mardi 8 septembre 2020


La République et le sang des catholiques

Source : Aleteia

Revolution francaise et mouvements contre-revolutionnaires :
 Massacre des 2,3,4,5,6 septembre 1792 à Paris.

Père Christian Venard | 07 septembre 2020

Mystérieusement, la repentance à l’égard de toutes les fautes du passé échappe aux autorités de l’État quand il s’agit des victimes catholiques, tuées en haine de la foi au nom des idéaux révolutionnaires. Pourtant, c’est en vérité que se construit l’unité d’un peuple.

Tout au long de l’été, à bien y regarder, c’est chaque jour, que le martyrologe romain faisait mémoire de la triste et longue liste de ces innombrables martyrs espagnols, tués en haine de la foi catholique par les Républicains. Pas une semaine ne se passe non plus, sans que l’on y trouve mention d’un ou plusieurs catholiques, prêtres ou laïcs, martyrs du nazisme durant la Seconde Guerre mondiale, ou du communisme ! Pourtant, si l’on en croit la pensée dominante dans les médias français et plus généralement occidentaux, l’Église catholique est affublée d’oripeaux d’horreurs, d’obscurantisme et surtout de violences et de répressions.

Silence sur les victimes

En ce début septembre, avec l’Église nous avons commémoré le massacre de 191 catholiques, déclarés depuis bienheureux et martyrs de la Révolution, par les émeutiers, essentiellement au couvent des Carmes, en 1792. Ces massacres sont un des sommets de la violence révolutionnaire, au moins dans la capitale, et en quelques jours provoqueront l’assassinat de plus de 1.300 Français, dans des exécutions aussi sommaires que barbares. Pourquoi donc, dans un pays où la commémoration des victimes de toute sorte est devenue une des expressions publiques les plus fréquentes de la part des hommes politiques, aucun mot, aucune allusion n’ont jamais été formulés pour tous ces Français, par milliers, tombés sous la fureur partisane des révolutionnaires ? Dans un pays qui s’est honoré en reconnaissant officiellement le massacre des Arméniens, la Shoah, les victimes de la colonisation, celles de l’esclavage, jamais une parole n’a pu être exprimée pour ces compatriotes tués en haine de leurs convictions religieuses ou politiques ?

Tant que le régime républicain qui gouverne la France traitera ainsi en citoyens de seconde zone celles et ceux que, par des principes odieux, ses prédécesseurs ont massacrés, il y a peu de chance qu’il puisse en vérité être un pouvoir d’unification d’un peuple, qui connaît de plus une forte crise d’identité, face à la mondialisation et aux mouvements migratoires. Quand verrons-nous la République reconnaître officiellement ses erreurs, ses horreurs, pratiquées jusqu’à une large échelle — on peut penser ici au génocide vendéen — contre les catholiques ?

Le pardon n’est pas l’oubli

Il ne s’agit pas de prendre la pose victimaire et communautariste, dont on nous accuserait bien vite pour détourner le regard, gêné en effet par ces crimes contre l’humanité, perpétrés au nom même des idéaux de la République (ah… ces fameuses « valeurs » républicaines aussi vagues finalement que vides de sens, puisque dépendant uniquement de la morale relative et provisoire du plus fort représenté à l’Assemblée nationale). En revanche, il conviendrait, avec force, de rappeler dans nos rapports avec l’État républicain, les torts immenses qu’il a causé à ses propres citoyens, à cause de leur foi. Cela nécessiterait peut-être aussi un changement profond de perspective historique et diplomatique au sein des autorités de l’Église. En particulier, il conviendrait de sortir d’une mauvaise interprétation du fameux Ralliement à la République, qui appelait une indifférence légitime à l’égard du régime et non son soutien aveugle. Le pardon ne saurait être oubli. C’est dans la vérité, fût-elle rude, que se construit un peuple et la loyauté à l’égard de l’autorité politique.


"N'oublions pas non plus le génocide Vendéen ! "
p.g

Mémoire éternelle, 

Abbaye des Carmes de Saint Firmin





Les bienheureux martyrs de septembre 1792

Dans la foule des victimes des massacres de septembre 1792 à Paris, l’Église a retenu les noms de 3 évêques, 181 prêtres, 2 diacres, 1 clerc et 4 laïcs, dont elle a reconnu, en 1926, 
la mort par fidélité au Siège Apostolique.

Ces martyrs, mis à mort au couvent des Carmes, à l’abbaye Saint-Germain, au séminaire Saint-Firmin, aux 2 prisons de La Force, comprenaient 86 prêtres, 1 diacre et 1 clerc qui appartenaient au clergé diocésain.



mardi 1 septembre 2020

Juste un petit rappel :

Saint Vincent de Lérins :
"Il faut s'en tenir à ce qui a été cru partout, ce qui a été cru  toujours et ce qui a été cru par tous".


Il est universellement reconnu en tant que principe ecclésiologique de base que les ordinations des hérétiques et des schismatiques, et en particulier de ceux qui sont déchus et excommuniés, en tant que "sacrement" célébré par toutes les Églises, sont invalides. Ce principe fondamental est inextricablement lié à l'enseignement orthodoxe du Saint-Esprit et constitue un fondement inébranlable de la succession apostolique des évêques orthodoxes. Nous sommes convaincus que ce principe ne peut être ignoré.

Source :
Extrait de la lettre de l'Archevêque d'Albanie Anastase, au Patriarche de Constantinople.


Les canons des conciles œcuméniques de Laodicée et d'Antioche indique que la prière commune avec les schismatiques est interdite, et que ceux qui entrent en communion avec les excommuniés doivent eux-mêmes être excommuniés. De plus, seule l'Église qui excommunie quelqu'un peut le recevoir en retour - une règle clairement enfreinte par le patriarche de Constantinople et ses hiérarques ..., ce qui, selon le Concile d'Antioche, les soumet à l'excommunication.

Source :

Lettre des startsy de l'Athos 

lundi 31 août 2020


Seigneur, aie pitié de moi, pécheur !

