mercredi 22 avril 2026

 

LA CONFESSION

Père A. ELTCHANINOFF


«En général, les gens inexpérimentés dans la vie spirituelle ne voient pas la multitude de leurs péchés.


«Rien de spécial», «comme tout le monde», «seulement des petits péchés- je n’ai pas volé, pas tué» - voici comment commence en général la confession chez beaucoup de gens.


Et l’amour-propre, le fait de ne pas supporter les reproches, la dureté, la faiblesse de la foi et de l’amour, la pusillanimité, la paresse spirituelle – est-ce que ce ne sont pas des péchés graves? Peut-on dire que nous aimons suffisamment Dieu, que notre foi est réelle et brûlante? Que nous aimons chaque personne comme un frère en Christ? Que nous avons atteint la douceur, l’absence de colère, l’humilité?


Si la réponse est non, alors en quoi consiste notre chrétienté? Comment pouvons-nous expliquer notre assurance à la confession, si ce n’est par «une insensibilité comme la pierre», par un «cœur insensible, une mort spirituelle, qui mène à la mort corporelle?


Pourquoi les saints pères qui nous ont laissé des prières de pénitences, se considéraient comme les premiers pécheurs et avec une assurance sincère appelaient Jésus: «Personne n’a péché sur terre comme je l’ai fait, moi le maudit et le prodigue», alors que nous sommes sûrs que tout va bien pour nous.


Plus la lumière du Christ éclaire nos cœurs, plus clairement nous prenons conscience de nos manquements, nos plaies et nos blessures. Et, au contraire, les gens enfoncés dans la ténèbre du péché, ne voit rien dans leurs cœurs, et même s’ils voient, ils n’en sont pas effrayés, car ils n’ont pas de point de comparaison.


Pour cela, le chemin le plus droit pour connaître ses péchés – c’est se rapprocher de la lumière et prier pour recevoir cette lumière qui est le jugement du monde et de tout ce qui est du « monde » en nous-même. (Jean 3,19). Et tant que nous n’avons pas cette intimité avec le Christ, quand le sentiment de repentir est notre état normal, il faut se préparer à la confession, contrôler notre conscience – selon les commandements, à l’aide de certaines prières (par exemple, la 3ème prière du soir, la 4ème prière avant la Communion), à l’aide de certains passages de l’Évangile et des Épîtres (par exemple, Matthieu chapitre 5, l’épître aux Romains chapitre 12, aux Éphésiens chapitre 4, et Jacques, particulièrement le chapitre 3).


En examinant son âme, il faut essayer de distinguer
- les principaux péchés de ceux qui en dérivent,
- les symptômes des raisons plus profondes déjà enracinées.
Par exemple, voici ce qui est très important : - la distraction durant la prière, la somnolence et l’inattention à l’église, l’absence d’intérêt pendant la lecture de l’Écriture Sainte. Mais nous devons nous poser la question, est-ce que ceci ne provient pas de notre manque de foi et de notre faible amour pour Dieu ? Nous devons remarquer en nous notre caractère volontaire, la désobéissance, la justification, l’obstination ; mais il est encore plus important de voir leur lien avec l’amour-propre et l’orgueil.


Si nous remarquons en nous une attirance vers les mondanités, le bavardage, le rire, une trop grande attention à notre apparence, non seulement la nôtre mais celle de nos proches, il faut étudier avec attention : est-ce que cela n’est pas une forme de « vanité ».


Si nous prenons trop à cœur les échecs quotidiens, supportons difficilement la séparation, souffrons de manière inconsolable pour les morts, alors, en dehors de la force et la profondeur de nos sentiments, est-ce que cela ne témoigne pas de notre manque de foi dans le Dessein de Dieu ?
Il existe encore un autre moyen de nous venir en aide pour la connaissance de nos péchés, - rappelons-nous de quoi les gens, nos ennemis, nous accusent-ils, en général, et en particulier ceux qui vivent près de nous, nos proches ; presque toujours, leurs reproches, leurs accusations, leurs invectives ont des bases. Il est possible, passant outre son amour-propre, leur demander directement – on voit mieux lorsqu’on n’est pas partie prenante.


