samedi 25 avril 2026

 

Des mensonges qui tuent l'amour responsable

Métropolite Paul de Sisaniou et Siatistis


 

Des mensonges qui tuent l'amour responsable

Si aujourd'hui le mariage traverse une grave crise, et qu'un mariage sur trois est en train de se briser, c'est parce qu'il y a une crise de l'amour. 


Les gens ne sont plus capables d'aimer. Bien que l'on prétende, à travers ce message, alerter les jeunes sur le danger auquel ils s'exposent, les conséquences sont en fin de compte dévastateur, avec une augmentation significative des cas d'infection au VIH. Nous voulons les protéger, mais nous les exposons en réalité à des dangers qui mettent à mal leur vie entière…

Il y a quelques années, un jeune homme est entré dans mon bureau, s'est assis en face de moi, m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit : « Vous savez, Père, quel est mon problème ? J'ai le sida. » Et avant que je puisse répondre, il a poursuivi : « Et savez-vous pourquoi je suis en colère maintenant ? Parce qu'aujourd'hui je peux être sobre et je le suis, mais avant, pourquoi ne le pouvais-je pas ? »

Je suis resté là un moment, à le regarder. C'était un jeune homme très grand qui avait soudain pris conscience de son désir de vivre. Nous avons longuement discuté avec lui, nous confiant des choses qui, à cet instant précis, n'auraient guère d'importance. Ce qui compte, c'est que ce jeune homme soit mort, et ce qui me hante, c'est la responsabilité cruciale que certains portent dans la disparition de tant de jeunes. Il s'agit de tous ceux qui, au lieu de parler avec vérité et responsabilité, emploient des paroles tièdes et font preuve d'une telle irresponsabilité. Aujourd'hui, ce n'est pas seulement le sida qui tue, mais aussi la superficialité et l'irresponsabilité de ceux qu'on appelle spécialistes.

Le sida et son mode de transmission lancent un signal d'alarme à l’humanité, et ce signal est très clair : la nécessité de renouer avec les liens naturels d'amour entre les êtres humains, de revenir au véritable amour, que les humains perçoivent comme une image de l'amour, et non comme un objet à utiliser et à jeter.

Au lieu du langage de la responsabilité et de la vérité, qui est en fin de compte le langage de l'amour qui sauve, nous proposons l'apparence voilée de la vérité, en réalité un mensonge qui tue.

Cette image est véhiculée par le slogan trompeur, catastrophique et finalement mortel : « Oui à l'amour. Non au sida. » J'ai beau essayer de comprendre ce message, la colère bouillonne en moi. Dès le départ, ce message est mensonger, et cela se manifeste par l'amalgame entre amour et sexualité. Il est temps de clarifier la situation : l’amour (en grec : agapi ),  l'amour charnel  (en grec : eros ) et la sexualité en sont trois réalités distinctes  . Que signifie ce message ? « Vous êtes libres dans vos relations sexuelles, mais attention à ne pas contracter le sida. » Je pense qu'il s'agit d'un message irresponsable et mortel, au contenu mensonger. Ce « oui » signifie la liberté sexuelle, la liberté de changer de partenaire. Ce « oui » signifie « non » au véritable amour entre époux, « non à l'amour ».

Même s'il est « protégé » contre le sida par des moyens de protection – dont l'inefficacité a été maintes fois prouvée ! –, l'homme n'est pas sauvé de l'aliénation de lui-même, des autres, ni de l'incapacité d'aimer véritablement.

La pensée qui fait de l'autre un objet que nous utilisons pour notre satisfaction personnelle, et non une personne que nous aimons – si nous l'aimons, la respectons, la chérissons, nous consacrons à elle – déforme la vie spirituelle de l'homme et crée l'incapacité d'aimer, l'impossibilité de tomber amoureux d'une manière belle et authentique.

Si le mariage traverse aujourd'hui une crise grave, et qu'un mariage sur trois est en train de se briser, c'est parce qu'il y a une crise de l'amour. Les gens ne sont plus capables d'aimer.

Bien que nous soyons censés alerter les jeunes sur les dangers auxquels ils s'exposent, les conséquences sont en fin de compte dévastateur, avec une augmentation significative des infections au VIH. Nous voulons les protéger, mais nous les exposons en réalité à des dangers qui mettent en péril leur avenir.

La seule véritable et irremplaçable précaution contre le fléau du siècle est d'offrir aux jeunes le choix de l'amour ( agapi ), plutôt que celui des relations sexuelles. Car l'amour non seulement sauve du danger – en l'occurrence, d'un danger de mort ! – mais il fait aussi s'épanouir la vie humaine et conduit l'homme à son accomplissement.

Source : Doxologia.ro