Rassemble les gens et dis-leur : sans votre repentir et sans sincérité dans votre prière, ce mal durera plus longtemps que vous ne le pensez ; tournez-vous vers Moi, votre Dieu, et repentez-vous ; une prière sincère et universelle doit M’atteindre, Moi votre Dieu ; le jeûne chassera les démons; tout sacrifice M’est acceptable; rejetez votre esprit léthargique et renoncez à vos mauvaises voies, et faites la paix avec Moi votre Dieu; faites-Moi entendre : «Seigneur, aie pitié de moi, pécheur !» et Je montrerai de la compassion ; et Je ferai pleuvoir des bénédictions sur vous tous ; venez, n'ayez pas peur ; J’écoute... IC-XC



 Ô Saint des saints, mon Dieu, que ma prière s'élève vers Toi, entends notre cri d’appel à la miséricorde et à l’aide.
Pardonne à ceux qui n’ont aucune foi en Toi, mon Dieu,
et n’ont aucune confiance non plus en Ton pouvoir de nous sauver.

Ne souffle pas les lumières de nos jours, faisant ainsi dépérir la terre en un éclair. Mais dans Ta Compassion Paternelle, aie pitié de nous et pardonne-nous.
Ne permets pas au démon de verser notre sang comme de l’eau. Pardonne nos fautes, réprime Ta colère, en Te souvenant de notre faiblesse.
Retiens Tes anges de désastre, en nous donnant une chance de plus de nous montrer dignes de Ta Bonté.
Je place ma confiance en Toi.
 "Amen”

mardi 18 août 2020

Saint Jean Climaque 

L'Échelle sainte degré XXVIII, I


Si vous envisagez la prière en elle-même, dites que c'est une sainte conversation, une douce union avec Dieu; mais si vous considérez sa vertu et sa puissance, il faut dire que c'est elle qui conserve le monde, réconcilie la terre avec le ciel, produit les larmes sincères du repentir et en naît quelquefois, efface les péchés, triomphe des tentations, nous console et nous protège pendant le temps fâcheux des afflictions, met une fin et un terme aux guerres cruelles que nous font nos ennemis, exerce dans nous les fonctions des anges, devient la nourriture des esprits, procure les joies futures, entretient le cœur dans une action continuelle, fait acquérir les vertus, obtenir les dons célestes, et avancer à grands pas dans les voies de la perfection; il faut ajouter qu'elle est le vrai froment de l'âme, la lumière de l'esprit, la ruine du désespoir, la maîtresse de l'espérance, le fléau de la tristesse, la fortune des religieux, le trésor des solitaires, l'extinction de la colère, le miroir des progrès dans la vertu, la démonstration certaine des règles qu'on doit suivre, la manifestation de l'état de notre âme, la notion claire des biens futurs et l'indice de la gloire éternelle; il faut enfin avouer qu'elle est, dans la personne qui prie, une espèce de palais et de tribunal où le souverain Juge, sans attendre le dernier jour, rend à tout moment ses arrêts de justice et de miséricorde.

Source: Moinillon au quotidien

jeudi 6 août 2020


6  août ....2020. 
Fête de la Transfiguration 
de Notre Seigneur Jésus-Christ.






6 août…. 1945

Hiroshima, 75 ans plus tard: «Pourquoi ne suis-je pas morte, ce jour-là?»



Texte par :Bruno Duval

 « Je ne suis pas morte à Hiroshima. Pourquoi ? »

 Keiko Ogura avait huit ans le 6 août 1945. Elle n'était qu'à 2 km du point d'impact de la première bombe atomique de l'histoire. Et pourtant, elle y a survécu, ce qui l'a culpabilisée très longtemps.

dimanche 2 août 2020


LE PUR ET L’IMPUR

Pour celles qui savent lire !
Pureté –

Dans toutes les religions anciennes, c’est la disposition requise pour s’approcher de ce qui est sacré.

Dans le judaïsme –

Dans la vie communautaire, sans rapport avec la moralité, c’est aptitude légale à participer au culte (Lv 11-16). Ainsi la propreté physique consiste à s’éloigner de ce qui est malpropre (immondices ; cadavres ; maladie : lèpre). Mais on se protège également contre le paganisme, les peuples comme les Cananéens sont impurs en raison de leur idolâtrie ; des animaux sont impurs : le porc, par exemple, associé au culte païen. En général, tout ce qui est saint, tout ce qui touche au culte doit être pur, d’où les rites de purification : lavage du corps et des vêtements, le sacrifice du bouc émissaire, les holocaustes. La communauté sainte doit être respectée : cela va de l’attention à la nourriture et au contact, à la discipline morale.
Est impur ce qui consiste dans une perte de la vie : le sang versé, ou la semence virile. Plus généralement, l’impureté concerne la confusion : du divin et de l’humain (idolâtrie), de l’humain et de l’animal (zoolâtrie), du masculin et du féminin (homosexualité).

dimanche 5 juillet 2020


Saint Marc d'Ephèse, pilier de l'Orthodoxie: Dernières volontés

Source: Orthodoxologie



Saint Marc d'Ephèse



Après la honteuse fausse union de Florence, saint Marc d’Ephèse s'adressa aux fidèles le jour de son repos en Christ. En voici un extrait /

En ce qui concerne le Patriarche [de Constantinople], je dirai ceci, de peur qu'il ne lui vienne à l'esprit de me témoigner un certain respect lors de l'enterrement de mon humble corps, ou d'envoyer sur ma tombe l'un de ses supérieurs ou de son clergé ou en général l'un de ceux qui sont en communion avec lui, afin de participer à la prière ou de rejoindre les prêtres qui y sont invités parmi nous, pensant qu'à un moment donné, ou peut-être secrètement, j'avais permis la communion avec lui.

Et de peur que mon silence ne donne l'occasion à ceux qui ne connaissent pas bien et pleinement mes opinions de soupçonner une sorte de conciliation, je déclare et témoigne devant les nombreux hommes dignes ici présents que je ne désire, en aucune manière et absolument, et n'accepte pas la communion avec lui ou avec ceux qui sont avec lui, ni dans cette vie ni après ma mort, tout comme (je n'accepte) ni l'Union, ni les dogmes latins, que lui et ses adhérents ont acceptés et pour l'application desquels il a occupé cette place de président, dans le but de renverser les véritables dogmes de l'Église.