Il est indispensable, avant la confession, de demander pardon à ceux devant qui nous sommes coupables, pour aller à la confession avec une conscience allégée.


En faisant un tel examen, il faut faire attention de ne pas tomber dans une trop grande méfiance envers chaque mouvement de notre cœur; car on peut ne plus distinguer ce qui est important de ce qui ne l’est pas et s’emmêler dans les bagatelles.


En de telles circonstances, il faut, pour un temps, laisser de côté les épreuves et par la prière et par les bonnes actions éclairer son âme.
Le problème ne consiste pas à se rappeler tous ses péchés ni même les écrire, mais d’arriver à un tel degré de concentration, de sérieux et d’état de prière, que grâce à la lumière spirituelle nos péchés deviennent plus clairs.


Connaître ses péchés ne veut pas dire que nous nous repentons. Il est vrai que le Seigneur reçoit notre confession – sincère, consciencieuse même si elle ne s’accompagne pas d’un profond sentiment de repentir.
Mais « le cœur contrit » - l’affliction pour nos péchés, est le plus important que nous puissions apporter à la confession.


Mais que faire, si « nous n’avons ni larmes, ni repentir » ? Que faire si notre cœur « asséché par la feu du péché » n’est pas arrosé par les eaux vivifiantes des larmes ? Que faire si « la faiblesse de l’âme et du corps » sont tellement grands que nous sommes incapables d’un réel repentir ?


Ce n’est quand même pas une raison pour ne pas se confesser – Dieu peut toucher notre cœur durant la confession-même : la confession, le fait de dire nos péchés peut adoucir notre cœur, affiner notre vision spirituelle, aiguiser notre sentiment de repentir. Ce qui aide le plus à l’élimination de notre paresse spirituelle, c’est la préparation à la confession, - le jeûne qui fatigue notre corps, qui perturbe notre bien être corporel –lequel est la destruction de la vie spirituelle. Pour ceci nous avons: la prière, les pensées nocturnes sur la mort, la lecture de l’Évangile, de la vie des saints, et l’exercice des bonnes œuvres.


Note insensibilité à la confession, par la plus grande part, prend ses racines dans l’absence de la crainte de Dieu et un manque de foi que nous cachons. C’est là que doivent se diriger nos efforts.
Le plus important – pour atteindre le repentir sincère, si cela est possible – sont les larmes, pendant lesquelles il ne faut pas rentrer dans les détails, mais, pour qu’il soit révélé, il faut souvent un récit détaillé et concret.
Voilà pourquoi les larmes sont si importantes durant la confession – elles amollissent notre dureté, elles nous ébranlent « de la tête aux pieds », nous rendent plus simples, nous donnent une abnégation bienfaisante, éloignent de nous le plus grand obstacle au repentir – notre « Moi » (amour de soi). Les orgueilleux et ceux qui ont de l’amour-propre ne pleurent pas. Lorsque tu pleures, alors cela veut dire que tu t’es adouci, tu t’es humilié.


Voilà pourquoi après ces larmes, il y a la douceur, l’absence de colère, l’adoucissement, l’attendrissement, la paix de l’âme pour ceux à qui le Seigneur a envoyé « les pleurs apportant la joie ». Il ne faut pas avoir honte des larmes pendant la confession, il faut les laisser, elles lavent nos saletés.
Le troisième moment de la confession – la confession verbale de nos péchés. Il ne faut pas attendre les questions, il faut l’effort par soi-même ; la confession est une ascèse et une contrainte personnelle. Il faut parler précisément, sans cacher la misère du péchés utilisant des expressions générales (par exemple, « j’ai péché contre le 7ème commandement »).
Il est très difficile, lorsque nous nous confessons, d’éviter la justification, la tentation d’expliquer au confesseur « les circonstances atténuantes », de nous référer à une troisième personne, qui nous a conduit à commettre ce péché. Tout ceci est un signe d’amour-propre, d’un manque de repentir profond, du prolongement du péché.


