque vaine parole et le désir de commettre le péché sont dans mon cœur. Et
combien de ces vaines paroles et de ce désir de péché s’accumulent en moi
chaque jour, et au cours de toute une année! Toi seul, Seigneur, les connaît:
donne-moi de voir mes fautes et fais-moi miséricorde et pardonne-moi!
Ensuite – je reconnais comme mon péché de ne pas lutter avec le mal. Dès
qu’apparaît un prétexte ou tout juste un petit coup, - et je pars tête baissée
dans l’abîme du péché, et seulement une fois que j’ai succombé, je me pose la
question: qu’ai-je fait?! La question est vaine, car elle ne me permet pas de
devenir meilleur. Et même si je ressens de l’affliction, elle découle de ce je
souffre d’amour propre, et non pas du fait que je T’ai offensé, Seigneur…
Je ne lutte non seulement pas contre le mal grossier, mais pas même contre l’habitude vaine et nuisible. Je ne sais pas me dominer et je n’essaie même pas. J’ai péché, pardonne-moi!
Ensuite – le péché d’irritation, de colère ne me quitte jamais. Ayant entendu
une parole brusque, je ne réponds pas par un silence bienveillant, mais me
conduis comme un païen: «Œil pour œil, dent pour dent». Et l’hostilité
s’enflamme à partir de rien et dure des jours et des semaines et je ne pense
pas à faire la paix, mais essaie de trouver comment me venger à la première
occasion. J’ai péché infiniment, Seigneur – ait pitié de moi, pardonne-moi et
apaise mon cœur!
En dehors de ces importants péchés, toute ma vie se présente comme une chaîne
de péchés: je ne tiens pas au temps que Tu m’as donné pour acquérir le salut
éternel; je ne cherche pas de toutes mes forces Ton aide ; souvent, à l’église
je ne me tiens pas d’une manière pieuse, je prie d’une manière automatique, je
critique et juge les autres, leur façon de prier et je ne fais pas attention à
ma propre attitude : à la maison, je prie par contrainte et d’une manière
distraite, de telle sorte que souvent je n’entends même pas ma prière, et même
parfois je la délaisse tout simplement. Voici mes relations envers Toi,
Seigneur, et je ne peux rien dire d’autre que : pardonne-moi et fais-moi
miséricorde!
Dans mes relations avec les gens, je pèche par tous mes sens – je pèche en
paroles, disant des mensonges, des paroles inconvenantes et des paroles de
reproches; je pèche par la vue, en regardant effrontément les gens, lisant des
romans creux; je pèche par pensée et par le cœur en jugeant les autres et me
querellant souvent et pour longtemps: je pèche non seulement contre mon âme,
mais aussi contre mon corps, mangeant et buvant sans retenue.
Reçois, Seigneur Amis des hommes, mon repentir que je m’approche avec paix des
tes saints et vivifiants Mystères, pour la rémission de mes péchés, pour la
justification de ma vie passagère et pour la vie éternelle. Amen.
« Je ne suis pas digne de demander le pardon, Seigneur ! – ainsi s’exprimait
dans le temps le grand docteur de la pénitence – saint Ephrem le Syrien.
« Comment retenir l’attaque du péché ? Comment fermer la porte aux passions ? »
Demandait Basile le Grand à saint Ephrem ; et l’autre lui répondait uniquement
par les larmes…
Par les prières de nos saints pères, Ephrem et Basile, donne-nous, Seigneur, le
repentir, une parole et les pleurs ! Aide-moi à rejeter de mon âme, comme un
poison, mes méchantes actions, mes vaines paroles, mes pensées malicieuses. Si
j’ai oublié de dire autre chose, Tu vois tout et rappelles le moi car je ne
veux rien cacher. Tu m’ordonnes : « Parle toi-même, pour te justifier » (Isaïe
43,26), et je dis : mes péchés se sont multipliés, Seigneur, ils se multiplient
sans cesse, ils n’ont pas de limite. Je sais et je me souviens, que même une
pensée mauvaise est une saleté devant Toi, et je ne fais pas que pécher par
pensée, mais je fais ce qui te contriste, Seigneur. Je sais que je fais le mal,
- et je ne dévie pas du mal…
En revanche, je prends même plaisir au temps que je passe à pécher et, il me
semble même que je fais quelque chose de tout à fait naturel. De cette façon,
mon repentir n’a même pas commencé et ma négligence n’a pas de fin. En vérité,
mes pensées mauvaises, mes accès d’amour-propre, ma vanité, mon orgueil, mes
rancunes, mon caractère vindicatif n’ont pas de limite. Je me querelle souvent
pour rien, il m’arrive d’être en colère, cruel, envieux, paresseux, aveuglément
obstiné. Je ne connais pas grand chose, moi-même, mais j’ai une haute opinion
de moi-même. Les gens dignes, je ne veux pas les honorer (respecter), mais pour
moi-même, sans raison, j’exige du respect. Je mens continuellement, et me mets
en colère contre les menteurs. Je juge ceux qui disent le mal et les voleurs,
et moi-même, je suis un voleur et je dis le mal. Je me salis avec des pensées
de fornication et par des excitations, et je juge sévèrement les autres pour
leur immodestie. Je ne supporte pas qu’on se moque gentiment de moi, mais moi
j’aime envoyer des piques aux autres, ne faisant pas cas de la personne à qui
je l’envoie, et ce même à l’église. Ceux qui disent la vérité à mon sujet, je
les considère comme mes ennemis. Je ne veux pas me déranger pour rendre
service, mais si on ne me rend pas service – je me mets en colère. Ceux qui
sont dans le besoin, je refuse froidement de les aider, mais si je suis dans le
besoin, je m’adresse à eux de manière insistante (ennuyeuse). Je n’aime pas
visiter les malades, mais si je suis malade, j’attends que tout le monde prenne
soin de moi sans avoir à leur demander.