Je suis absolument convaincu que plus je m'éloigne de lui et de ceux qui lui ressemblent, plus je suis proche de Dieu et de tous les saints, et que dans la mesure où je m'en éloigne, je suis en union avec la Vérité et avec les Saints Pères, les Théologiens de l'Église ; et je suis également convaincu que ceux qui se comptent avec eux s'éloignent de la Vérité et des bienheureux Maîtres de l'Église.

C'est pourquoi je dis : de même qu'au cours de toute ma vie j'ai été séparé d'eux, de même, au moment de mon départ, et après ma mort, je me détourne des rapports et de la communion avec eux et je fais le vœu et l'ordre qu'aucun d'entre eux ne s'approche de ma sépulture ou de mon tombeau, et de même qu'aucun autre de notre côté, dans le but de tenter de se joindre à nos services divins et de concélébrer ; car ce serait mélanger ce qui ne peut l'être.

Mais il leur convient d'être absolument séparés de nous jusqu'à ce que Dieu accorde la correction et la paix à Son Église. [cité dans The Orthodox Word, juin-juillet 1967, pp. 103 et suivantes].

Par tes prières de saint Marc d’Ephèse, et de tous les saints Pères, enseignants et théologiens, ô Christ notre Dieu, préserve dans la confession orthodoxe Ton Église, pour les siècles des siècles ! Amen !




Source

*
Voir aussi:


jeudi 18 juin 2020


Je remets en ligne quelques articles concernant le père Gabriel BUNGE parus sur Orthodoxologie, et Parlons orthodoxe. 

Interview de Père Gabriel ( Bunge):
 L'ORTHODOXIE A-T-ELLE BESOIN D'ORDRES MONASTIQUES ? (1)

Archimandrite Gabriel (Bunge)


L’archimandrite mégaloschème Gabriel (Bunge) parle des réformes catholiques, de la tradition orthodoxe et de l'objectif le plus important du monachisme.

L’archimandrite mégaloschème Gabriel (Bunge) est l'higoumène du Mona
stère de l'Exaltation de la Croix situé près de Lugano, en Suisse. C’est un patrologue, un théologien et l’auteur d'un certain nombre de livres qui ont été traduits dans de nombreuses langues européennes.

Dans notre conversation suivie, le Père Gabriel répond aux questions importantes suivantes concernant l'histoire du christianisme et son statut contemporain : Quelles sont les raisons du schisme entre l'Orient orthodoxe et l'Occident catholique, et peut-on le surmonter ? La création d'ordres monastiques serait-elle appropriée pour l'Église orthodoxe ? Quel genre d'éducation les moines doivent-ils avoir ? Comment les chrétiens devraient-ils maintenir un état d'esprit spirituel approprié ?

Hiéromoine Gabriel (Bunge):
 La réconciliation des Eglises, une vision personnelle


La revue « Neskoutchny Sad » (journaliste Anna Paltcheva) a obtenu un entretien avec le père Gabriel Bunge (1)

- NS. Vous vous êtes converti à l’orthodoxie, ceci à un âge fort avancé. Il n’est pas fréquent que de telles décisions soient prises aussi tard dans la vie. Votre conversion a eu lieu à Moscou, fin août dernier. Elle a suscité de grands remous parmi les catholiques. Vous avez dit que cette décision avait mûri en vous pendant toute votre vie. Vous êtes un théologien, un patrologue connu, un ermite. Racontez-nous cette évolution.


Père Gabriel BUNGE "Nous devons retourner à nos racines"




Une longue interview avec l'Archimandrite Gabriel BUNGE a été publiée en anglais en octobre 2013. Cette interview est très intéressante dans son ensemble mais je n'en connais pas de version française et j'en propose un large extrait particulièrement significatif. Le père Gabriel, moine catholique, fut reçu dans l'Eglise orthodoxe russe en 2010; il est maintenant abbé et unique moine du monastère de la Sainte Croix en Suisse.

Historien de formation, le père Gabriel explique au début de l'interview que la "sécularisation", problème essentiel des Eglises occidentales, est venue par les tentations régaliennes des princes de l'Eglise catholique, papes et évêques, qui se préoccupaient en premier lieu de diriger leurs états séculiers. Traduction de VG; les sous-titres résument les questions de l'interview



jeudi 11 juin 2020


SANS REPENTANCE, NOUS NE 

POUVONS PAS ÊTRE SAUVÉS

Une conversation avec Géronda Gabriel du mont Athos


Gabriel, du Mont. Athos

Ceci est une traduction en anglais d'une conversation avec Géronda Gabriel de la cellule de Saint-Christodoulos du monastère de Koutloumousiou, le Mont Saint Athos, du vendredi 24 avril 2020. L'aîné parle de la fermeture des églises, de la reconnaissance de la pseudo-autocéphalie des schismatiques de «l'Église» ukrainienne dirigée par Éphiphanie Dumenko, prière conjointe avec les hérétiques, guerre avec la Turquie et mariage avec les hétérodoxes.
    
Frère Gabriel : De tout mon cœur, je souhaite que la bénédiction de Dieu soit avec tout le peuple grec orthodoxe. Que le Seigneur nous protège, qu'il nous conduise hors de ces situations apparemment sans espoir. Et que sa honte tombe sur tous ceux qui luttent contre notre foi.

Dieu attend le repentir de nous chrétiens. Sans repentance, nous ne pouvons pas être sauvés. Lorsque les Perses sont venus capturer Athènes, les Athéniens se sont adressés à l'oracle de Delphes, demandant: "Comment pouvons-nous être sauvés?" [Au début, la réponse fut qu'ils mourraient, mais après de nombreuses prières en larmes] Pythia répondit: "Les murs en bois sauveront la ville", [et ils échappèrent à la destruction].