La confession n’est pas une discussion concernant nos manquements, nos doutes, ce n’est pas donner au confesseur une information sur soi-même et encore moins une « pieuse habitude ». La confession – c’est un brûlant repentir du cœur, la soif de se purifier, venant de la sensation de sainteté, la mort du péché et la renaissance vers la sainteté…


On remarque souvent que celui qui se confesse voudrait passer ce moment sans douleur – ou bien se débarrasser par des phrases banales ou bien parler de choses sans importantes et taisant ce qui doit réellement peser sur la conscience. Il y a là aussi une fausse honte devant le confesseur et, en général, l’indécision, comme cela arrive avant chaque action d’importance, et en particulier – une peur pusillanime de commencer sérieusement de bousculer sa vie, pleine de petites faiblesses habituelles. Une confession réelle, comme un bon choc de l’âme, fait peur par la décision que nous devons changer quelque chose dans notre vie ou au moins simplement se mettre à réfléchir.


Parfois nous parlons à la confession de notre mémoire qui flanche, qui ne nous donne pas les moyens de nous souvenir de nos péchés. En réalité, il arrive souvent, que nous oublions facilement nos chutes, mais cela arrive-t-il uniquement parce que notre mémoire flanche ?


Pendant la confession, le manque de mémoire n’est pas une justification ; l’oubli – par inattention, manque de sérieux, dureté, l’insensibilité au péché. Le péché, qui pèse sur la conscience, ne s’oublie pas. En effet, par exemple, les cas où nous avons été touchés douloureusement dans notre amour-propre ou, au contraire, les flatteries, nos réussites, les louanges que nous recevons – nous nous en souvenons pendant de longues années. Tout ce qui nous impressionne, nous nous en souvenons longtemps et de manière claire, et si nous oublions nos péchés: est-ce que cela ne veut pas dire que nous n’y attachons pas de réelle importance?


Le signe que le repentir s’est produit – c’est le sentiment de légèreté, le propreté, d’une joie ineffable, quand le péché paraît aussi impossible que ne paraissait possible cette joie.


Notre repentir ne sera pas complet si, en nous repentant, nous ne décidons pas intérieurement de ne pas revenir vers le péché que nous venons de confesser.


Mais comment cela est-il possible? Comment pourrai-je me promettre ainsi qu’à mon confesseur que je ne retomberai pas dans ce péché ? Le contraire ne serait-il pas plus juste – l’assurance que ce péché reviendra ? En effet, par expérience chacun sait qu’après un certain temps, nous revenons vers les mêmes péchés. En faisant attention à ce qui se passe en nous, de confession en confession, nous ne remarquons aucune amélioration, «on s’élève un peu puis de nouveau nous nous retrouvons à la même place».


Cela serait affreux s’il en était ainsi. Heureusement, cela n’est pas ainsi. Il n’existe pas de cas où le souhait de mettre un début au changement après une confession et la Sainte Communion ne produisent dans l’âme de changements.


Mais en premier lieu, nous ne sommes pas nos propres juges. L’homme ne peut pas porter un juste jugement sur soi-même, est-il devenu m
eilleur ou pire, car lui-même et ce qu’il juge – sont des valeurs qui varient.

La sévérité augmentant par rapport à nous-mêmes, une attention spirituelle renforcée, une crainte aiguisée du péché peut donner l’illusion que les péchés ont augmenté et se sont renforcés: ils sont restés les mêmes, peut être même ont-ils diminué, mais nous ne les remarquions pas auparavant.


En dehors de cela, Dieu dans Son Dessein particulier nous ferme souvent les yeux quant à nos succès, pour nous protéger du grave péché de vaine gloire et d’orgueil. Il arrive souvent que le péché reste, mais les confessions fréquentes ainsi que la Sainte Communion déstabilisent et affaiblissent ses racines. Et la lutte même avec le péché, la souffrance pour ces péchés – n’est-ce pas une acquisition ?


« N’aie pas peur, - dit Saint Jean Climaque, - même si tu tombes tous les jours, ne t’éloigne pas des chemins de Dieu. Reste courageux, et ton Ange gardien, honorera ta patience ».