Seigneur, envoie dans la profondeur de mon âme un rayon de ta lumière céleste,
que je voie mes péchés ! Ma confession se limite toujours à une liste
superficielle de quelques péchés. Ô, mon Dieu, si Tu ne me fais pas
miséricorde, si Tu ne me portes pas secours : Je suis perdu ! Ma conscience T’a
donné un nombre incalculable de fois la promesse de commencer à mieux vivre,
mais je ne l’ai pas tenue et je vis comme auparavant. J’ai honte de me montrer
à la personne devant laquelle je me suis trouvé être plus d’une fois tout en
n’ayant pas tenu ma parole. Comment me tenir devant Toi, mon Dieu, sans honte
et sans reproche, alors que tant de fois devant Ton autel, devant les anges et
les Saints, j’ai donné ma promesse et ne l’ai pas tenue ? Comme je suis vil !
Comme je suis criminel ! « À toi, Seigneur, est la justice, et à nous la
confusion de face » (Daniel 9,7). Seule Ta bonté sans limite peut me supporter.
Tu n’as pas permis que se perde le pécheur, ne permet pas que se perde celui
qui se repent ! Apprends-moi à me souvenir de tous mes péchés de toute ma vie,
les péchés de jeunesse, les péchés de l’homme mûr, les péchés du jour comme
ceux de la nuit, les péchés que j’ai commis contre mon âme, les péchés que j’ai
commis contre mes proches, les péchés que j’ai commis contre Toi-Même, mon
Seigneur et mon Sauveur ! Comment les dénombrer durant le temps où je me tiens
devant ce Saint lieu ! Je me souviens, Seigneur, que Tu as écouté la courte
parole du publicain et du larron ; je sais que Tu reçois avec miséricorde le
désir même du repentir et je Te prie de toute mon âme, mon Seigneur, Seigneur,
reçois mon repentir dans cette confession journalière de mes péchés que
contient le livre de prières. J’ai beaucoup plus de péchés que ce qui y est
écrit et rien ne les effacera. Je t’apporte maintenant uniquement mon besoin de
Toi et le désir de tendre vers le bien mais je n’ai pas de force pour
l’accomplir. Ô, Seigneur Ami des hommes, ne repousses pas le pécheur qui vient
à Toi, le pécheur qui te prie de lui pardonner. Avant qu’il ne vienne à la
porte de Ta miséricorde, Tu la lui ouvres déjà ; avant qu’il ne tombe à Tes
pieds, Tu lui tends la main : avant qu’il ne confesse ses péchés, Tu lui donnes
Ton pardon. Donne le moi aussi dans Ta grande miséricorde ; Pardonne tout ce
que j’ai fait, dit ou pensé de mal. Et en me donnant ton pardon, envoie-moi la
force pour que je vives à partir de maintenant selon Ta volonté et pour que je
ne T’offense pas. Aide-moi – et je serai sauvé : aide-moi par Tes Saints
Mystères. Et pour que ma communion soit digne, donne-moi la grâce de la
rémission et du pardon par la bouche de Ton prêtre, parle par Ton Saint Esprit,
que l’on n’entend pas par l’ouïe, mais que le cœur contrit entend dans la paix
de la conscience. Amen.
Source : Forum
Orthodoxe