Les saints Pères ont déclaré: «Seul le repentir sauvera notre Grèce bien-aimée. Sans repentance, nous ne pouvons pas être sauvés. "

Dans notre pays, tant de lois ont été adoptées qui sont contraires à la loi de Dieu! Il y a dix commandements de Dieu, dont l'un dit: "Tu ne tueras pas." Mais les législateurs grecs disent: "A bas la loi de Dieu!" Ils ont légalisé l'avortement. Dieu nous dit: "Tu ne commettras pas d'adultère." Cependant, les législateurs grecs ont adopté une décision qui viole le Commandement de Dieu. Ils ont légalisé l'adultère, la fornication, la cohabitation libre, le mariage civil. Ils prônent l'abolition de l'étude de la loi de Dieu dans les écoles et la suppression de l'image de la croix du drapeau de la Grèce.

mardi 2 juin 2020


APOSTOLIA

Mai 2020 





mercredi 27 mai 2020


CE QUI SERAIT VRAIMENT INQUIÉTANT




Un vécu biblique –

La prière est liée aujourd’hui à l’expérience de l’épreuve permise par Dieu comme dans la Bible. Ce qui nous est donné de vivre est une situation biblique. Nous sommes le Peuple de Dieu, et nous recevons de sa part un message paternel : les fléaux,  phénomènes fréquents dans l’histoire du monde, sont permis par le Créateur et nous parlent. Mais « l’homme stupide ne les connaîtra pas, et l’insensé ne pourra les comprendre ! » (Ps. 91, 7). Au temps de Noé, Dieu permit le fléau du déluge. A nous d’être, confinés comme dans l’Arche, préservés de la destruction. « Va, mon peuple, entre dans tes chambres, ferme la porte, cache-toi un peu de temps, jusqu’à ce que soit passée la colère du Seigneur » (Is. 26, 20).

L’intercession

Nous supplions le Seigneur d’épargner nos familles, notre peuple, nos enfants et même nos ennemis. Moïse détourna la colère de Dieu en se dressant devant lui (Ps. 105) et Phinéas « se leva et obtint le pardon et le fléau s’arrêta » (Ps 105, 30) : dans toutes nos communautés, de la sainte Montagne à nos humbles paroisses, des supplications s’élèvent vers le Seigneur. Nous lui demandons d’arrêter « par son bras miséricordieux » le fléau qui frappe les peuples !

L’action de grâce

Mais nous remercions le Seigneur. Dans cette épreuve, nous comprenons bien qu’Il est présent, qu’Il a un plan pour nous, pour l’Église et pour la société civile. Rendre grâce à Dieu dans la pandémie c’est confesser avec foi sa présence et chercher à entendre le message qu’Il nous adresse : « Écoute, Israël ! » Le Seigneur nous offre un carême véritable car tous voient la coïncidence providentielle entre le temps liturgique et l’heure du fléau. « Gloire à toi, notre Dieu, gloire à toi ! » Nous acceptons son projet ; nous adhérons au message paternel qu’Il nous adresse. Nous sommes des adultes responsables. Tout semble nous être retiré, ce qui relève du pouvoir – institution ecclésiastique, force économique, règne de nos idoles d’argent et de confort. Et Dieu nous propose un chemin d’intelligence et de réconciliation avec lui, avec sa Création et avec nous-mêmes.

Le repentir

« Repentez-vous »: tel est le message apporté par la pandémie – nous remettre en question de fond en comble ; réviser complètement notre conception de la société ; revoir à fond notre comportement d’Église et reconnaître à quel point nous sommes loin de la vérité. Qui osera dénoncer notre compromission avec le monde, l’obsession de l’institution ecclésiale d’être reconnue et soutenue par l’État ? Dieu nous le dit à travers le fléau : redressez la tête ; corrigez vos pensées ; rectifiez votre comportement… Écoutons la parole des prophètes… Ce n’est pas un accident ; nous ne sommes pas des bébés qui se plaignent. Supplions Dieu de nous montrer nos erreurs. Il nous exaucera et nous donnera des larmes de repentir.

L’impénitence

Nous manquons d’humilité ; nous manquons de pénitence ; nous cherchons à contourner l’épreuve au lieu de l’affronter. Posons-nous plutôt la question : qu’avons-nous fait ? Qu’ai-je fait, moi, pour qu’on en soit là ?    Très alarmant est le fait que le fléau ne nous conduise pas au repentir, à nous couvrir de sac et de cendre. Qu’est-ce que Dieu pourra trouver pour nous réveiller si cette épreuve ne sert à rien ? Dans le souci chrétien de maintenir le culte et l’institution, nous ne reconnaissons pas l’accent des prophètes qui savaient avertir Israël du message que le Seigneur délivrait à travers les grandes épreuves historiques. C’est extrêmement inquiétant. Si nous ne nous repentons pas, ce sera terrible : que fera Dieu alors pour nous montrer sa volonté et le chemin de notre Salut ?

De la miséricorde à la colère

Si nous ne nous réformons pas en profondeur à l’occasion providentielle de ce fléau, Dieu nous abandonnera à nous-mêmes, ce qu’on appelle la colère de Dieu : le christianisme disparaîtra, comme une idéologie, un pouvoir politico religieux, parce qu’il n’aura pas été capable d’entendre. Ce que nous vivons actuellement, c’est la miséricorde de Dieu qui nous avertit; mais elle ne touche pas notre conscience. Redoutons sa colère. Aurons-nous des oreilles pour entendre ce que Dieu dit à son Eglise? Nos pasteurs sauront-ils assumer l’esprit des prophètes? Y a-t-il dans le Peuple cet « homme au cœur profond” dont parle le psaume 63 et par qui Dieu et sa sagesse miséricordieuse seront exaltées?