Si nous n’avons pas ce sentiment d’allégement, de renaissance, il faut avoir la force de revenir de nouveau à la confession et de libérer totalement son âme des saletés, de laver son âme avec les larmes. Celui qui tend vers cela atteint toujours ce vers quoi il tend.


Il ne faut surtout pas s’approprier ses réussites, compter sur ses propres forces, sur ses efforts – cela équivaudrait à perdre tout ce que nous avons acquis.


« Seigneur, rassemble mon esprit dispersé et purifie mon cœur glacé : comme à Pierre, donne moi le repentir, comme au larron – le gémissement, et comme à la prostituée – les larmes ».

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Un autre texte sur la confession qui est une traduction du russe d’un texte du Père Alexandre Eltchaninoff (…).


Beaucoup de ceux qui se préparent à communier (par le jeûne, la confession …) sont dans l’embarras. Ils ne savent pas quoi dire à la confession. Tout d’abord et de façon détaillée, il faut dire ses péchés, ceux qui troublent le plus la conscience. Puis la confession doit être, autant qu’il est possible, détaillée, humble et sincère. Comme aide à ceux qui en ont besoin, il est proposé deux confessions, composées par les écrits de quelques pères et docteurs de l’Église. Peut être qu’ils donneront à ceux qui se confessent quelques idées ou bien leur rappelleront quelque chose de leur vie.

Bénis-moi, Seigneur mon Sauveur, de te confesser non seulement en paroles, mais aussi avec des larmes amères. Et il y a de quoi pleurer.
Ma foi en Toi, Seigneur, est chancelante! Des pensées de manque de foi et d’incroyance se pressent dans mon cœur beaucoup plus souvent que jamais. Pourquoi? Bien sûr, l’esprit du temps, les gens que je rencontre sont fautifs, mais moi aussi je suis fautif parce que je ne lutte pas contre cette incroyance, je ne te prie pas pour avoir de l’aide ; je suis beaucoup plus fautif si je deviens une source de tentation pour les autres – en actions ou en paroles, ou même par un silence quand on en vient à parler de la foi. Je suis pécheur en tout, Seigneur: pardonne et fais-moi miséricorde, et augmente ma foi.


Mon amour envers les gens, même envers mes proches baisses.
Leur constante demande d’aide, leur oubli de ce que beaucoup a déjà été fait pour eux fait que naissent les discordes entre nous ; mais je suis fautif plus qu’eux: je suis fautif car j’ai les moyens de les aider, mais je ne les aide pas par pure pulsion chrétienne, mais par amour-propre, en attente de remerciements, de louanges. Pardonne-moi, Seigneur, adoucis mon cœur et apprend moi à regarder non pas comment les gens se comportent envers moi, mais comment je me comporte envers les gens. Et s’ils se comportent d’une manière hostile envers moi, enseigne-moi, Seigneur, à leur répondre avec amour et à prier pour eux.


J’ai péché parce que je pense très peu à mes péchés. Non seulement durant l’année, mais particulièrement au moment de la préparation, je ne m’en souviens plus, je ne fais pas l’effort de me les rappeler pour la confession. Je n’ai que des pensées d’ordre général: «rien de spécial; je suis pécheur – comme tout le monde». Ô, Seigneur, comme si je ne savais pas que devant Ta face le péché – et chaque vaine parole et le désir de commettre le péché sont dans mon cœur. Et combien de ces vaines paroles et de ce désir de péché s’accumulent en moi chaque jour, et au cours de toute une année! Toi seul, Seigneur, les connaît: donne-moi de voir mes fautes et fais-moi miséricorde et pardonne-moi!


Ensuite – je reconnais comme m
on péché de ne pas lutter avec le mal. Dès qu’apparaît un prétexte ou tout juste un petit coup, - et je pars tête baissée dans l’abîme du péché, et seulement une fois que j’ai succombé, je me pose la question: qu’ai-je fait?! La question est vaine, car elle ne me permet pas de devenir meilleur. Et même si je ressens de l’affliction, elle découle de ce je souffre d’amour propre, et non pas du fait que je T’ai offensé, Seigneur…

Je ne lutte non seulement pas contre le mal grossier, mais pas même contre l’habitude vaine et nuisible. Je ne sais pas me dominer et je n’essaie même pas. J’ai péché, pardonne-moi!


Ensuite – le péché d’irritation, de colère ne me quitte jamais. Ayant entendu une parole brusque, je ne réponds pas par un silence bienveillant, mais me conduis comme un païen: «Œil pour œil, dent pour dent». Et l’hostilité s’enflamme à partir de rien et dure des jours et des semaines et je ne pense pas à faire la paix, mais essaie de trouver comment me venger à la première occasion. J’ai péché infiniment, Seigneur – ait pitié de moi, pardonne-moi et apaise mon cœur!


En dehors de ces importants péchés, toute ma vie se présente comme une chaîne de péchés: je ne tiens pas au temps que Tu m’as donné pour acquérir le salut éternel; je ne cherche pas de toutes mes forces Ton aide ; souvent, à l’église je ne me tiens pas d’une manière pieuse, je prie d’une manière automatique, je critique et juge les autres, leur façon de prier et je ne fais pas attention à ma propre attitude : à la maison, je prie par contrainte et d’une manière distraite, de telle sorte que souvent je n’entends même pas ma prière, et même parfois je la délaisse tout simplement. Voici mes relations envers Toi, Seigneur, et je ne peux rien dire d’autre que : pardonne-moi et fais-moi miséricorde!


Dans mes relations avec les gens, je pèche par tous mes sens – je pèche en paroles, disant des mensonges, des paroles inconvenantes et des paroles de reproches; je pèche par la vue, en regardant effrontément les gens, lisant des romans creux; je pèche par pensée et par le cœur en jugeant les autres et me querellant souvent et pour longtemps: je pèche non seulement contre mon âme, mais aussi contre mon corps, mangeant et buvant sans retenue.
Reçois, Seigneur Amis des hommes, mon repentir que je m’approche avec paix des tes saints et vivifiants Mystères, pour la rémission de mes péchés, pour la justification de ma vie passagère et pour la vie éternelle. Amen.

« Je ne suis pas digne de demander le pardon, Seigneur ! – ainsi s’exprimait dans le temps le grand docteur de la pénitence – saint Ephrem le Syrien.
« Comment retenir l’attaque du péché ? Comment fermer la porte aux passions ? » Demandait Basile le Grand à saint Ephrem ; et l’autre lui répondait uniquement par les larmes…
Par les prières de nos saints pères, Ephrem et Basile, donne-nous, Seigneur, le repentir, une parole et les pleurs ! Aide-moi à rejeter de mon âme, comme un poison, mes méchantes actions, mes vaines paroles, mes pensées malicieuses. Si j’ai oublié de dire autre chose, Tu vois tout et rappelles le moi car je ne veux rien cacher. Tu m’ordonnes : « Parle toi-même, pour te justifier » (Isaïe 43,26), et je dis : mes péchés se sont multipliés, Seigneur, ils se multiplient sans cesse, ils n’ont pas de limite. Je sais et je me souviens, que même une pensée mauvaise est une saleté devant Toi, et je ne fais pas que pécher par pensée, mais je fais ce qui te contriste, Seigneur. Je sais que je fais le mal, - et je ne dévie pas du mal…