Source: Sagesse orthodoxe

lundi 11 mai 2020


PANDÉMIE ET DISCERNEMENT DES PENSÉES

Sagesse-Orthodoxe

La vigilance 

Les Pères du désert, depuis saint Antoine, ont fait l’expérience du discernement des pensées et de la garde du cœur. Ils ont parlé de vigilance, à la suite de l’apôtre Pierre : « soyez sobres, veillez ! Votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi » (1 Pi 5, 8).  Très actuelle, en ce temps d’épreuve, la garde des pensées… Examinons nos pensées. Discernons les pensées. Choisissons les pensées… Toutes sortes de messages nous parviennent par les médias et les réseaux sociaux, telle information et son contraire, certaines alarmistes, certaines rassurantes, d’un extrême à l’autre…

Le tourment des pensées

Ne nous laissons pas entraîner à droite et à gauche… messages conspirationnistes ou messages lénifiants… Certaines fois nous sommes persécutés par des pensées d’angoisse, de peur des jours qui viennent, des menaces d’oppression ou de nouvelles épidémies, la peur nous menace, cette peur qui est l’instrument de tous les despotismes, “j’ai passé les nuits sans sommeil… tout le jour mes ennemis m’outragent…”, dit le Prophète (Ps 101). Persécution, tourment des pensées négatives qui nous font voir des ennemis partout, qui nous font soupçonner tout, tous et chacun, qui nous feraient douter de Dieu lui-même!

La pensée divine

Cherchons surtout la pensée divine. “La pensée de l’homme te confessera”, dit le Prophète (Ps. 75).  Gardons le cap de la foi droite en Dieu et en sa parole: “Dieu est le roi de toute la terre” (Ps 46). Surveillons nos pensées: “dès le matin je mettais à mort tous les pécheurs de la terre afin d’exterminer de la cité du Seigneur tous ceux qui commettent l’iniquité” (Ps 100).

Deux lectures pour ce verset :

– la déviation de notre pensée qui, dès le matin, commence à vouloir tuer tout le monde… Le verset cité est une espèce d’auto portrait de notre conscience…

– la juste attitude qui consiste à détruire (“mettre à mort”, “exterminer”) les pensées négatives (“tous les pécheurs”) qui envahissent notre conscience (“la terre”) et notre cœur (“la cité du Seigneur”). Cela consiste justement à mettre à mort les pensées de mort, les jugements, les condamnations, les soupçons… Pourquoi ? – parce que le Seigneur nous enseigne le non jugement à l’égard des personnes, et que, d’autre part, Il nous dit : « Pourquoi cette peur, gens de peu de foi ? » (Mat 8, 26) et encore : « Courage ! Je suis là ! » (Marc 6, 50). La pensée divine nous rappelle sa présence et sa seigneurie.

Le choix des pensées

Nous avons la liberté de penser. Toute la tradition ascétique enseigne et prouve que l’homme peut choisir ses pensées. Lisons un peu la Philocalie… Lisons un peu saint Jean Cassien. Comment exercer cette liberté – en refusant l’entrée à ces pensées ou en les chassant, en les remplaçant, surtout, par des pensées divines ; en pratiquant la louange… et l’amour des ennemis, gage de résurrection !

Cultivons des pensées nobles, généreuse, créatrices, intelligentes, prometteuses, qui se rapportent à la royauté du Seigneur: “le Seigneur rebâtira Sion, et on le verra dans sa gloire” (Ps. 101); “au principe, Seigneur, Tu as fondé la terre, et les cieux sont l’oeuvre de tes mains… Tu demeures… Tu restes le même, et tes années ne passeront point” (Ps. 101)

Que pense Dieu ?

Disons tous les jours le canon du dimanche précédent (des Myrrhophores, du Paralytique, etc.) pour nous imprégner de la pensée divine. Pensons à Dieu ; interrogeons-nous sur ce que pense Dieu ; réfléchissons à la pensée divine car les pensées des hommes, souvent, “sont vaines” (Ps.93, 11). Au contraire, “la nuit je peinais en mon cœur et mon esprit cherchait à comprendre”, dit le Prophète (Ps. 76).
Einstein, ce grand homme de science disait: “Je veux savoir comment Dieu a créé le monde, je ne suis pas intéressé par tel ou tel phénomène, par le spectre de tel ou tel élément. Je veux connaître ses pensées, le reste n’est que détails.” — Albert Einstein, cité dans «Une conversation avec Einstein» de E. Salaman,(1955) 370-371.

dimanche 3 mai 2020


Homélie de Père Elie de Terrasson-LavilleDieu 
pour le Dimanche de Thomas



Père Elie
Le 25 avril 202
            Huit jours après Pâques plusieurs enquêtent encore, plus ou moins discrètement, pour savoir s’il y a eu du monde au monastère pour célébrer Pâques, malgré le « confinement » rigoureux.
Eh bien après tout, pourquoi vous cacherais-je la vérité ? Oh que oui, il y avait du monde ! Et du beau monde ! Vous voulez des noms ?
            Attendez un peu, après une longue introduction, que je crois nécessaire,  je vais vous en révéler quelques-uns. Vos investigations pourtant m’étonnent : quoi ! Vous ne les avez pas vus ?

La Liturgie pascale sur le monde

Ou : Pâques 2020 au monastère de la Tansfiguration

Cela ne s’était jamais produit depuis 2000 ans : ce que les grands empereurs romains persécuteurs n’avaient pas réussi à faire, les Néron, Domitien, Trajan, Adrien, Antonin, Marc-Aurèle, Septime-Sévère, Maximin le Thrace, Dèce, Valérien, Aurélien, Dioclétien et Maximin, Julien l’Apostat… ce à quoi n’étaient pas parvenus les Sarrasins et les Seldjoukides, les Jacobins et les Bolcheviques, ni les régimes issus de la Grande Révolution maoïste et celle de Khmers Rouges, le « Nouvel-Ordre Mondial », lui, a réussi. Nikos Kazantzakis avait écrit « le Christ recrucifié », nous attendons qu’un auteur génial écrive une relation historique intitulée : « Le Christ reconfiné ».

Certes, des persécutions il y en a eu ; et il y en a de plus en plus !!! Certaines ouvertes, d’autres clandestines, toujours larvées. Des prêtres ont été déportés, des églises ont été détruites ou fermées, des chrétiens ont été arrêtés, torturés, pendus, empalés, égorgés, et cela continue ! L’éducation religieuse a été brimée, les écoles fermées, les œuvres caritatives interdites, les léproseries, les hôpitaux et les hospices spoliés, les biens des Églises confisqués et vendus, dilapidés. Bref, rien de nouveau sous le soleil. Mais, même appliquées à grande échelle, ces persécutions restaient locales. Dans d’autres contrées, l’Église chrétienne vivait, se développait ou vivotait, survivait, espérait ; respirait.

En l’an 33, Jésus crucifié et mort sur la croix a été enfermé, sous scellés officiels, dans une chambre sépulcrale. Il a été « mis en confinement » dans le creux d’un rocher, gardé par des soldats mandatés et soudoyés pour qu’on ne puisse pas Le dérober ! Peine perdue, comme on le sait aujourd’hui dans le monde entier, personne ne L’a dérobé : Il s’est soustrait tout seul à la mort en ressuscitant ! Ouch ! Incroyable, mais vrai ! Et maintenant Il vit ! (mais autrement et presque imperceptiblement…) Mais voilà, deux mille ans après, Il a été « re-confiné », pas en un lieu seulement, en une région ou en un pays, mais presque, nous osons à peine le dire tout bas, mondialement. « On » aurait voulu que ce fût universellement !


mardi 14 avril 2020


« Pourtant, auparavant, pendant les épidémies, tout le monde allait à l’église! » – réponses d’un évêque et virologue aux commentaires indignés au sujet du coronavirus

L'évêque Pierre de Kalatchinsk et Mouromtsevo, avant de recevoir la prêtrise, a été diplômé de la faculté de biologie de l'université d'État de Moscou, a travaillé à l'institut de recherche sur les infections focales naturelles d'Omsk et a soutenu sa thèse sur la spécialité "Virologie". Le site Internet Foma.ru lui a demandé de répondre aux commentaires des personnes « indignées » qui ne comprennent pas pourquoi nous avons besoin de mesures de sécurité sérieuses pendant la période de coronavirus

14 avril 2020 par Jivko Panev

« Au contraire, auparavant, lors des épidémies, on allait toujours à l’église ! »

– Non, pas toujours ! Ceux qui parlent ainsi sont peu familiers de l’histoire, y compris celle de l’Église. Dans le passé, il y avait aussi l’isolement et la quarantaine – ne pensez pas que ce soit une mesure nouvelle, inventée. Bien sûr, le niveau de connaissance des causes et du déroulement des épidémies était très différent de ce qu’il est aujourd’hui. Cependant, les gens savaient que la seule façon d’arrêter la peste, le choléra et la variole était d’instaurer la quarantaine. Et dans de nombreux cas, ils se protégeaient et priaient chez eux.

On parle maintenant beaucoup du haut fait de saint Philarète, qui encourageait les Moscovites et les invitait à la prière, mais cet exploit est exceptionnel. Je me souviens que S. Philarète, qui porte le même nom, non de Moscou, mais de Tchernigov, a accompli le même exploit pendant le choléra, mais a été infecté, et les médecins n’ont pu le sauver. C’était en 1866.

Si l’on parle de maladies contagieuses, le principal exploit du clergé a été de visiter des hôpitaux ou des baraquements temporaires remplis de malades. Ce fut et c’est toujours un risque énorme – c’est là la preuve du haut fait des vrais pasteurs. Mais on leur demandait souvent aussi autre chose. On s’efforçait de faire communier les malades soit séparément de ceux qui étaient considérés comme sains (comprenez qu’il n’y avait pas les connaissances modernes sur la transmission du virus à l’époque), soit à la maison ou dans les hôpitaux.

Depuis l’époque des apôtres, on nous a enseigné à obéir aux autorités. Contrairement à la persécution des chrétiens, l’Église a accepté les mesures de quarantaine avec compréhension, et personne n’a été scandalisé par le fait que les lois et règlements de l’Empire russe, prévoyaient la fermeture temporaire des églises pendant les épidémies. Non, ce n’est pas de l’apostasie. Vous et moi vénérons le saint juste Théodore Ouchakov. Et saviez-vous qu’il a réussi à sauver son équipage naval et toute la ville de Kherson pendant la peste ? Moyennant quoi, une quarantaine stricte y avait été instaurée  et les offices publics dans les églises avaient été interdits.
L’amiral Ouchakov a mis en place des patrouilles aux entrées et sorties, a ordonné à tout le monde de rester chez soi et a isolé tous les malades. La maladie a été vaincue, et l’amiral a été décoré de l’Ordre de Saint-Vladimir. Et nous voyons avec vous que l’Église ne considère pas  seulement ses actions comme celles d’un chef. Cet homme profondément croyant est devenu pour nous un saint qui intercède pour nous devant le trône de Dieu.
Nombreux sont ceux qui se souviennent de l’un des patriarches orthodoxes de l’époque soviétique, le patriarche Pimène (Izvekov), et ils le vénèrent beaucoup. Saviez-vous que lorsqu’il était locum tenens patriarcal, environ un an avant d’être élu patriarche, il a participé à la lutte contre l’épidémie de choléra dans les régions du sud de l’Union soviétique ? Le Caucase, la région d’Astrakhan et Odessa étaient infectés par la maladie, et le danger menaçait l’ensemble du pays.

Un décret ecclésiastique a alors été signé, selon lequel il était strictement interdit d’embrasser les icônes, et la communion des laïcs n’était possible qu’à domicile en cas d’infirmité ou de maladie. Cela, dans la communauté ecclésiastique, n’a pas entraîné de changement d’attitude envers le patriarche Pimène, et l’action conjointe des autorités et de l’Église a permis de vaincre la maladie la plus dangereuse, rapidement, et avec un minimum de pertes.

Ce ne sont là que quelques exemples dont nous avons connaissance. Ceux qui le souhaitent peuvent également se référer au « Livre de chevet du clergé », de S. V. Boulgakov, publié la première fois à la fin du XIXème siècle. Dans le périodique « Foma » un article a déjà été publié à ce sujet. Dans le « Livre de chevet », le lecteur attentif trouvera des précautions particulières pour les pasteurs et les fidèles en cas d’épidémie. Les événements actuels obligeront à étudier plus attentivement l’histoire de l’orthodoxie à ce sujet, qui a suscité des interrogations dans une partie de l’opinion. Il s’agit là d’un autre véritable témoignage. Je pense que les événements actuels inciteront les historiens de l’Église à travailler intensivement, afin que les gens entendent sans éprouver de doute à l’égard des pasteurs et fassent preuve d’une obéissance raisonnable aux autorités.