En revanche, je prends même plaisir au temps que je passe à pécher et, il me semble même que je fais quelque chose de tout à fait naturel. De cette façon, mon repentir n’a même pas commencé et ma négligence n’a pas de fin. En vérité, mes pensées mauvaises, mes accès d’amour-propre, ma vanité, mon orgueil, mes rancunes, mon caractère vindicatif n’ont pas de limite. Je me querelle souvent pour rien, il m’arrive d’être en colère, cruel, envieux, paresseux, aveuglément obstiné. Je ne connais pas grand chose, moi-même, mais j’ai une haute opinion de moi-même. Les gens dignes, je ne veux pas les honorer (respecter), mais pour moi-même, sans raison, j’exige du respect. Je mens continuellement, et me mets en colère contre les menteurs. Je juge ceux qui disent le mal et les voleurs, et moi-même, je suis un voleur et je dis le mal. Je me salis avec des pensées de fornication et par des excitations, et je juge sévèrement les autres pour leur immodestie. Je ne supporte pas qu’on se moque gentiment de moi, mais moi j’aime envoyer des piques aux autres, ne faisant pas cas de la personne à qui je l’envoie, et ce même à l’église. Ceux qui disent la vérité à mon sujet, je les considère comme mes ennemis. Je ne veux pas me déranger pour rendre service, mais si on ne me rend pas service – je me mets en colère. Ceux qui sont dans le besoin, je refuse froidement de les aider, mais si je suis dans le besoin, je m’adresse à eux de manière insistante (ennuyeuse). Je n’aime pas visiter les malades, mais si je suis malade, j’attends que tout le monde prenne soin de moi sans avoir à leur demander.


Seigneur, envoie dans la profondeur de mon âme un rayon de ta lumière céleste, que je voie mes péchés ! Ma confession se limite toujours à une liste superficielle de quelques péchés. Ô, mon Dieu, si Tu ne me fais pas miséricorde, si Tu ne me portes pas secours : Je suis perdu ! Ma conscience T’a donné un nombre incalculable de fois la promesse de commencer à mieux vivre, mais je ne l’ai pas tenue et je vis comme auparavant. J’ai honte de me montrer à la personne devant laquelle je me suis trouvé être plus d’une fois tout en n’ayant pas tenu ma parole. Comment me tenir devant Toi, mon Dieu, sans honte et sans reproche, alors que tant de fois devant Ton autel, devant les anges et les Saints, j’ai donné ma promesse et ne l’ai pas tenue ? Comme je suis vil ! Comme je suis criminel ! « À toi, Seigneur, est la justice, et à nous la confusion de face » (Daniel 9,7). Seule Ta bonté sans limite peut me supporter. Tu n’as pas permis que se perde le pécheur, ne permet pas que se perde celui qui se repent ! Apprends-moi à me souvenir de tous mes péchés de toute ma vie, les péchés de jeunesse, les péchés de l’homme mûr, les péchés du jour comme ceux de la nuit, les péchés que j’ai commis contre mon âme, les péchés que j’ai commis contre mes proches, les péchés que j’ai commis contre Toi-Même, mon Seigneur et mon Sauveur ! Comment les dénombrer durant le temps où je me tiens devant ce Saint lieu ! Je me souviens, Seigneur, que Tu as écouté la courte parole du publicain et du larron ; je sais que Tu reçois avec miséricorde le désir même du repentir et je Te prie de toute mon âme, mon Seigneur, Seigneur, reçois mon repentir dans cette confession journalière de mes péchés que contient le livre de prières. J’ai beaucoup plus de péchés que ce qui y est écrit et rien ne les effacera. Je t’apporte maintenant uniquement mon besoin de Toi et le désir de tendre vers le bien mais je n’ai pas de force pour l’accomplir. Ô, Seigneur Ami des hommes, ne repousses pas le pécheur qui vient à Toi, le pécheur qui te prie de lui pardonner. Avant qu’il ne vienne à la porte de Ta miséricorde, Tu la lui ouvres déjà ; avant qu’il ne tombe à Tes pieds, Tu lui tends la main : avant qu’il ne confesse ses péchés, Tu lui donnes Ton pardon. Donne le moi aussi dans Ta grande miséricorde ; Pardonne tout ce que j’ai fait, dit ou pensé de mal. Et en me donnant ton pardon, envoie-moi la force pour que je vives à partir de maintenant selon Ta volonté et pour que je ne T’offense pas. Aide-moi – et je serai sauvé : aide-moi par Tes Saints Mystères. Et pour que ma communion soit digne, donne-moi la grâce de la rémission et du pardon par la bouche de Ton prêtre, parle par Ton Saint Esprit, que l’on n’entend pas par l’ouïe, mais que le cœur contrit entend dans la paix de la conscience. Amen.

Source : Forum Orthodoxe