Il est très important de comprendre que les célébrations des offices dans notre Église se poursuivent. Notre pays a connu des temps bien plus terribles en ce qui concerne la possibilité de communier aux sacrements de l’Église et de recevoir des soins pastoraux. Nous ne devons pas oublier l’époque où presque toutes les églises de notre pays étaient détruites ou fermées, et où le clergé était arrêté et souvent martyrisé. Mais la prière retentissait à ces moments, et les croyants essayaient de soutenir leurs archipasteurs et pasteurs, priaient en secret, apportaient secrètement les Saints Dons dans les prisons et en exil – et c’était s’exposer à la mort.
Et maintenant, les Liturgies sont célébrées, les offices divins sont retransmis en direct pour les fidèles, il y a des processions, les prêtres vont chez les personnes âgées et leur donnent la Communion à la maison. Comparons la situation actuelle avec ce que nous avons vécu au XXe siècle.
Les paroissiens ont la bénédiction du Patriarche pour rester chez eux. C’est la réponse de l’Église, c’est l’aide à nos autorités, à nos médecins et à nos bénévoles qui luttent maintenant contre l’épidémie. Personne n’attaque notre foi, l’unité de l’Église se vérifie sur un autre plan – dans la conscience que, où que nous priions, à l’église pendant les offices ou à la maison, le Christ est parmi nous. Nous sommes séparés extérieurement par la quarantaine, mais nous pouvons prier et être ensemble spirituellement. Il ne faut pas avoir peur – nous sommes unis par le Seigneur Lui-même.

« Le danger est exagéré – nous avons tout le temps des épidémies d’infections respiratoires virales! Et rien ne nous arrive, nous sommes vivants sans aucune mesure spéciale ! »

Les gens qui disent cela ne disposent pas d’informations complètes. Ils croient surtout dans ce qui est écrit sur Internet. Ils comparent les taux de mortalité liés à différentes maladies à un moment où l’infection par le coronavirus est encore en train de se renforcer dans de nombreux pays. Les experts sérieux ne peuvent pas aujourd’hui évaluer toutes les conséquences de ce qui se passe, mais il est clair pour eux qu’une telle épidémie n’a jamais eu lieu depuis longtemps – c’est un nouveau virus non étudié : très contagieux, car il se transmet par les aérosols (des gouttelettes dans l’air).

Des précautions aussi draconiennes ne peuvent s’expliquer par l’intérêt de quiconque, par une conspiration prétendue de fonctionnaires – tous les pays du monde subiront d’énormes dégâts à cause de la quarantaine. Il ne peut y avoir qu’une seule raison de mettre en risque le bien-être de milliards de personnes : le danger objectif du coronavirus.

Il n’existe pas encore de remède, il n’y a pas de vaccin, de nombreux médecins ont été infectés et sont morts, même s’ils ont essayé de respecter toutes les mesures de sécurité. Les médecins se sacrifient aujourd’hui pour notre vie et notre santé.

Regardez ce qui se passe en Espagne, en Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis. En Chine, le seul moyen de réduire le nombre de maladies était la quarantaine la plus brutale. Et en Italie, les médecins pleurent et disent : « Je dois décider qui vit et qui ne vivra pas ».

C’est une maladie très dangereuse et si nous ne réagissons avec les mesures de prudence prescrites, elle sera encore pire qu’en Italie. Vous pensez vraiment que les 10% de la mortalité n’est qu’une plaisanterie ?
Croyez-moi, il ne s’agit pas seulement d’une d’infection respiratoire virale : selon les statistiques, un patient atteint d’infection respiratoire virale ou de grippe contamine moins de personnes autour de lui qu’un patient atteint de coronavirus. Quelqu’un a peut-être manqué ces informations en provenance de Corée du Sud sur la « patiente 31 ». Celle-ci, atteinte du coronavirus, était une paroissienne du culte Shincheonji de « l’Église de Jésus », et ignorait sa maladie. Elle s’est rendue dans plusieurs lieux publics en trois jours, infectant des centaines de personnes. Parmi les personnes infectées, 544 sont tombées malades et les 9 000 autres ont été mises en quarantaine.

Une seule personne a contaminé plusieurs centaines de personnes. Le fait est que certaines personnes propagent des virus de manière plus intense. Les scientifiques ne savent pas pourquoi cela se produit – ils étudient toujours cette question, ainsi que le virus lui-même – il se comporte différemment partout, apparemment, il change et mute rapidement.
Je suis virologue et lorsque je travaillais en tant que spécialiste, je devais enquêter sur les nouveaux foyers de maladies et sélectionner les mesures épidémiologiques à prendre – c’est ce que fait maintenant l’État. Je n’ai donc maintenant pas de raison de ne pas faire confiance à l’État.
Je le répète avec les spécialistes : tant que nous n’avons pas de vaccin, seule une quarantaine peut arrêter la transmission du virus. Ce virus parasite principalement l’homme – et vit tant qu’il est transmis. Certaines personnes ne se rendent pas compte qu’elles peuvent être porteuses, ou qu’elles peuvent être malades sans symptômes (ce sont deux choses différentes). Elles contribueront toutes à la transmission du virus. Cette transmission peut être arrêtée de trois façons : soit la personne s’est rétablie, soit elle est morte, soit elle est confinée et en quarantaine. Par la quarantaine, le cheminement du virus est arrêté. Il ne faut pas être un expert pour le comprendre : on ne peut passer entre les gouttes. C’est d’ailleurs aussi une question de responsabilité envers nos proches, que nous pouvons involontairement mettre en danger.

« Avoir peur d’être infecté dans une église où tout est sacré, c’est avoir peu de foi ! »

En substance, une telle question pourrait être posée par les Pharisiens de l’Évangile qui exigeaient des signes ou des miracles de Jésus-Christ. Et le Sauveur a fait des miracles, mais pas pour ceux qui en exigeaient, mais en raison de la foi de ceux qui Lui demandaient miséricorde. Ces derniers n’étaient pas nombreux à cette époque, et pour cette raison il y a eu peu de miracles. Dans tout miracle accompli par Dieu, au moins deux personnes y participent nécessairement : le Créateur lui-même et celui (ou ceux) pour qui le miracle est accompli. Dans le miracle accompli, il y a nécessairement deux facteurs : l’amour tout-puissant de Dieu et la foi de l’homme aussi minime soit-elle, mais sincère et humble, basée sur l’amour. L’amour de Dieu restera avec nous jusqu’à la fin des siècles.

En fait, nous tous, toute l’humanité, malgré nos péchés, sommes encore littéralement immergés dans l’océan de l’amour divin. Mais si l’amour de l’homme ne va pas à la rencontre de celui-ci, il n’y a pas alors de foi, ce qui signifie que notre prière est vaine, et que la grâce de Dieu ne touchera pas notre vie.

Le Christ a toujours rappelé à ses disciples l’importance de la foi. Prenons le passage de l’Évangile où le père demande au Seigneur de guérir son fils de la maladie épileptique. « Tout est possible à celui qui croit », a répondu le Christ au père de l’enfant, qui a dit : « Je crois, Seigneur, viens au secours de mon incrédulité ! ». Et cette humble « petite foi » suffisait pour que le Seigneur lui fasse grâce. Et souvenons-nous d’un autre passage de l’Évangile, où l’apôtre Pierre lui-même a promis de ne pas quitter son Maître, même face à la mort. Peut-on douter de la foi du futur apôtre, sur laquelle le Christ a fondé son Église comme sur une pierre ? Bien sûr que non ! Mais il semble que la grande foi de Pierre à ce moment-là ait été touchée par une certaine vanité, un certain orgueil, tentant le Seigneur. Et la grâce de Dieu se retira, puis la peur entra dans le cœur de l’apôtre. Et ce n’est qu’après ses larmes amères que la grâce est revenue.

Nous souvenons-nous de l’apôtre Paul, qui a demandé à son Seigneur de le guérir de sa maladie ? Paul a compris correctement la volonté de Dieu, et s’est humilié lorsqu’il n’a pas été guéri. Plus tard, il écrivit à ses disciples avec soin et anxiété, leur demandant de prendre soin de leur santé. Nous pouvons trouver les mêmes paroles chez saint Jean Chrysostome, qui lui-même souffrait beaucoup de maladies et avait recours à l’aide de médecins, et conseillait aux autres de prendre soin de leur santé.

À qui ressemblerons-nous si nous ne prêtons pas attention à la menace réelle d’infection, en particulier pour les paroissiens âgés ? Qui d’entre nous dira qu’il a plus de foi que nos grands saints ? Parler de sa foi et être sûr que le Seigneur nous protègera de la maladie, c’est montrer est une grande insolence et tenter le Seigneur. « Ne tente pas le Seigneur ton Dieu » – ces mots restent au centre de notre situation actuelle.

Les détracteurs des mesures de sécurité ne comprennent probablement pas la gravité de la situation actuelle. Au moment où nous vous parlons, un groupe de travail spécial sur les coronavirus est à l’œuvre dans l’Église. Tout d’abord, bien sûr, il y a la question de l’assistance globale aux personnes : il y a aussi la livraison de nourriture, de médicaments, la collecte de dons, et là où la qualification le permet – l’assistance à l’hôpital. Mais en même temps ce groupe de travail a reçu l’information selon laquelle la maladie a été confirmée chez certains prêtres, plusieurs ont des symptômes, et certains, malheureusement, sont dans un état grave. Et nous prions pour eux.

Leur maladie n’est pas un signe de manque de foi. Dans certains cas, il s’agit d’un manque de prudence de leur part, mais en général, c’est l’une des raisons pour lesquelles le sacerdoce est précisément appelé « service ». Et c’est le chemin pour suivre le Christ, et le Grand Carême nous rappelle Ses souffrances et Sa mort sur la croix. L’Église, les objets saints, les sacrements – tout cela sauve, mais beaucoup de gens, malheureusement, ne veulent toujours pas entendre qu’il ne s’agit pas du salut pour la prospérité dans ce monde. Le salut ne consiste pas à se débarrasser de la maladie et de la mort, le salut consiste à s’unir à Dieu et à Le suivre déjà dans cette vie, une tentative d’entrer dans la vie éternelle, le Royaume de notre Père, pour éviter la perte spirituelle. C’est à cela que servent les Mystères et les Sacrements.

Il faut avoir le courage de reconnaître que la foi en elle-même ne garantit personne contre les maladies. Bien plus, le Christ nous invite à porter notre croix selon nos forces, pour notre vie éternelle.

Traiter l’Église comme une chambre barométrique dotée d’un microclimat particulier et de désinfecté est une tentation lourde, cette foi peut être très chancelante. La maladie touche jeunes et vieux, médecins et scientifiques, orthodoxes et catholiques, musulmans et athées. Une personne peut venir à l’église sans savoir qu’elle est déjà malade. Les églises sont souvent visitées par des personnes peu pratiquantes et qui se contentent de poser des cierges et partir. Ils ne savent pas ce qu’est la communion spirituelle, ce que sont la prière et les sacrements de l’Église. Toute personne qui vient dans l’église peut être porteuse potentielle du virus.

Cette pandémie devrait nous faire réfléchir et nous rappeler à quel point nous nous sommes éloignés de Dieu. Pendant le Grande Carême, nous nous sommes retrouvés dans une situation où toutes les installations de divertissement sont fermées, où nous sommes épargnés par l’agitation et les distractions quotidiennes. Pour beaucoup, cette situation est forcée et inhabituelle, mais chacun peut la retourner pour son propre bien. Je vois ici la Providence de Dieu pour ceux qui doivent rester en mode d’auto-isolement. Nous n’avons pas besoin de chercher comment nous divertir à la maison – nous devons l’accepter et prier avec humilité. Mais nous ne devons pas laisser la peur nous envahir. Tout ce que nous faisons, nous le faisons pour le Christ, pour nos proches. Lorsque nous suivons le Christ, nous demandons sa miséricorde et nous croyons que le Seigneur est partout et tout près de nous. Ce n’est pas sans raison qu’il est dit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18:19-20). 
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